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	<title>Comments on: Quelques considérations subjectives sur l&#8217;organisation de la recherche</title>
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		<title>By: nico</title>
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		<dc:creator>nico</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Apr 2007 02:31:00 +0000</pubDate>
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		<description>Juste pour poster mon expérience, qui conforte malheureusement ce que david décrit..&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;Je suis en train de terminer ma thèse en informatique, au royaume uni, après un parcours assez libre... iut, école d&#039;ingé, boulot, puis dea et thèse. Pour diverses raisons je suis là en train de chercher un job dans l&#039;industrie pour l&#039;après thèse. &lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;En mettant mon cv en ligne plusieurs ssii françaises m&#039;ont contactées (bien qu&#039;à la base je cherche ici, mais bon!)... la plupart se foutent complètement de ce que j&#039;ai pu faire en thèse (elles regardent uniquement mon diplôme d&#039;ingénieur), et... proposent des salaires inférieurs à ce que je gagnait avant de commencer ma thèse! &lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;Donc oui, ce n&#039;est pas juste une vague impression: les boites en france considèrent un doctorat comme un &quot;moins&quot; :-) et très, très rarement comme 3 ans d&#039;expérience.  &lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;Alors certes, si on fait une thèse, ce n&#039;est pas pour l&#039;argent, c&#039;est d&#039;abord parce qu&#039;on aime la recherche... mais quand même... si on ajoute à ça que les conditions de recherche sont infiniment plus confortables ici qu&#039;en France (en terme de moyens, etc), c&#039;est pas très encourageant pour l&#039;avenir :-/&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;Et puis les docteurs sont plutôt assez recherchés dans l&#039;industrie par ici, et pas cantonés à la fac...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Juste pour poster mon expérience, qui conforte malheureusement ce que david décrit..</p>
<p>Je suis en train de terminer ma thèse en informatique, au royaume uni, après un parcours assez libre&#8230; iut, école d&#8217;ingé, boulot, puis dea et thèse. Pour diverses raisons je suis là en train de chercher un job dans l&#8217;industrie pour l&#8217;après thèse. </p>
<p>En mettant mon cv en ligne plusieurs ssii françaises m&#8217;ont contactées (bien qu&#8217;à la base je cherche ici, mais bon!)&#8230; la plupart se foutent complètement de ce que j&#8217;ai pu faire en thèse (elles regardent uniquement mon diplôme d&#8217;ingénieur), et&#8230; proposent des salaires inférieurs à ce que je gagnait avant de commencer ma thèse! </p>
<p>Donc oui, ce n&#8217;est pas juste une vague impression: les boites en france considèrent un doctorat comme un &#8220;moins&#8221; <img src='http://tomroud.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':-)' class='wp-smiley' />  et très, très rarement comme 3 ans d&#8217;expérience.  </p>
<p>Alors certes, si on fait une thèse, ce n&#8217;est pas pour l&#8217;argent, c&#8217;est d&#8217;abord parce qu&#8217;on aime la recherche&#8230; mais quand même&#8230; si on ajoute à ça que les conditions de recherche sont infiniment plus confortables ici qu&#8217;en France (en terme de moyens, etc), c&#8217;est pas très encourageant pour l&#8217;avenir :-/</p>
<p>Et puis les docteurs sont plutôt assez recherchés dans l&#8217;industrie par ici, et pas cantonés à la fac&#8230;</p>
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		<title>By: david</title>
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		<dc:creator>david</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Feb 2007 05:26:00 +0000</pubDate>
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		<description>J&#039;ai decouvert le blog avec le dernier billet sur la marge d&#039;erreur. Je trouve le billet tres interessant moi aussi, et je me permets moi aussi de donner mon experience, car je crois qu&#039;elle est un peu differente de celles deja donnees.&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;Deja, je suis issue du cote sombre: prepa, puis &quot;grande ecole&quot;, relativement bien cotee. Je commence deja par confirmer a mon echelle ce que plusieurs ont deja dit: on ne fait rien en ecole d&#039;ingenieur, ou plus exactement, il est tout a fait possible de valider son diplome en n&#039;ayant plus ou moins rien fait de substanciel. Les instances de l&#039;ecole ne le disent pas comme ca, mais la valeur d&#039;un diplome, c&#039;est la valeur du concours, cad le rang du dernier admis. Il y a 4 grands concours d&#039;ecoles d&#039;ingenieur (les ENS ne sont pas des ecoles d&#039;ingenieur, je ne les compte donc pas): X, Centrale, Mines et ENSI. Les ecoles font extremement attention au rang du dernier admis: si par exemple les Ponts, au lieu de selectionner jusqu&#039;au 250e en section Physique, vont jusqu&#039;a 350, c&#039;est mauvais.&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;Les intervenants exterieurs (comprendre des gens issus de l&#039;entreprise) nous disent les choses beaucoup plus directement: on s&#039;en fout de ce que vous etudiez, ce qui compte, c&#039;est de quelle ecole vous venez. Rejeter entierement la faute sur les ecoles serait un peu injuste, cependant. Mais bon, j&#039;arrete la sur ce point, sinon ca va faire trop HS.&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;Bref, mon ecole, a la sortie, c&#039;est 30 % de conseil, 10 % en banque, etc... que des metiers qui n&#039;ont rien d&#039;ingenieur; j&#039;ai commence alors a partir de ma 2e annee a m&#039;orienter dans les filiers les plus techniques, puis j&#039;ai fait un DEA en meme temps que ma 3e annee, et je fais maintenant une these depuis un peu plus d&#039;un an au Japon (je n&#039;ai pas trouve de bourse en France). D&#039;un point de vue carriere, c&#039;est quasiment du suicide: chaque annee que je passe apres mon diplome est une annee qui sera impossible dans le contexte actuel a valoriser en France, et mon diplome de grande ecole de plus en plus diminue en valeur. Un exemple typique, c&#039;est mon pere, lui aussi issu d&#039;une ecole d&#039;inge, qui me reprochait de ne pas vouloir sortir de la vie d&#039;etudiant en faisant une these (limite je faisais ma crise d&#039;adolescence, parce que je voulais pas faire du conseil ou  de la banque, qui est la vraie vie comme chacun sait; je caricature a peine).&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;La ou je mettrais un gros bemol quand meme concernant les commentaires sur grandes ecoles, c&#039;est la recherche qui serait inexistante. C&#039;est totalement faux. Typiquement, j&#039;ai obtenu ma bourse au Japon, et j&#039;ai ete pris entre autre parce que mon ecole a un labo tres repute dans le domaine (du moins, c&#039;est que mon prof m&#039;a dit). Il y a de la recherche en ecole, il y a de tres bons labos, de tres bons profs aussi. Le probleme, c&#039;est surtout que la plupart des eleves ne seront jamais entre en contact avec.&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;Tout ca pour dire que personellement, meme si je considere le systeme des grandes ecoles comme une des raisons pour lesquelles la recherche francaise est de plus en plus malmenee, je pense que c&#039;est plus le revelateur qu&#039;autre chose. C&#039;est plutot l&#039;esprit prevalant en France vis a vis de la recherche qui rend la recherche totalement ininteressante pour quelque&#039;un sortant de grande ecole, plus que les grandes ecoles en soi. &lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;Typiquement, quand je vois ma bourse actuelle de 1400 euros en bossant 60 a 70 heures par semaine, et des copains de promo qui gagnent pas loin du double en bossant rarement plus de 50, il y a de quoi se demander si je suis pas un peu maso :) Et encore, 1400 euros, c&#039;est plutot pas mal compare a la France si on est thesard sur Paris.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai decouvert le blog avec le dernier billet sur la marge d&#8217;erreur. Je trouve le billet tres interessant moi aussi, et je me permets moi aussi de donner mon experience, car je crois qu&#8217;elle est un peu differente de celles deja donnees.</p>
<p>Deja, je suis issue du cote sombre: prepa, puis &#8220;grande ecole&#8221;, relativement bien cotee. Je commence deja par confirmer a mon echelle ce que plusieurs ont deja dit: on ne fait rien en ecole d&#8217;ingenieur, ou plus exactement, il est tout a fait possible de valider son diplome en n&#8217;ayant plus ou moins rien fait de substanciel. Les instances de l&#8217;ecole ne le disent pas comme ca, mais la valeur d&#8217;un diplome, c&#8217;est la valeur du concours, cad le rang du dernier admis. Il y a 4 grands concours d&#8217;ecoles d&#8217;ingenieur (les ENS ne sont pas des ecoles d&#8217;ingenieur, je ne les compte donc pas): X, Centrale, Mines et ENSI. Les ecoles font extremement attention au rang du dernier admis: si par exemple les Ponts, au lieu de selectionner jusqu&#8217;au 250e en section Physique, vont jusqu&#8217;a 350, c&#8217;est mauvais.</p>
<p>Les intervenants exterieurs (comprendre des gens issus de l&#8217;entreprise) nous disent les choses beaucoup plus directement: on s&#8217;en fout de ce que vous etudiez, ce qui compte, c&#8217;est de quelle ecole vous venez. Rejeter entierement la faute sur les ecoles serait un peu injuste, cependant. Mais bon, j&#8217;arrete la sur ce point, sinon ca va faire trop HS.</p>
<p>Bref, mon ecole, a la sortie, c&#8217;est 30 % de conseil, 10 % en banque, etc&#8230; que des metiers qui n&#8217;ont rien d&#8217;ingenieur; j&#8217;ai commence alors a partir de ma 2e annee a m&#8217;orienter dans les filiers les plus techniques, puis j&#8217;ai fait un DEA en meme temps que ma 3e annee, et je fais maintenant une these depuis un peu plus d&#8217;un an au Japon (je n&#8217;ai pas trouve de bourse en France). D&#8217;un point de vue carriere, c&#8217;est quasiment du suicide: chaque annee que je passe apres mon diplome est une annee qui sera impossible dans le contexte actuel a valoriser en France, et mon diplome de grande ecole de plus en plus diminue en valeur. Un exemple typique, c&#8217;est mon pere, lui aussi issu d&#8217;une ecole d&#8217;inge, qui me reprochait de ne pas vouloir sortir de la vie d&#8217;etudiant en faisant une these (limite je faisais ma crise d&#8217;adolescence, parce que je voulais pas faire du conseil ou  de la banque, qui est la vraie vie comme chacun sait; je caricature a peine).</p>
<p>La ou je mettrais un gros bemol quand meme concernant les commentaires sur grandes ecoles, c&#8217;est la recherche qui serait inexistante. C&#8217;est totalement faux. Typiquement, j&#8217;ai obtenu ma bourse au Japon, et j&#8217;ai ete pris entre autre parce que mon ecole a un labo tres repute dans le domaine (du moins, c&#8217;est que mon prof m&#8217;a dit). Il y a de la recherche en ecole, il y a de tres bons labos, de tres bons profs aussi. Le probleme, c&#8217;est surtout que la plupart des eleves ne seront jamais entre en contact avec.</p>
<p>Tout ca pour dire que personellement, meme si je considere le systeme des grandes ecoles comme une des raisons pour lesquelles la recherche francaise est de plus en plus malmenee, je pense que c&#8217;est plus le revelateur qu&#8217;autre chose. C&#8217;est plutot l&#8217;esprit prevalant en France vis a vis de la recherche qui rend la recherche totalement ininteressante pour quelque&#8217;un sortant de grande ecole, plus que les grandes ecoles en soi. </p>
<p>Typiquement, quand je vois ma bourse actuelle de 1400 euros en bossant 60 a 70 heures par semaine, et des copains de promo qui gagnent pas loin du double en bossant rarement plus de 50, il y a de quoi se demander si je suis pas un peu maso <img src='http://tomroud.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  Et encore, 1400 euros, c&#8217;est plutot pas mal compare a la France si on est thesard sur Paris.</p>
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		<title>By: Tom Roud</title>
		<link>http://tomroud.com/2006/12/02/quelques-considerations-subjectives-sur-lorganisation-de-la-recherche/comment-page-1/#comment-237</link>
		<dc:creator>Tom Roud</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jan 2007 11:07:00 +0000</pubDate>
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		<description>Merci pour ce commentaire, en particulier sur la vie familiale. Je n&#039;avais pas abordé ce point pour des raisons personnelles un peu douloureuses, je suis content que quelqu&#039;un le fasse. Comme j&#039;imagine beaucoup de gens aujourd&#039;hui malheureusement, on peut toujours rêver pour concilier vie familiale et vie professionnelle, surtout quand on est un couple de chercheurs. Rien ne m&#039;énerve plus que ce côté &quot;science comme sacerdoce&quot;, qui fait que famille, conditions de vie... passent complètement à la trappe. Mais bon, c&#039;est le lot je crois d&#039;une tendance exacerbée à l&#039;élitisme. Pourtant, un truc que personne ne sait est qu&#039;aux US, les gens essaient vraiment de recruter &quot;en couple&quot;(dans la mesure du possible). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apparemment, tu es plus &quot;avancé&quot; dans ta vie de chercheur et dans ta vie tout court que moi qui n&#039;ai pas tout à fait perdu l&#039;espoir d&#039;arriver à faire quelque chose de décent en famille en France (il faut dire aussi que je n&#039;ai pas besoin de gros moyens de recherche, ce n&#039;est pas un hasard si nous sommes très forts dans les domaines qui ne nécessitent que papiers et crayons). Mais c&#039;est clair que si je commence à m&#039;installer de ce côté de l&#039;Atlantique (si j&#039;avais des enfants par exemple), je doute très fortement de rentrer un jour. Cette année sera probablement pour moi comme l&#039;année charnière à ce titre.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci pour ce commentaire, en particulier sur la vie familiale. Je n&#8217;avais pas abordé ce point pour des raisons personnelles un peu douloureuses, je suis content que quelqu&#8217;un le fasse. Comme j&#8217;imagine beaucoup de gens aujourd&#8217;hui malheureusement, on peut toujours rêver pour concilier vie familiale et vie professionnelle, surtout quand on est un couple de chercheurs. Rien ne m&#8217;énerve plus que ce côté &#8220;science comme sacerdoce&#8221;, qui fait que famille, conditions de vie&#8230; passent complètement à la trappe. Mais bon, c&#8217;est le lot je crois d&#8217;une tendance exacerbée à l&#8217;élitisme. Pourtant, un truc que personne ne sait est qu&#8217;aux US, les gens essaient vraiment de recruter &#8220;en couple&#8221;(dans la mesure du possible). </p>
<p>Apparemment, tu es plus &#8220;avancé&#8221; dans ta vie de chercheur et dans ta vie tout court que moi qui n&#8217;ai pas tout à fait perdu l&#8217;espoir d&#8217;arriver à faire quelque chose de décent en famille en France (il faut dire aussi que je n&#8217;ai pas besoin de gros moyens de recherche, ce n&#8217;est pas un hasard si nous sommes très forts dans les domaines qui ne nécessitent que papiers et crayons). Mais c&#8217;est clair que si je commence à m&#8217;installer de ce côté de l&#8217;Atlantique (si j&#8217;avais des enfants par exemple), je doute très fortement de rentrer un jour. Cette année sera probablement pour moi comme l&#8217;année charnière à ce titre.</p>
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	<item>
		<title>By: blop</title>
		<link>http://tomroud.com/2006/12/02/quelques-considerations-subjectives-sur-lorganisation-de-la-recherche/comment-page-1/#comment-238</link>
		<dc:creator>blop</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jan 2007 10:06:00 +0000</pubDate>
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		<description>J&#039;arrive en retard dans la discussion, tant pis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Excellent resume de Tom, quelques remarques en passant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- oui, le salaire est important. On nous demande de plus en plus de mobilite. Soit. J&#039;ai une compagne et deux enfants. J&#039;en fais quoi ? A l&#039;etranger mon salaire de post-doc nous permet de vivre a 4 (c&#039;est pas le luxe, mais c&#039;est decent : salaire net d&#039;impot 2350 euros, loyer pour ~95 m2 : 600 euros). Un poste de MdC s&#039;est ouvert recemment a l&#039;ENS, pile-poil mon profil. Salaire ? &quot;Entre 2000 et 2400 euros&quot; net. Vous voulez vraiment savoir ce qu&#039;on peut louer sur Paris avec ce salaire ? Alors, bien sur, on ne choisi pas la science par appat du gain, mais c&#039;est un raisonnement qu&#039;on tient souvent quand on est encore sans &quot;charges&quot; (quel mot !) familiale... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- non, meme si je trouve un poste en France, je n&#039;y vais pas. Ce n&#039;est pas seulement un probleme de salaire mais un probleme de moyens, humains et materiels, qui seront mis a ma disposition pour faire mon boulot. J&#039;ai fait 1 an de post-doc en France (heureusement avec un salaire suisse), ca m&#039;a suffit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- oui, je crois que le pb francais est du en partie au systeme de grandes ecoles. Non seulement un ingenieur est mieux place sur le marche du travail francais qu&#039;un docteur (c&#039;est assez unique dans le monde) mais en plus tres peu de PDG ont une culture de la recherche et la recherche privee francaise est tres tres faible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- l&#039;&quot;egalitarisme&quot; du systeme francais conduit a un systeme de recrutement aberrant, mais la je fais un commentaire sur ta note de debut janvier...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;arrive en retard dans la discussion, tant pis.</p>
<p>Excellent resume de Tom, quelques remarques en passant.</p>
<p>- oui, le salaire est important. On nous demande de plus en plus de mobilite. Soit. J&#8217;ai une compagne et deux enfants. J&#8217;en fais quoi ? A l&#8217;etranger mon salaire de post-doc nous permet de vivre a 4 (c&#8217;est pas le luxe, mais c&#8217;est decent : salaire net d&#8217;impot 2350 euros, loyer pour ~95 m2 : 600 euros). Un poste de MdC s&#8217;est ouvert recemment a l&#8217;ENS, pile-poil mon profil. Salaire ? &#8220;Entre 2000 et 2400 euros&#8221; net. Vous voulez vraiment savoir ce qu&#8217;on peut louer sur Paris avec ce salaire ? Alors, bien sur, on ne choisi pas la science par appat du gain, mais c&#8217;est un raisonnement qu&#8217;on tient souvent quand on est encore sans &#8220;charges&#8221; (quel mot !) familiale&#8230; </p>
<p>- non, meme si je trouve un poste en France, je n&#8217;y vais pas. Ce n&#8217;est pas seulement un probleme de salaire mais un probleme de moyens, humains et materiels, qui seront mis a ma disposition pour faire mon boulot. J&#8217;ai fait 1 an de post-doc en France (heureusement avec un salaire suisse), ca m&#8217;a suffit.</p>
<p>- oui, je crois que le pb francais est du en partie au systeme de grandes ecoles. Non seulement un ingenieur est mieux place sur le marche du travail francais qu&#8217;un docteur (c&#8217;est assez unique dans le monde) mais en plus tres peu de PDG ont une culture de la recherche et la recherche privee francaise est tres tres faible.</p>
<p>- l&#8217;&#8221;egalitarisme&#8221; du systeme francais conduit a un systeme de recrutement aberrant, mais la je fais un commentaire sur ta note de debut janvier&#8230;</p>
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	</item>
	<item>
		<title>By: Matthieu</title>
		<link>http://tomroud.com/2006/12/02/quelques-considerations-subjectives-sur-lorganisation-de-la-recherche/comment-page-1/#comment-239</link>
		<dc:creator>Matthieu</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Dec 2006 18:14:00 +0000</pubDate>
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		<description>hmm, latour, celui qui se fait parodier par Sokal ?</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>hmm, latour, celui qui se fait parodier par Sokal ?</p>
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	</item>
	<item>
		<title>By: Tom Roud</title>
		<link>http://tomroud.com/2006/12/02/quelques-considerations-subjectives-sur-lorganisation-de-la-recherche/comment-page-1/#comment-240</link>
		<dc:creator>Tom Roud</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Dec 2006 20:30:00 +0000</pubDate>
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		<description>Merci pour le commentaire. Je ne connais pas ce livre, mais cela fait plusieurs fois qu&#039;on m&#039;en parle, il va falloir que je me le procure !</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci pour le commentaire. Je ne connais pas ce livre, mais cela fait plusieurs fois qu&#8217;on m&#8217;en parle, il va falloir que je me le procure !</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>By: Denys</title>
		<link>http://tomroud.com/2006/12/02/quelques-considerations-subjectives-sur-lorganisation-de-la-recherche/comment-page-1/#comment-241</link>
		<dc:creator>Denys</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Dec 2006 17:24:00 +0000</pubDate>
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		<description>Excessivement intéressant tout ça, billet comme commentaires. Il existe une assez importante littérature sociologique consacrée à la recherche scientifique, notamment l&#039;aussi utile que contestable La vie de laboratoire de Bruno Latour. Vous connaissez ?</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Excessivement intéressant tout ça, billet comme commentaires. Il existe une assez importante littérature sociologique consacrée à la recherche scientifique, notamment l&#8217;aussi utile que contestable La vie de laboratoire de Bruno Latour. Vous connaissez ?</p>
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	</item>
	<item>
		<title>By: Mawashi Geri 1er du nom</title>
		<link>http://tomroud.com/2006/12/02/quelques-considerations-subjectives-sur-lorganisation-de-la-recherche/comment-page-1/#comment-242</link>
		<dc:creator>Mawashi Geri 1er du nom</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2006 14:25:00 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://tomroud.com/?p=149#comment-242</guid>
		<description>Allez, moi aussi je vais aller de mon petit laïus...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le petit Tom Roud, j&#039;écris en fonction de mon expérience de physicien post-doc, avec plein d&#039;ingénieurs dans son entourage. C&#039;est long, parfois très personnel. Qui seront le courageux à lire tout cela ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le système français est par trop cloisonné dans son mode de recrutement, malheureusement très endogame (pour ceux qui ne font pas partie de la joyeuse coterie des anciens de telle grande école). Dans tel secteur, ce sont les anciens de telle école E&#039; qui peuplent la boîte, dans tel autre, ce sont ceux de l&#039;école E&quot;. Ne pas faire partie de l&#039;école E&#039; n&#039;empêchera pas celui venant de E&quot; d&#039;être recruté, mais faire partie de E&#039; facilitera grandement les choses. Je ne parle même pas de certains lieux où finit par être bloqué l&#039;avancement de tel élément pour cause de (trop) petite grande école, même si la compétence est là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&#039;est absurde, vu comme les jeunes ingénieurs ne savent finalement pas grand-chose à la sortie de leur école, surtout quand il s&#039;agit d&#039;une école généraliste. Franchement, un ingénieur de Centrale ou un ingénieur des Ponts vu ce qu&#039;ils auront fichu durant leur scolarité, ça ne fait pas tellement de différence à la sortie. Les gens des RH ne font que recruter du potentiel, une capacité de travail et d&#039;adaptation, une certaine efficacité, certainement pas des connaissances en l&#039;état. On les recrute sur des critères scolaires, sur de prétendus hauts faits d&#039;arme qui date de leurs vingts ans et sur lesquels bon nombre d&#039;anciens se reposent (je parle du début de carrière).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les gens de l&#039;industrie recrutent majoritairement les éléments issus des écoles d&#039;ingénieurs et font peu de cas des docteurs, même issus de ces mêmes écoles d&#039;ingénieurs, au point de les recruter parfois au même niveau salarial qu&#039;un élève fraichement sorti de ladite école, aussi paradoxal que cela puisse être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un docteur selon moi sait la notion de travail à long terme, sait s&#039;adapter à des problèmes nouveaux, a appris a réfléchir par lui-même. Apparemment, les DRH s&#039;en fichent. Ou ne le savent pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La note de Tom Roud concernant la recherche, revenons à nos moutons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la recherche, au moins, on est supposé être jugé sur pièces par nos chères commissions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En France, les passerelles entre l&#039;université et le secteur privé sont presque inexistantes, ou alors elles sont très bien cachées. Bien entendu, on pourra toujours m&#039;opposer un tas de contrexemples ; reste qu&#039;en première approximation, il y a une vraie dichotomie entre université et grandes écoles. Si l&#039;on décide de faire une thèse bien académique --- financement de base, pas thèse du type CIFRE qui présuppose un partenariat avec une entreprise et qui, soit dit en passant, est plutôt une façon d&#039;employer des équivalents-ingénieurs à très faible coût pour l&#039;entreprise et ce, au frais de l&#039;État --- c&#039;est que dans la tête du thésard et dans celle de l&#039;industriel, il s&#039;agit de rester dans le giron de la recherche. Le mouvement Sauvons La Recherche milite pour une reconnaissance du statut de docteur comme expérience professionnelle et non comme une lubie. C&#039;est loin d&#039;être gagné. Je ne crois pas que le message soit passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il me semble qu&#039;il n&#039;y ait qu&#039;en France que la situation soit celle-là. Avoir un PhD aux Etats-Unis, ça pose son bonhomme. En Allemagne, quelqu&#039;un qui n&#039;aura pas fait de thèse ne sera jamais qu&#039;un technicien ; pour revendiquer le « noble » titre d&#039;ingénieur, il faut en passer par la thèse. Et l&#039;on devient alors Herr (Frau{äulein}) Doktor(in). Je me demande bien comment peuvent être perçus nos jeunes ingénieurs français lorsqu&#039;ils vont discuter avec leurs homologues allemands docteurs de trois ans leurs aînés. Pas très crédibles dans l&#039;absolu, si l&#039;on y songe une demi-seconde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment voulez-vous que la recherche fonctionne, qu&#039;elle trouve un afflux suffisant de matière grise fraiche et productive dans ces conditions, sachant que ce sont les thésards et les post-docs qui font tourner la recherche, s&#039;il n&#039;y aucune perspective de carrière autre que cette porte étroite qu&#039;est ce saint Graal de poste permanent ? Même à Orsay dans de très bons labos de physique/mécanique, les chercheurs se plaignent de ne plus trouver de candidats pour telle proposition de thèse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le souligne Tom Roud, plus ça va, plus les commissions exigent de faire un post-doc, autant de temps qui sera decompté comme temps perdu aux yeux de l&#039;industriel français. Après deux ans de post-doc, une personne sans incident de parcours souhaitant se reconvertir dans le secteur privé aura 28 ans... 5 années d&#039;expérience professionnelle dans les faits ; 5 années de retard face aux jeunes ingénieurs entrant sur le marché du travail. Il faut être sûr de soi, aimer les paris, pour se lancer dans un tel parcours de façon sereine. Et en recherche, je doute de l&#039;efficacité de la pression due au spectre de la précarité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On parlait de fuite des cerveaux, d&#039;attractivité de la recherche. À tout prendre, si un élève de taupe avait à choisir l&#039;X ou l&#039;Ens Lyon ou Cachan (situation régulièrement recontrée), je lui répondrais qu&#039;hormis le fait d&#039;être dans l&#039;optique de faire prof de prépa, la personne aura tout intérêt à partir jouer au gendarme. Car en cas de déconvenues de parcours, il lui restera toujours son titre d&#039;X et son réseau d&#039;anciens. Pour l&#039;Ens Ulm, ça se discute, l&#039;environnement scientifique y est unique. À ce propos, on peut faire un reproche aux profs de prépa, aux Ens : il y a un déni (ou une ignorance) quant à l&#039;absence de perspective de carrière. Je vais faire hurler les gauchos de la rue d&#039;Ulm, de Lyon, mais il serait bon aussi que les Ens fassent preuve de réalisme et arrêtent de bercer d&#039;illusions leurs élèves quant à ce fameux soliton de départs à la retraite (réel) qui entraînera mécaniquement un renouvellement de l&#039;effectif (ça c&#039;est un serpent de mer). Par les temps qui courent de réduction du nombre de fonctionnaires (ah bah oui ma bonne dame, de la mauvaise graisse, c&#039;est bien connu...), il faut arrêter de rêver. De ce point de vue, il serait bon qu&#039;on nous apprenne ce que c&#039;est que de rédiger un CV, passer des entretiens d&#039;embauche, demander aux anciens passés à l&#039;« ennemi », le grand Khâpital, de venir parler de leur expérience... parce que ça ne s&#039;invente pas. Je ne parle même pas du peu de préoccupations des directions sur le devenir de leurs élèves, toutes tournées qu&#039;elles sont vers la recherche (ah tiens donc, on y revient... mais pourtant, une École aussi normale soit-elle, sans élèves, ne va pas aller bien loin à moyen terme). Je doute qu&#039;à l&#039;université, on soit sensibilisé à ces problèmes non plus. Là encore, face aux ingénieurs, les gens issus du secteur académique sont desservis. Et si l&#039;on me rétorque qu&#039;il n&#039;est pas dans la vocation des Ens d&#039;envoyer ses élèves dans le privé, je rappelle qu&#039;on est alors censé pantoufler le cas échéant et qu&#039;il demeure une certaine hypocrisie à ce que l&#039;État fasse signer un engagement décennal à ses recrues âgées de vingt ans, sachant que lui, se défausse totalement quant à l&#039;avenir de celles-ci. Dans le même genre d&#039;idées, il y a certaines années avec des agrégations dotées de moins de place que de Normaliens, ça la fout mal pour ceux qui avaient choisi d&#039;être profs de prépa. Je parle des Normaliens, mais que penser de la responsabilité de l&#039;État vis-à-vis des candidats au concours, qui proposait zéro poste à certaines agrégations l&#039;année passée ? sachant que les rentrées en prépa agrég dataient déjà de quelques mois alors (on sait le nombre de postes vers décembre, si mes souvenirs sont bons).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et toujours sur la question de l&#039;attractivité, deux types de postes grosso-modo s&#039;offrent au jeune docteur, ainsi que le rappelle Roud. La voie royale, car elle laisse beaucoup de liberté, permet beaucoup de souplesse dans la carrière (avec un temps mangé progressivement par les histoires de demandes de bourses, encore et toujours), le CNRS et autres EPST. La voie moins royale, maître de conférences, non qu&#039;il soit honteux de l&#039;être, mais parce que les conditions de travail sont sans comparaison : 192 heures de service par an, soit en moyenne 6 heures d&#039;équivalents TD par semaine. Donc 6 heures de preparation minimum en plus, à son labo ou plutôt au calme chez soi (n&#039;est-ce pas, madame Royal ?), soit à la louche, deux jours de bloqués pour l&#039;enseignement, sans parler de la réunionite aiguë de certaines facs, de la surveillance des examens, la préparation des sujets, leur correction...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En grande majorité, on finit maître de conférences. On est uniquement jugé sur sa recherche alors qu&#039;elle avance comme elle peut, souvent péniblement, à cause de la surcharge horaire de son enseignement. Ça fait très envie, n&#039;est-ce pas ?!...  (j&#039;aime enseigner, mais autant... c&#039;est une perspective qui ne m&#039;enchante guère).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis pour finir, je viens de recevoir une annonce pour un post-doc à Edimbourg, sur un sujet intéressant dans ma thématique, payé la bagatelle de 30 000 livres (45 000 euros) par an, pour une durée de deux à quatre ans... Côté français, on nous propose des post-docs généreusement payés allez... 24 000 euros nets (et encore j&#039;ai vu des offres à 20 000 euros nets), d&#039;un an sec, sans renouvellement... C&#039;est attrayant une telle précarité ? Le plus triste, c&#039;est que si j&#039;en trouve un, de ces post-docs français, pour la rentrée prochaine, je vais le prendre pour assurer un retour dans la mère-patrie, et ce, pour de basses questions de politiques de recrutement... alors que d&#039;un point de vue de l&#039;enrichissement personnel et professionnel, il vaudrait mieux trouver quelque chose de moins précaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En France, on marche sur la tête à avoir autant cloisonné les secteurs. Et le plus triste, c&#039;est qu&#039;il y a pire ailleurs (Italie, Portugal) et qu&#039;on y tend, alors que le bon sens voudrait qu&#039;on en prenne le chemin opposé. Tout le monde nous envie le CNRS, nos politiques actuels ne pensent qu&#039;à l&#039;affaiblir, lui faire perdre toute sa substance, à défaut de pouvoir s&#039;en débarasser comme ils le souhaiteraient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin on parle des jeunes chercheurs, mais pour la suite de la carrière, le manque de passerelle public/privé se fait cruellement ressentir. Des chercheurs las de leur état, et il y en a comme partout, n&#039;ont pas non plus la possibilité d&#039;évoluer dans leur carrière. Ouvrons ainsi les corps d&#039;État à d&#039;autres qu&#039;une poignée de happy-fews à peine sortis de leurs bouquins ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ouais bon, le Mawashi, il ferait bien d&#039;arrêter là.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Allez, moi aussi je vais aller de mon petit laïus&#8230;</p>
<p>Comme le petit Tom Roud, j&#8217;écris en fonction de mon expérience de physicien post-doc, avec plein d&#8217;ingénieurs dans son entourage. C&#8217;est long, parfois très personnel. Qui seront le courageux à lire tout cela ?</p>
<p>Le système français est par trop cloisonné dans son mode de recrutement, malheureusement très endogame (pour ceux qui ne font pas partie de la joyeuse coterie des anciens de telle grande école). Dans tel secteur, ce sont les anciens de telle école E&#8217; qui peuplent la boîte, dans tel autre, ce sont ceux de l&#8217;école E&#8221;. Ne pas faire partie de l&#8217;école E&#8217; n&#8217;empêchera pas celui venant de E&#8221; d&#8217;être recruté, mais faire partie de E&#8217; facilitera grandement les choses. Je ne parle même pas de certains lieux où finit par être bloqué l&#8217;avancement de tel élément pour cause de (trop) petite grande école, même si la compétence est là.</p>
<p>C&#8217;est absurde, vu comme les jeunes ingénieurs ne savent finalement pas grand-chose à la sortie de leur école, surtout quand il s&#8217;agit d&#8217;une école généraliste. Franchement, un ingénieur de Centrale ou un ingénieur des Ponts vu ce qu&#8217;ils auront fichu durant leur scolarité, ça ne fait pas tellement de différence à la sortie. Les gens des RH ne font que recruter du potentiel, une capacité de travail et d&#8217;adaptation, une certaine efficacité, certainement pas des connaissances en l&#8217;état. On les recrute sur des critères scolaires, sur de prétendus hauts faits d&#8217;arme qui date de leurs vingts ans et sur lesquels bon nombre d&#8217;anciens se reposent (je parle du début de carrière).</p>
<p>Les gens de l&#8217;industrie recrutent majoritairement les éléments issus des écoles d&#8217;ingénieurs et font peu de cas des docteurs, même issus de ces mêmes écoles d&#8217;ingénieurs, au point de les recruter parfois au même niveau salarial qu&#8217;un élève fraichement sorti de ladite école, aussi paradoxal que cela puisse être.</p>
<p>Un docteur selon moi sait la notion de travail à long terme, sait s&#8217;adapter à des problèmes nouveaux, a appris a réfléchir par lui-même. Apparemment, les DRH s&#8217;en fichent. Ou ne le savent pas.</p>
<p>La note de Tom Roud concernant la recherche, revenons à nos moutons.</p>
<p>Dans la recherche, au moins, on est supposé être jugé sur pièces par nos chères commissions.</p>
<p>En France, les passerelles entre l&#8217;université et le secteur privé sont presque inexistantes, ou alors elles sont très bien cachées. Bien entendu, on pourra toujours m&#8217;opposer un tas de contrexemples ; reste qu&#8217;en première approximation, il y a une vraie dichotomie entre université et grandes écoles. Si l&#8217;on décide de faire une thèse bien académique &#8212; financement de base, pas thèse du type CIFRE qui présuppose un partenariat avec une entreprise et qui, soit dit en passant, est plutôt une façon d&#8217;employer des équivalents-ingénieurs à très faible coût pour l&#8217;entreprise et ce, au frais de l&#8217;État &#8212; c&#8217;est que dans la tête du thésard et dans celle de l&#8217;industriel, il s&#8217;agit de rester dans le giron de la recherche. Le mouvement Sauvons La Recherche milite pour une reconnaissance du statut de docteur comme expérience professionnelle et non comme une lubie. C&#8217;est loin d&#8217;être gagné. Je ne crois pas que le message soit passé.</p>
<p>Et il me semble qu&#8217;il n&#8217;y ait qu&#8217;en France que la situation soit celle-là. Avoir un PhD aux Etats-Unis, ça pose son bonhomme. En Allemagne, quelqu&#8217;un qui n&#8217;aura pas fait de thèse ne sera jamais qu&#8217;un technicien ; pour revendiquer le « noble » titre d&#8217;ingénieur, il faut en passer par la thèse. Et l&#8217;on devient alors Herr (Frau{äulein}) Doktor(in). Je me demande bien comment peuvent être perçus nos jeunes ingénieurs français lorsqu&#8217;ils vont discuter avec leurs homologues allemands docteurs de trois ans leurs aînés. Pas très crédibles dans l&#8217;absolu, si l&#8217;on y songe une demi-seconde.</p>
<p>Comment voulez-vous que la recherche fonctionne, qu&#8217;elle trouve un afflux suffisant de matière grise fraiche et productive dans ces conditions, sachant que ce sont les thésards et les post-docs qui font tourner la recherche, s&#8217;il n&#8217;y aucune perspective de carrière autre que cette porte étroite qu&#8217;est ce saint Graal de poste permanent ? Même à Orsay dans de très bons labos de physique/mécanique, les chercheurs se plaignent de ne plus trouver de candidats pour telle proposition de thèse.</p>
<p>Comme le souligne Tom Roud, plus ça va, plus les commissions exigent de faire un post-doc, autant de temps qui sera decompté comme temps perdu aux yeux de l&#8217;industriel français. Après deux ans de post-doc, une personne sans incident de parcours souhaitant se reconvertir dans le secteur privé aura 28 ans&#8230; 5 années d&#8217;expérience professionnelle dans les faits ; 5 années de retard face aux jeunes ingénieurs entrant sur le marché du travail. Il faut être sûr de soi, aimer les paris, pour se lancer dans un tel parcours de façon sereine. Et en recherche, je doute de l&#8217;efficacité de la pression due au spectre de la précarité.</p>
<p>On parlait de fuite des cerveaux, d&#8217;attractivité de la recherche. À tout prendre, si un élève de taupe avait à choisir l&#8217;X ou l&#8217;Ens Lyon ou Cachan (situation régulièrement recontrée), je lui répondrais qu&#8217;hormis le fait d&#8217;être dans l&#8217;optique de faire prof de prépa, la personne aura tout intérêt à partir jouer au gendarme. Car en cas de déconvenues de parcours, il lui restera toujours son titre d&#8217;X et son réseau d&#8217;anciens. Pour l&#8217;Ens Ulm, ça se discute, l&#8217;environnement scientifique y est unique. À ce propos, on peut faire un reproche aux profs de prépa, aux Ens : il y a un déni (ou une ignorance) quant à l&#8217;absence de perspective de carrière. Je vais faire hurler les gauchos de la rue d&#8217;Ulm, de Lyon, mais il serait bon aussi que les Ens fassent preuve de réalisme et arrêtent de bercer d&#8217;illusions leurs élèves quant à ce fameux soliton de départs à la retraite (réel) qui entraînera mécaniquement un renouvellement de l&#8217;effectif (ça c&#8217;est un serpent de mer). Par les temps qui courent de réduction du nombre de fonctionnaires (ah bah oui ma bonne dame, de la mauvaise graisse, c&#8217;est bien connu&#8230;), il faut arrêter de rêver. De ce point de vue, il serait bon qu&#8217;on nous apprenne ce que c&#8217;est que de rédiger un CV, passer des entretiens d&#8217;embauche, demander aux anciens passés à l&#8217;« ennemi », le grand Khâpital, de venir parler de leur expérience&#8230; parce que ça ne s&#8217;invente pas. Je ne parle même pas du peu de préoccupations des directions sur le devenir de leurs élèves, toutes tournées qu&#8217;elles sont vers la recherche (ah tiens donc, on y revient&#8230; mais pourtant, une École aussi normale soit-elle, sans élèves, ne va pas aller bien loin à moyen terme). Je doute qu&#8217;à l&#8217;université, on soit sensibilisé à ces problèmes non plus. Là encore, face aux ingénieurs, les gens issus du secteur académique sont desservis. Et si l&#8217;on me rétorque qu&#8217;il n&#8217;est pas dans la vocation des Ens d&#8217;envoyer ses élèves dans le privé, je rappelle qu&#8217;on est alors censé pantoufler le cas échéant et qu&#8217;il demeure une certaine hypocrisie à ce que l&#8217;État fasse signer un engagement décennal à ses recrues âgées de vingt ans, sachant que lui, se défausse totalement quant à l&#8217;avenir de celles-ci. Dans le même genre d&#8217;idées, il y a certaines années avec des agrégations dotées de moins de place que de Normaliens, ça la fout mal pour ceux qui avaient choisi d&#8217;être profs de prépa. Je parle des Normaliens, mais que penser de la responsabilité de l&#8217;État vis-à-vis des candidats au concours, qui proposait zéro poste à certaines agrégations l&#8217;année passée ? sachant que les rentrées en prépa agrég dataient déjà de quelques mois alors (on sait le nombre de postes vers décembre, si mes souvenirs sont bons).</p>
<p>Et toujours sur la question de l&#8217;attractivité, deux types de postes grosso-modo s&#8217;offrent au jeune docteur, ainsi que le rappelle Roud. La voie royale, car elle laisse beaucoup de liberté, permet beaucoup de souplesse dans la carrière (avec un temps mangé progressivement par les histoires de demandes de bourses, encore et toujours), le CNRS et autres EPST. La voie moins royale, maître de conférences, non qu&#8217;il soit honteux de l&#8217;être, mais parce que les conditions de travail sont sans comparaison : 192 heures de service par an, soit en moyenne 6 heures d&#8217;équivalents TD par semaine. Donc 6 heures de preparation minimum en plus, à son labo ou plutôt au calme chez soi (n&#8217;est-ce pas, madame Royal ?), soit à la louche, deux jours de bloqués pour l&#8217;enseignement, sans parler de la réunionite aiguë de certaines facs, de la surveillance des examens, la préparation des sujets, leur correction&#8230;</p>
<p>En grande majorité, on finit maître de conférences. On est uniquement jugé sur sa recherche alors qu&#8217;elle avance comme elle peut, souvent péniblement, à cause de la surcharge horaire de son enseignement. Ça fait très envie, n&#8217;est-ce pas ?!&#8230;  (j&#8217;aime enseigner, mais autant&#8230; c&#8217;est une perspective qui ne m&#8217;enchante guère).</p>
<p>Et puis pour finir, je viens de recevoir une annonce pour un post-doc à Edimbourg, sur un sujet intéressant dans ma thématique, payé la bagatelle de 30 000 livres (45 000 euros) par an, pour une durée de deux à quatre ans&#8230; Côté français, on nous propose des post-docs généreusement payés allez&#8230; 24 000 euros nets (et encore j&#8217;ai vu des offres à 20 000 euros nets), d&#8217;un an sec, sans renouvellement&#8230; C&#8217;est attrayant une telle précarité ? Le plus triste, c&#8217;est que si j&#8217;en trouve un, de ces post-docs français, pour la rentrée prochaine, je vais le prendre pour assurer un retour dans la mère-patrie, et ce, pour de basses questions de politiques de recrutement&#8230; alors que d&#8217;un point de vue de l&#8217;enrichissement personnel et professionnel, il vaudrait mieux trouver quelque chose de moins précaire.</p>
<p>En France, on marche sur la tête à avoir autant cloisonné les secteurs. Et le plus triste, c&#8217;est qu&#8217;il y a pire ailleurs (Italie, Portugal) et qu&#8217;on y tend, alors que le bon sens voudrait qu&#8217;on en prenne le chemin opposé. Tout le monde nous envie le CNRS, nos politiques actuels ne pensent qu&#8217;à l&#8217;affaiblir, lui faire perdre toute sa substance, à défaut de pouvoir s&#8217;en débarasser comme ils le souhaiteraient.</p>
<p>Enfin on parle des jeunes chercheurs, mais pour la suite de la carrière, le manque de passerelle public/privé se fait cruellement ressentir. Des chercheurs las de leur état, et il y en a comme partout, n&#8217;ont pas non plus la possibilité d&#8217;évoluer dans leur carrière. Ouvrons ainsi les corps d&#8217;État à d&#8217;autres qu&#8217;une poignée de happy-fews à peine sortis de leurs bouquins ! </p>
<p>Ouais bon, le Mawashi, il ferait bien d&#8217;arrêter là.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>By: Béné</title>
		<link>http://tomroud.com/2006/12/02/quelques-considerations-subjectives-sur-lorganisation-de-la-recherche/comment-page-1/#comment-243</link>
		<dc:creator>Béné</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2006 08:00:00 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://tomroud.com/?p=149#comment-243</guid>
		<description>Pour moi, clairement, il faut améliorer l&#039;accueil des docteurs dans des milieux autres que la recherche. Sans être forcément volontariste au point de conditionner les concours au diplome de docteur, je pense qu&#039;il faut obliger à revaloriser la vision des docteurs par les entreprises. Après tout, notre formation par la recherche nous rend capable de gérer des situations difficiles et tendues de personne et de matériel. On peut se vendre, vendre nos projets et faire de la communication. Ce sont des compétences recherchées dans tous les milieux, non ? (mais je me doute bien que je n&#039;ai pas besoin de convaincre l&#039;auteur et le lectorat de ce blog!)&lt;br /&gt;Et je suis bien d&#039;accord que ça ne passe pas forcément par une réévaluation du salaire (enfin, quand même, les bourses du ministères vont être augmentées et les thésards ont eu un soupir de soulagement !).</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Pour moi, clairement, il faut améliorer l&#8217;accueil des docteurs dans des milieux autres que la recherche. Sans être forcément volontariste au point de conditionner les concours au diplome de docteur, je pense qu&#8217;il faut obliger à revaloriser la vision des docteurs par les entreprises. Après tout, notre formation par la recherche nous rend capable de gérer des situations difficiles et tendues de personne et de matériel. On peut se vendre, vendre nos projets et faire de la communication. Ce sont des compétences recherchées dans tous les milieux, non ? (mais je me doute bien que je n&#8217;ai pas besoin de convaincre l&#8217;auteur et le lectorat de ce blog!)<br />Et je suis bien d&#8217;accord que ça ne passe pas forcément par une réévaluation du salaire (enfin, quand même, les bourses du ministères vont être augmentées et les thésards ont eu un soupir de soulagement !).</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>By: Enro</title>
		<link>http://tomroud.com/2006/12/02/quelques-considerations-subjectives-sur-lorganisation-de-la-recherche/comment-page-1/#comment-244</link>
		<dc:creator>Enro</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Dec 2006 17:50:00 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://tomroud.com/?p=149#comment-244</guid>
		<description>Intéressantes réflexions. Donc je suis d&#039;accord, augmenter les bourses de thèse ne changera pas beaucoup, éventuellement redorera l&#039;image des thésards mais ce n&#039;est qu&#039;un premier pas du recentrage de l&#039;économie et de la société française vers la science. Par là, j&#039;entends comme tu le suggères habilement d&#039;ouvrir plus de perspectives aux docteurs voire rendre l&#039;obtention d&#039;un doctorat incontournable dans certains postes de R&amp;D où un diplôme d&#039;ingénieur ne devrait suffire... Je côtoie beaucoup d&#039;Allemands et il est intéressant de constater combien les qualifications afférentes au PhD sont proches dans leur esprit de ce que nous projetons dans le diplôme d&#039;ingénieur ! Et les débouchées de leurs filières scientifiques le prouvent bien...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Intéressantes réflexions. Donc je suis d&#8217;accord, augmenter les bourses de thèse ne changera pas beaucoup, éventuellement redorera l&#8217;image des thésards mais ce n&#8217;est qu&#8217;un premier pas du recentrage de l&#8217;économie et de la société française vers la science. Par là, j&#8217;entends comme tu le suggères habilement d&#8217;ouvrir plus de perspectives aux docteurs voire rendre l&#8217;obtention d&#8217;un doctorat incontournable dans certains postes de R&#038;D où un diplôme d&#8217;ingénieur ne devrait suffire&#8230; Je côtoie beaucoup d&#8217;Allemands et il est intéressant de constater combien les qualifications afférentes au PhD sont proches dans leur esprit de ce que nous projetons dans le diplôme d&#8217;ingénieur ! Et les débouchées de leurs filières scientifiques le prouvent bien&#8230;</p>
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