Archive pour May, 2007

Grand opening : Creation Museum

Tuesday, May 29th, 2007
Un des titres de CNN ce matin : le musée de la Création est enfin ouvert ! Pour un tour virtuel, rendez vous sur le célèbre site answergenesis.org, où la couleur est clairement annoncée :

Explore the wonders of creation. The imprint of the Creator is all around us. And the Bible’s clear—heaven and earth in six 24-hour days, earth before sun, birds before lizards.

Other surprises are just around the corner. Adam and apes share the same birthday. The first man walked with dinosaurs and named them all!

God’s Word is true, or evolution is true. No millions of years. There’s no room for compromise.

Rappelons que ce musée fait partie de la stratégie globale du mouvement du dessein intelligent (intelligent design ou ID) visant à combattre la science “sur son terrain”. Après le think tank estampillé ID, les revues ID (dont nous parlait récemment Enro), voici donc le premier musée ID. A quand l’université et les doctorats ?

Le New York Times nous convie à une visite guidée. Texte très intéressant à mon avis. Il permet notamment de comprendre la version que je qualifierais “d’officielle” du mouvement créationniste. En effet, le problème avec la non-science est qu’il est assez difficile de se mettre d’accord sur des faits scientifiques… qui n’en sont pas (ah le sexe des anges !). D’où plusieurs versions de la création, depuis l’interprétation littérale de la Genèse jusqu’à l’évolution théistique, défendue notamment par de rares scientifiques comme Francis Collins qui croient que Dieu peut intervenir ponctuellement dans l’univers (par exemple pour féconder la Vierge – voir ce billet )

Donc si vous visitez ce musée, vous apprendrez que la Terre a été créée il y a 6000 ans. Les dinosaures (qui plaisent tant aux enfants – très bonne stratégie marketing) ont été créés le sixième jour. Comme le souligne l’auteur de l’article, c’est déjà une évolution radicale des tenants du créationnisme qui ont longtemps ignoré les fossiles. Ces fameux fossiles, donc, sont en fait directement issus… du déluge bien sûr ! Et oui, il fallait y penser : les précipitations divines ont tué les animaux et les sédiments se déposant alors ont permis la fossilisation. D’ailleurs, des dinosaures étaient bien évidemment sur l’arche de Noé…

Le discours moral sous-jacent est à l’avenant. La légende veut que Darwin soit devenu athée en particulier en constatant la cruauté terrible de la nature, reposant sur la lutte pour la vie (“struggle for life”). Le musée de la Création offre au contraire une vision idéale, harmonieuse de la Nature, dans laquelle cohabitent en bonne intelligence toutes les espèces animales. Ainsi les dinosaures sont-ils tous herbivores dans le jardin d’Eden ! Et lorsque le musée nous montre un fossile d’un poisson en dévorant un autre, c’est pour mieux souligner comment s’est exercé le “jugement de Dieu” qui a décidé de noyer sous les flots cette nature pécheresse :

Meanwhile a remarkable fossil of a perch devouring a herring found in Wyoming offers “silent testimony to God’s worldwide judgment,” not because it shows a predator and prey, but because the two perished — somehow getting preserved in stone — during Noah’s flood. Nearly all fossils, the museum asserts, are relics of that divine retribution.

Pour tout vous dire, je n’ai qu’une hâte : aller voir cet ovni de mes propres yeux…

Al Gore et la raison

Sunday, May 27th, 2007
Préambule : ce billet est tout à la gloire d’Al Gore et de l’Amérique qu’il représente.

Al Gore est partout en ce moment. En couverture de Time Magazine. Sur CNN interviewé par Larry King. Sur des chaînes locales du câble, participant à des débats (participatifs ?). Il sort en fait ces jours-ci un livre, intitulé The assault on Reason (suivre le lien pour un extrait), dans lequel il livre son diagnostic sur les années Bush, années qui ont coïncidé, selon lui, à une négation de la raison au profit… d’on ne sait trop quoi à vrai dire, une espèce de paresse intellectuelle, de facilité, de malhonnêteté dans l’analyse des événements aboutissant à des prises de décision absurdes aux motivations soit inavouables, soit bêtement irrationnelles. Attaque frontale contre tout un système, son livre sonne comme une alerte rouge :


American democracy is now in danger– not from any one set of ideas, but from unprecedented changes in the environment within which ideas either live and spread, or wither and die. I do not mean the physical environment; I mean what is called the public sphere, or the marketplace of ideas.

Gore s’attaque violemment à la télévision, qu’il accuse, en gros, de n’être qu’une vaste entreprise de fabrique de crétins. Il livre également quelques anecdotes amusantes sur les “manipulations” des élections. Il raconte comment la politique américaine s’emploie aujourd’hui à “segmenter” les propositions, afin d’individualiser au maximum les propositions, ou encore comment les sondages “qualitatifs” ont été utilisés quotidiennement dans ses propres campagnes afin d’orienter son discours et de favoriser les sondages. A méditer après notre propre campagne électorale.

Les solutions proposées par Gore sont à la fois simples et novatrices : le développement de nouveaux agoras publics (notamment via internet) et la réhabilitation de la Raison.

As a result, our democracy is in danger of being hollowed out. In order to reclaim our birthright, we Americans must resolve to repair the systemic decay of the public forum. We must create new ways to engage in a genuine and not manipulative conversation about our future. We must stop tolerating the rejection and distortion of science. We must insist on an end to the cynical use of pseudo-studies known to be false for the purpose of intentionally clouding the public’s ability to discern the truth. Americans in both parties should insist on the re-establishment of respect for the rule of reason.

Qu’il est bon de voir un appel à la raison (que je crois sincère), par un ex-homme politique qui n’a plus rien à démontrer sur ce plan [1] !

Le plus fascinant est qu’il se met en place au même moment le discours antisymétrique. L’Amérique bushiste fait bloc : Gore l’attaquant sur plusieurs fronts, elle contre-attaque aussi sur plusieurs fronts. Ainsi, uncommondescent, le blog central du mouvement du dessein intelligent (ID) mène actuellement une campagne … dénonçant le discours sur le réchauffement climatique ! Il est assez fascinant de voir comment les partisans de l’ID s’attaquent maintenant aussi aux théories sur le réchauffement climatique, utilisant exactement les mêmes arguments rhétoriques et contre-expertises que dans leurs critiques de la théorie de l’évolution. En matière de discussion sur le climat, c’est d’ailleurs assez courant et assez facile : méconnaissance totale des ordres de grandeur, confusion entre corrélation/cause et conséquence, oubli volontaire ou distorsion des mécanismes de couplage et de rétroaction… Etonnant de voir comment, d’un côté comme de l’autre, les mouvements de pensées se structurent en blocs cohérents : face aux appels à la science et à la raison des “liberals” “pro”science et “anti” guerre en Irak, le mouvement du dessein intelligent veut pouvoir tranquilement croire en la Bible, rouler en gros 4×4 polluant et casser la gueule des ennemis désignés.

Pour conclure sur une note française, j’ai le sentiment qu’aujourd’hui la même cohérence semble émerger chez nous: ceux qui croient au gène de la pédophilie se rapprochent de ceux qui peuvent prôner un mode particulier d’interventionnisme extérieur, dénoncer le discours sur réchauffement climatique, tout en copinant avec les grands médias pourvoyeurs de saines distractions. Le discours politique ne fait plus appel à l’intérêt général, mais plus au souci individuel, privilégiant l’émotion sur la raison. OK, je concède qu’on a eu aussi la petite pique de Bayrou contre les médias, mais quel homme politique français oserait affirmer que TF1 n’est là que pour laver le cerveau des télespectateurs [2] ?

L’Amérique, au moins, possède un Al Gore [3], qui, s’il l’exclut pour l’instant, ne ferme pas la porte à une candidature pour la présidence 2008. Chose impensable dans la France de 2002-2007, il a même affirmé hier soir à Larry King sur CNN qui revenait de manière insistante sur le sujet qu’étant encore à 500 jours des élections présidentielles, toute cette agitation était bien prématurée, précisant qu’il était résolument opposé à cette espèce de campagne électorale permanente actuelle (sous-entendant peut-être – wishful thinking – que sa position sur sa candidature pourrait évoluer plus près des échéances). Ah, si seulement Al Gore était français… mais peut-être pour le monde est-il aussi bien qu’il soit américain.

[1] Gore est un des rares a avoir voté contre la guerre en Irak; je ne parle évidemment pas de son action permanente pour vulgariser le réchauffement climatique. Pas simplement un homme de discours, donc. N’oublions pas non plus que Gore valorise constamment ses études universitaires, racontant notamment sa prise de conscience lors de ses premiers cours sur le réchauffement climatique, ayant aussi rédigé des mémoires sur l’influence des médias sur la société.
[2] OK tout le monde le sait vu que Le Lay lui-même l’a reconnu… enfin, tout le monde, disons surtout tout le monde bien informé
[3] Al Gore lui même n’étant que la face émergée et visible d’un iceberg, d’un mouvement de pensée très vivace aux US … mais totalement éteint et desorganisé chez nous ;(


Classique : la première “horloge circadienne”

Thursday, May 24th, 2007

Pour la première fois sur ce blog, une publication complète ci-contre, tirée d’un compte-rendu de l’Académie Royale des Sciences !

En 1729, Jean-Jacques d’Ortous de Mairan remarque que les feuilles d’une plante, la sensitive, “se dirigent toujours vers le côté d’où vient la plus grande lumière” et surtout “se replient et se contractent vers le coucher du Soleil”. Notre académicien a alors l’idée de l’expérience qui va le faire passer à la postérité : il place cette plante dans l’obscurité, et observe des mouvements des feuilles le soir en l’absence de lumière du soleil. “La sensitive sent donc le Soleil sans le voir en aucune manière”. En moins de 350 mots, Ortous de Mairan généralise ensuite ses observations à certains patients atteints de troubles de sommeil, suggère de soumettre les plantes à des cycles de température et propose de regarder si on peut renverser artificiellement chez ses plantes l’ordre des “vrais jours et des vraies nuits”. Un vrai programme de recherche ! Malheureusement, fort occupé (à rédiger des demandes de financement ?), monsieur d’Ortous de Mairan n’a pas eu le temps de creuser …

Cette expérience très simple met en évidence un phénomène tout à fait remarquable. En effet, la plante en temps normale semble réagir très fortement à la lumière. Pourtant, privée de lumière, la plante continue à réagir, bien que plus faiblement; c’est donc que la plante, tout en étant contrôlée en temps normal par la lumière, “sait” aussi qu’elle devrait être exposée à celle-ci en son absence. Elle “sent” donc le moment où le Soleil doit se lever ou se coucher : ainsi la plante semble-t-elle disposer d’un mécanisme, d’une horloge interne lui permettant d’anticiper le rythme jour/nuit. Une telle horloge est aujourd’hui appelée “horloge circadienne”. C’est un rythme biologique interne de 24h, présent chez de nombreux organismes et qui a la propriété d’être “réinitialisé” par la lumière.

C’est cette horloge qui est responsable du fameux “décalage horaire” . Ainsi les paupières des Parisiens visitant New York deviennent très lourdes aux alentours de 18 h (car l’organisme “se souvient” qu’il est minuit à Paris, comme notre sensitive), tandis que les New Yorkais visitant Paris peuvent faire sans problème la fête jusqu’à une heure avancée de la nuit… mais ont le sommeil très lourd le matin !

Aujourd’hui, le rythme circadien est de mieux en mieux connu. Sans rentrer dans le détail, on sait maintenant qu’il est présent dans toutes les cellules de l’organisme, et qu’il se traduit par des oscillations de concentrations de protéines dans les cellules. C’est également un exemple d’”oscillateur génétique” : c’est le jeu d’interactions entre gènes et protéines qui produit des oscillations dans l’activité ou la concentration de protéines, et qui crée ce rythme.

Le plus étonnant dans l’histoire de l’étude des horloges circadiennes est qu’aujourd’hui encore, de nombreux labos réalisent au quotidien (et dans sa totalité, cycles de température compris) le programme de recherche proposé par d’Ortous de Mairan. Par exemple, comme cette horloge est contrôlée par la lumière, le meilleur moyen d’avoir des informations sur son fonctionnement est de comparer les comportements des animaux (par exemple des drosophiles) exposés au rythme jour-nuit et ceux restant en obscurité constante. Chez certains mutants, l’horloge est littéralement cassée : en obscurité constante les mouches ont alors des comportements totalement arhythmiques, alternent des périodes de veille et de sommeil de façon complètement anarchique – ce qui peut même raccourcir leur espérance de vie !

Comme vous le pouvez deviner, l’étude de ces horloges est un sujet très chaud, pouvant avoir des retombées économiques potentielles importantes si un labo parvient à trouver le graal : la pilulle anti-décalage horaire. Détail amusant pour finir : j’apprends aujourd’hui via Rue89 que cette pillule pourrait être… le Viagra !

Référence:

De Mairan, J. J. d’Ortous. Observation botanique. Histoire de l’Academie Royale des Science 35–36 (1729) (in French).
Till Roenneberg and Martha Merrow. Nature Reviews Molecular Cell Biology 6, 965-971 (December 2005)

Source image : HMMI

Réponse à monsieur Fleury

Wednesday, May 23rd, 2007

Vincent Fleury a gentiment répondu à mes critiques en commentaire d’un billet précédent. Je me permets de mettre mes réponses dans un billet indépendant. Je manque de temps malheureusement, je reviendrai sur certains points à clarifier pour moi et en fonction des réactions plus tard.

Pour être tout à fait honnête, je n’aime pas beaucoup ce genre de discussions scientifiques sur internet. Je trouve qu’en général on (moi ?) a tendance à manquer de mesure et de rigueur, ce qui est préjudiciable à l’échange, et on peut donner l’impression de prendre les choses de façon personnelle. Le format du blog, où on est plus dans l’action que la réflexion, n’est pas non plus idéal. Le ton est celui d’une conversation orale, mais c’est à l’écrit, il y a des ambiguités. Donc avant toute chose, je reconnais le fait d’écrire sans doute parfois des bêtises, même si je fais de mon mieux pour l’éviter. Comme V. Fleury m’a répondu, je me dois néanmoins de réagir :

Bonjour monsieur Fleury,
merci de votre visite et de vos commentaires. Et merci pour votre livre qui m’a beaucoup plu et fait réfléchir.

Je ne l’ai malheureusement plus sous la main, j’espère ne pas vous prêter des pensées que vous n’avez pas.

Pour les réponses, je ne parle que de mes propres observations, couplées avec des discussions avec des embryologistes. Je sens qu’il va être nécessaire d’aller plonger moi-même dans la biblio pour continuer, je le ferai et écrirai un billet plus tard, et ferai mon mea culpa si je me suis trompé.

Je ne veux surtout pas polémiquer ou “troller”, je respecte énormément votre travail. Là encore, voyons cela comme une discussion, nécessitant d’être raffermie plus tard par des références à des publis en ce qui me concerne. En attendant, voici mes réponses :

franchement, je ne comprends pas vos interprétations à partir de ces manips. Vous manquez d’esprit critique

Bon, j’ai parfois l’impression d’être plutôt assez critique sur votre théorie par exemple. Quand j’ai lu votre livre, j’étais vraiment enhousiaste ! Après je me suis juste posé quelques questions et demande à être convaincu car j’ai l’impression que quelques trucs ne “collent” pas. Je suis peut-être au contraire trop fermé d’esprit, mais, convaincu, j’aurai alors la foi des convertis.

Sur ces manips, j’essaie juste de réfléchir un peu à voix haute sur ce blog; mes pensées sont peut-être parfois naïves je vous l’accorde, mais aucun de mes billets n’a vocation à être une publication scientifique. D’ailleurs, c’est aussi pour cela que je préfère rester anonyme : cela me donne une liberté de ton que je n’aurais pas autrement, même si je risque parfois d’en dire ou faire trop, quitte à passer pour un imbécile; j’essaie de faire attention et de me modérer dans tous les cas.

1) vous confondez les paramètres d’un problème et la loi générale évidemment que si vous changez des paramètres physiques ou chimiques, les contractions auront une allure différente

Mais en quoi dis-je le contraire ? Je ne comprends pas votre objection, si objection il y a.

2)Est-ce que vous obtenez un animal par ces manips? Si non, quelle conclusion cela vous permet de tirer par rapport au cas normal?

Non on n’obtient pas un animal. Mais on obtient un axe antéro-postérieur, et plus tard, des tissus différenciés (somites, muscles, coeur, entre autres, dixit l’embryologiste qui m’a montré cette expérience). Presque un tétard donc.

3)comment savez vous que les cellules étaient commises pour faire quelque chose; à partir du moment où un pli se forme, il a une allure de crête neurale, de toute façon

Ce n’est pas juste une question de forme ou de mouvement; c’est aussi une question de marqueurs génétiques. On sait aussi reconnaître tel ou tel organe… parce qu’il y a des expressions génétiques associées aux cellules de celui-ci.

4) qu’un signal chimique soit suffisant et nécessaire pour déclencher peut-être, mais ça veut dire quoi, exactement, dans ce cas, suffisant et nécessaire? Que ce soit le déclencheur, qu’est-ce que cela implique pour le mouvement lui-même? Et s’il y a des gradients dans l’animal réel, à quoi sont -ils dûs?

Pour les gradients dans l’animal, même si on ne comprend pas encore tout, vous savez aussi bien que moi d’où les premiers gradients viennent, chez Xenopus ou Drosophila : la mère localise des ARN dans l’oeuf, et une fois transcrits, ces ARN forment un gradient de concentration de protéine.

Pour le mouvement, je ne dis rien de plus que cela : l’expression génétique est nécessaire et suffisante pour déclencher le mouvement. Comme dans l’embryon complet le mouvement va lui-même être associé à d’autres expressions génétiques (par exemple la reconstruction du noeud de Hensen lorsqu’on l’enlève artificiellement), les expressions génétiques sont aussi capitales que les mouvements mécaniques. Les deux se parlent, et surtout l’un n’existe pas sans l’autre.

5)qu’ on puisse faire un morceau ressemblant à un tube ou une patte sans la totalité de l’animal, peut être, mais vous ne ferez jamais le morceau tel qu’il est dans l’animal normal. C’est particulièrement vrai des pattes générées avec des facteurs de croissances ectopiques qui ne sont jamais des pattes exactement normales.

Donc si je comprends bien, on peut faire des pattes “à l’ordre 0″ indépendantes de l’organisme, mais il faut tout l’embryon pour faire des pattes affinées “à l’ordre 1″ ? J’ai l’impression que c’est quand même l’ordre 0 qui est le plus important.

6) les boules déformées de ces images ressemblent tout à fait à ce qu’on obtient d’un modèle hydrodynamique simple (ampoule) auto-organisé
sans la mécanique, aucun de ces mouvements n’existent, par définition.

Je n’ai jamais dit le contraire, mais sans la génétique, rien n’est là pour déclencher la mécanique. Encore une fois, c’est un jeu, un équilibre entre les deux.

comment pouvez vous dire que les cellules savent “indivuellement quoi faire” à partir d’une telle manip? Et ça voudrait dire quoi “savent individuellement quoi faire?” Précisez.

Je reconnais que l’expression est maladroite. Ce que je voulais dire, c’est que les cellules ont manifestement déjà une “destinée” encodée à ce stade (polarité incluse ?), un programme tout fait, puisque soumises à l’activine, elles déclenchent ces mouvements. Le point important ici est qu’à ma connaissance ce n’est pas le cas des autres cellules dans l’embryon; preuve que cette destinée est déterminée à ce stade.

je n’ai jamais dit qu’un tube neural nécessite des tourbillons, bien au contraire (voir par exemple les poissons en caoutchouc de mon livre) je dis que pour faire un quadrupède avec un tube neural au centre, il faut des tourbillons, un tube neural, c’est un pli, les pattes c’est les enroulement. La contrainte au centre plie le dos en forme de tube + crête neurale. Si ça s’enroule franchement vous avez en plus les pattes. J’ai plein d’images de ça, si vous voulez je vous en passe. Ces enroulements existent.

Je ne nie pas l’existence de ces enroulements chez certains vertébrés, je n’en sais pas assez. Je suis intéressé par toute image. Mais j’ai des doutes sur Xenope. Et j’aurais dû parler de l’axe A-P plutôt que du tube neural.

Ce que je comprends dans votre livre, c’est que c’est l’enroulement qui définit l’axe antéro-postérieur (et les membres). Je ne suis pas sûr de ça : ces manips montrent (à mon sens) qu’il peut y avoir axe sans enroulement.

Je ne vois pas en quoi cette manip contredit ma théorie, bien au contraire.

Cette expérience ne vous permet pas de dire que ce n’est pas un processus auto-organisé, une fois déclenché

Allez voir le film de gastrulation sur le site de Ray Keller lab (en haut à gauche), et dites moi ce que ça vous inspire, par rapport aux “inductions” et des cellules qui savent indviduellement où aller etc.

L’image de gastrulation que vous donnez sur votre site est mal faite, on voit bien que le dessinateur n’a pas compris le mouvement, il faut regarder le mouvement suivant une vue verticale pour comprendre.

Est-ce de cette image dont vous parlez ? Je suis d’accord qu’on ne voit pas grand chose – excepté l’involution- et qu’il vaudrait peut-être mieux avoir une vue dorsale, avec le blastopore au milieu (est-ce que vous voulez dire par vue “verticale” ?), mais elle est tirée de l’article de Keller …

Si c’est le dessin que j’ai fait pour raconter vos théories, j’ai probablement dû mal lire votre livre alors. La vue que je proposais était une vue dorsale, avec la tête en haut, par analogie avec l’image de votre chat par exemple, et sans l’involution.

etc. etc.

Bien à vous et
Bon courage avec vos auditions.

vf

Merci pour votre réponse et vos critiques
Bien à vous
Tom

de Gennes

Tuesday, May 22nd, 2007
Pierre-Gilles de Gennes est mort vendredi à Orsay.

Pour l’étudiant en physique que j’étais au début des années 2000, de Gennes représentait une figure tutélaire, un mythe, un génie touche à tout reconnu. Tous les physiciens théoriciens que je connais décrivaient de Gennes comme LE physicien français, ayant à lui tout seul fondé des domaines entiers. “Ah mais de Gennes, c’est de Gennes”. J’ai lu quelques papiers de de Gennes, notamment sur les matériaux granulaires; j’avais été assez enthousiasmé par le fait qu’il avait trouvé un nouveau problème, et avait commencé à le théoriser, à l’aborder à la “physicienne”. Il nous faudrait beaucoup de de Gennes pour aborder aujourd’hui le domaine à l’interface physique biologie; ces dernières années, lui-même s’était d’ailleurs intéressé au cerveau. Voici d’ailleurs l’abstract hallucinant d’un séminaire qu’il donnait récemment :

P.-G. de Gennes est atteint d’une maladie classique des physiciens âgés : prétendre étudier le cerveau. Les précédents (Crick, Josephson,…) sont peu encourageants, mais certains cas ont été favorables (L. Cooper). Dans le cas présent, de Gennes s’intéresse au nombre de neurones, M, qui est requis pour stocker un souvenir simple (une odeur), dans un système qui n’est pas précâblé. Sa conclusion (surprenante) est que M doit être très petit.

de Gennes avait été directeur de l’ESPCI. Ses étudiants pourront peut-être en parler mieux que moi, mais à l’époque il avait organisé une réunion entre élèves de différentes grandes écoles aux Houches, lieu de retraite mythique des physiciens théoriciens. J’avais eu la chance d’y participer et de découvrir certains aspects de la physique et de la matière molle, domaine que je ne connaissais alors pas du tout, naïf que j’étais fasciné par les hautes énergies. La série de conférences était également pas mal axée “applications industrielles”, mais dans un dosage parfait avec la théorie, ce qui reste pour moi du jamais vu. Je dois dire que je ne l’avais pas réalisé sur le coup, mais cette retraite était rétrospectivement une grande réussite sur tous les plans (sauf le ski, les pistes étant un peu verglacées); j’espère sincèrement que ces réunions ont continué.

A cette époque, de Gennes lui-même était venu dans mon école présenter la réunion et inciter les étudiants à s’inscrire : je me souviens par exemple de son émerveillement devant … la fermeture éclair ! Il expliquait que si des extra-terrestres venaient sur terre, et étudiaient notre technologie, ce mécanisme simple, robuste et fiable (et surtout inspiré de la nature) ne manquerait pas de les impressionner. Ainsi, de Gennes avait manifestement cet enthousiasme devant le monde, une curiosité qui manque peut-être aujourd’hui à la physique théorique moderne obsédée par “les hamiltoniens” et un peu éloignée de “la vraie vie”. L’oeuvre de de Gennes n’est pas seulement scientifique; elle est aussi humaine : je suis persuadé qu’il a allumé pas mal de petites flammes et suscité des vocations.

Voilà mes quelques pensées personnelles sur de Gennes, un peu décalée par rapport à la nécrologie officielle. Je ne connaissais l’homme de Gennes que par ouï-dire; ce matin, je pense aussi à sa famille très nombreuse.

Génétique vs Mécanique : quelques indications chez Xenope

Sunday, May 20th, 2007
Je poursuis ma série de billets sur le développement embryonnaire dans un billet qui va me permettre de compléter mes petites critiques des thèses de Vincent Fleury.

L’image ci-contre (source photo) représente des oeufs de Xenope, probablement juste avant la fécondation. Chaque oeuf n’est qu’une seule grosse cellule, avec beaucoup de matériel de base : rappelons que le tétard se développe presque entièrement avant d’être capable d’avaler quoi que ce soit. On voit très bien les deux pôles de l’oeuf : le pôle animal pigmenté et le pôle végétal plus clair. Après la fécondation, le pôle végétal devient plus dense (pour une raison mystérieuse pour moi) si bien que tous les embryons tournent leur pôle animal vers le haut; c’est d’ailleurs ce qui permet de savoir si un oeuf est fécondé.

S’ensuit alors une suite de divisions cellulaires par “clivage” : l’oeuf, grosse cellule unique d’1mm se divise en multitude de cellules, jusqu’à atteindre le stade blastula (voir dessin ci-contre, tirée d’un site illustrant toutes les étapes de la gastrulation). On reconnaît toujours le pôle animal pigmenté; de l’extérieur toutes les cellules ont l’air plus ou moins identiques.

Peu après commence la gastrulation qui aboutira à la formation du plan de base de l’organisme. Rappelons que c’est à ce moment que les choses sérieuses commencent : des mouvements cellulaires vont se produire, et en particulier, dans un ballet cellulaire complexe, les cellules du haut du pôle animal vont migrer, se déplacer le long de l’embryon, puis rentrer à l’intérieur de celui-ci, remonter le long du futur tube digestif pour former le système nerveux central.

Evidemment, l’une des questions centrales est de savoir pourquoi et comment tout ceci se met en place. Et certaines expériences tout à fait fascinantes nous éclairent déjà sur les rôles respectifs de la génétique et de la mécanique dans ce procédé.

Une expérience classique consiste à découper une partie du pôle animal de l’embryon, à le mettre en solution, et à observer les mouvements cellulaires qui suivent. Dans une solution saline simple, le pôle amputé se referme sur lui-même et reforme une boule de cellules (image de gauche) – source photo.

En revanche, lorsque l’on met une petite protéine appelée “activine” dans la solution, la situation s’anime. Après avoir formé la petite boule de cellules, un nouveau ballet cellulaire se met en place (image de droite). De façon étonnante, les cellules du pôle animal semblent littéralement enclencher leur propre programme de gastrulation, et finissent par former un espèce de tube, tout à fait similaire au tube neural qu’on observe dans l’embryon complet.

Les conclusions de cette expérience sont nombreuses. D’abord, il semble que bien avant la gastrulation, les cellules du pôle animal “savent” qu’elles vont donner le système nerveux. Comment, pourquoi, c’est un mystère. Ensuite, notons qu’un signal précis, l’exposition à l’activine, suffit pour déclencher le programme cellulaire de mouvements et de différentiation en tissu neural. Il faut savoir à ce stade que l’activine, dans l’embryon de Xenope, est un morphogène : c’est une protéine qui est présente à concentrations variables dans différentes parties de l’embryon et qui semble influencer la nature des destinées cellulaires. On a donc une preuve formelle avec cette expérience qu’un signal génétique est nécessaire et suffisant pour déclencher les mouvements cellulaires et les effets mécaniques liés à la gastrulation.

Par ailleurs, cette expérience montre qu’on peut avoir croissance du tube neural sans la totalité des mouvements cellulaires observés dans la gastrulation. Les cellules savent individuellement quoi faire, le développement est pour ainsi dire “modulaire” : le tube neural peut se développer indépendamment du reste, et ne semble pas nécessiter la formation de “tourbillons” dans l’embryon complet (contrairement à ce qui est suggéré par Vincent Fleury dans son livre). Autrement dit, la gastrulation ne résulte pas d’un effet collectif, autoorganisé; mais plus de la juxtaposition de comportements individuels. Il y a bien sûr quelques contraintes internes, mais cette expérience montre que potentiellement, des organes peuvent se développer seuls; tout n’est qu’une question de stimulation génétique adéquate.

Quelques trucs en vrac sur la réforme de la recherche…

Saturday, May 19th, 2007

J’étais parti pour parler de nouveau de la gastrulation, mais je me suis laissé happé par l’actualité.

Valérie Pécresse est donc notre nouvelle ministre de la recherche. Si j’en crois sa biographie, elle est sortie d’HEC puis de l’ENA. Autant dire que sa connaissance de la recherche est tout sauf pratique. Ce n’est pas forcément un mal mais me laisse un peu dubitatif.

Pécresse a participé à l’élaboration du pacte pour la recherche. Sur son site web, on peut lire notamment les phrases suivantes, prononcées lors d’une intervention à l’assembée le 28 février 2006 :

Si la France se situait en 1993 au 5e rang mondial en pourcentage de la richesse nationale consacré à la recherche, avec 2,2% de son PIB, elle n’est plus que 13e aujourd’hui.

Ce constat alarmant rend nécessaire un effort financier de grande ampleur. Il nécessite aussi que les crédits affectés à la recherche soient utilisés de la manière la plus efficace possible.

Quand j’ai lu ces phrases, j’ai tout d’abord bondi, et je me permets de remettre ce fameux graphe de Nature, trop peu repris à mon goût, sur le financement public de la recherche en France. Où l’on voit que les amis de Mme Pécresse sont (et de façon chronique) les seuls responsables de cette baisse de moyens.

Puis, en surfant sur son blog, je suis tombé sur la page suivante, dans laquelle elle interpelle la ministre de l’époque, Claudie Haigneré :

Permettez moi de témoigner auprès de vous de l’inquiétude des nombreux chercheurs qui habitent dans ma circonscription. Ils se sentent menacés dans leurs travaux de recherche de grande qualité, engagés depuis plusieurs années, par le gel des crédits annoncés par votre ministère.

Cette dernière intervention était-elle téléguidée ? Elle permet à Haigneré d’annoncer des réformes à peu de frais dans sa réponse, au moment où la grogne des chercheurs commence à prendre de l’ampleur. Difficile de s’y retrouver…

Sur le fond, nous sommes néanmoins sans aucun doute dans la continuité des grands succès de la période précédente, que Sarkozy s’était attribué avec fierté dans Nature il y a quelques semaines.

Valérie Pécresse a aussi une “expertise” en matière de bioéthique. Elle a notamment participé à une cellule de travail sur le clonage, et en particulier le clonage thérapeutique. Extrait (à propos du clonage thérapeutique):

Ce qui nous a déterminés en définitive à adopter une position prudente en la matière, c’est que, pour l’instant, le clonage thérapeutique, c’est-à-dire la possibilité d’utiliser cette duplication de cellules dans des éprouvettes à des fins de santé publique, n’a donné aucun résultat sur les cellules animales ; On n’arrive pas encore à reproduire, par clonage, des tissus qui pourraient être greffés sur l’animal. Nous avons donc décidé d’attendre que le clonage thérapeutique réussisse sur l’animal avant de décider de l’autoriser pour l’être humain.

Ce passage souligne à mon avis des interrogations intéressantes sur l’organisation de la recherche, et là j’aurais besoin de vos lumières. Les labos que je connais travaillant sur les cellules souches travaillent (quasiment) exclusivement sur les cellules humaines. Est-ce général ?

L’une des raisons (il me semble) est que c’est tellement technique et difficile qu’il vaut mieux essayer de développer directement les techniques chez l’homme, plutôt que de commencer par l’animal et essayer ensuite chez l’homme en repartant (quasiment) de zéro. Les organismes modèles, c’est bien, mais si on veut faire des applications thérapeutiques, il vaut peut-être mieux travailler avec intensité dès le départ sur l’homme. Rappelons à ce stade que même parmi les insectes, les méthodes de développement peuvent être radicalement différentes; on ne comprend pas un ver de farine en étudiant seulement la mouche. Par ailleurs, il semble bien que les voies de signalisation impliquées dans le développement soient assez différentes entre l’homme et la souris par exemple. La stratégie “animal avant l’homme” ne me semble pas forcément très adaptée; on a peut-être là un exemple typique de problème posé par le partage du contrôle de la recherche entre politiques et chercheurs.

Par ailleurs, tout cela coûte extrêmement cher. Le corollaire est donc que si on décide d’attendre le clonage thérapeutique sur l’animal, il faut financer massivement à la fois les recherches sur l’homme et sur l’animal, donc doubler l’enveloppe financière (et non pas la couper en deux).

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Deux trucs glanés sur le site de SLR :

  • Physique française et PRL : quelques chiffres intéressants montrant qu’en physique au moins, la France fait mieux que tenir son rang.
  • Sarkozy : “Pour renforcer l’attractivité de la recherche, je proposerai aux jeunes docteurs des contrats de cinq ans” (phrase tirée des réponses à Sarkozy à SLR). Compte-tenu de l’état de la recherche actuel, de l’effondrement du nombre d’étudiants en science, du sous-paiement chronique, des spécificités de certaines disciplines, du fait qu’après ces cinq ans si cela se passe mal, j’imagine mal ce que deviendront ces docteurs, ce sera alors probablement sans moi. Plus que de renforcer l’attractivité, on risque surtout de renforcer le brain drain.
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Via Koz, cet article du Figaro :

Christian Prunier, créateur en 2003 du site clochers.org, destiné aux gé­néalogistes, reconnaît, lui, que « pour se débarrasser d’un bâtiment, il suffit de le laisser pourrir 20 ans, de l’entourer ensuite de bandes rouges pour signifier son danger puis de faire établir un arrêté de péril. La démolition n’est alors plus une honte. Elle est conseillée ».

Cela ne vous rappelle rien ?

Ajout 14h50 : Les commentaires sont rétablis (merci Matthieu !)

Détente : Evolution et Science fiction

Thursday, May 17th, 2007
L’actualité récente et mes voyages en avion aidant, je me propose de faire une petite liste (subjective et très incomplète) de mes romans préférés de sciences fiction ayant abordé l’évolution sous une forme ou une autre. N’hésitez pas à suggérer d’autres titres ou nouvelles : je suis toujours intéressé par ce genre de littérature !

  • Asimov dans son cycle Fondation aborde le sujet de manière détournée. L’apparition spontanée d’un humain évolué mutant, le Mulet, met complètement par terre le plan Seldon. C’est assez amusant comment l’évolution, aléatoire, imprévisible, s’oppose ici à la psychohistoire déterministe, sorte de super économie prédictive. Quant au Mulet, l’un des personnages les plus étonnants de l’univers d’Asimov, comme tout bon mutant, il ne peut avoir de descendance humaine, d’où son nom…
  • Dick a abordé le sujet dans une nouvelle, l’homme doré, ayant récemment inspiré un film (que je n’ai pas vu, mais qui n’a pas l’air très fidèle). L’homme doré dispose à la fois d’un instinct (qui lui permet d’anticiper le futur) et d’une puissance sexuelle surdéveloppée au détriment de son intelligence, ce qui lui assure une adaptation tout à fait remarquable. La nouvelle est très intéressante, et va complètement à l’encontre de la corrélation entre marche vers l’intelligence et évolution : Dick suggère explicitement que l’homme futur se débarassera ainsi de son intelligence, devenue totalement inutile.
  • Hyperion est l’un de mes cycles préférés. Simmons a manifestement été très inspiré par Teilhard de Chardin, inventeur notamment du concept de “Noosphère“. Teilhard décrit l’évolution comme une marche vers ce qu’il appelle le “Christ Cosmique”; Simmons nous raconte en fait cette marche dans la deuxième partie du Cycle à partir d’Endymion. J’avoue que la première fois que j’ai lu Hyperion, ces références scientifico-mystico-religieuses m’avaient un peu échappées, mais après relecture d’Hyperion et lecture de certains livres de Teilhard, je n’ai plus aucun doute : Simmons est très sérieux, et Hyperion est probablement le premier roman qu’on pourrait labelliser “Intelligent Design” : par exemple, les Tombeaux Du Temps, Moneta et le Gritche, remontant le temps pour, en quelque sorte, “porter la bonne parole”, ne sont pas sans rappeler certaines théories farfelues déjà évoquées dans ces pages.
  • Plus récemment, on peut citer L’Echelle de Darwin et les Enfants de Darwin de Greg Bear. Ces deux romans sont basés sur l’idée qu’ un virus aurait pu faire évoluer Neandertal vers Sapiens, et réactivé, faire atteindre à Sapiens un stade encore supérieur. Romans distrayants à défaut d’être exceptionnels.
D’autres suggestions ?

Réforme Allègre ?

Tuesday, May 15th, 2007
Il paraît que Sarkozy prendrait Allègre pour le conseiller sur la réforme de la recherche. Pourtant, autant Allègre n’hésite pas à nous parler, livres à l’appui, de la physique ou du réchauffement climatique, autant il n’est pas réputé pour ses idées géniales sur l’organisation de la recherche qu’il a l’air de garder pour lui. Quelqu’un a-t-il des infos sur ses visions sur le sujet ? Son dernier fait d’armes semble être d’avoir essayé d’instituer, lorsqu’il était ministre, un pilotage de la politique scientifique du CNRS par le ministère, ce qui n’a pas heureusement pas été fait, et ferait sérieusement tâche à l’heure de l’autonomie des universités, vous en conviendrez.

Sur les nerfs…

Saturday, May 12th, 2007
Je suis actuellement en plein milieu d’auditions pour des postes permanents en France.
Où il apparaît que :
- aujourd’hui, la concurrence est vraiment très rude, et l’offre de poste en nette inadéquation avec mon propre parcours (mon profil me semble trop marginal)
- résumer 5 ans de recherche en 10 minutes pour être embauché à vie n’a pas beaucoup de sens à mes yeux et est terriblement stressant
- sauf exception, tous les candidats se valent à peu près
- l’une des exceptions est qu’il y a de plus en plus de “vieux” candidats (doctorat +N avec N>5…)
- j’ai l’impression de me retrouver dans un cauchemar de prépasien, où toute la vie future dépend de dix petites minutes et d’un classement.

En tous cas, comme disent les Américains, je frôle le “burn-out”, donc silence radio sur le blog de mon côté jusqu’à ce que je sois rentré dans mon cocon new-yorkais et que je me remette (je n’aurais jamais cru dire cela un jour).

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