Traiter le cancer … avec les nanotechnologies !
Les nanotechnologies font parfois un peu peur. Pourtant, on arrive aujourd’hui à faire de très belles choses avec des nanoparticules. Pas besoin de nanoingéniérie ou de génétique compliquée : des recherches utilisant des principes de base de physique et de chimie permettent maintenant de soigner des cancers du sein chez les souris.L’outil de base est la nanoparticule d’or. Il s’agit ni plus ni moins de grains d’or minuscules, qu’on est aujourd’hui capable de synthétiser avec une taille relativement contrôlée. Ces petites particules ont des propriétés très intéressantes du fait de leur taille : soumises à un champ électromagnétique, elles rentrent en résonance, les électrons de conduction de la particule se mettent à osciller et à émettre de la chaleur. Ce qui est très intéressant est que cette résonance se fait à une fréquence du champ électromagnétique très spécifique; c’est ce qu’on appelle le pic plasmon. En particulier, certaines nanoparticules d’or (en fait ici des nanocoquilles) réagissent uniquement à la lumière dans le proche infrarouge, fréquence à laquelle les tissus sont transparents.
La méthode de traitement du cancer est la suivante : on injecte des nanocoquilles dans les tumeurs, puis on irradie les tumeurs avec du proche
infrarouge. Les nanoparticules se mettent alors à chauffer et “cuisent “littéralement les cellules environnantes. L’image ci-contre illustre ce procédé sur des cancers du sein chez la souris. La photo de gauche représente une tumeur traitée aux nanoparticules, celle de droite une tumeur sans nanoparticule. Plus on va dans le rouge, plus les cellules chauffent. On arrose les tumeurs en infrarouge, et on voit bien que seule la tumeur traitée chauffe [1].
La technique marche effectivement in vivo : on arrive vraiment à soigner des souris de cette façon [2]. L’étape suivante est de guider les nanoparticules directement dans les tumeurs. En effet, on est pour l’instant obligé d’injecter ces particules sur place; ce serait beaucoup mieux si elles y allaient d’elles-mêmes. Là encore, il est possible de traiter les nanoparticules pour qu’elles entrent uniquement dans ces cellules cancereuses. Il semble en effet que ces cellules (tout comme les cellules embryonnaires) aient des propriétés membranaires très particulières qui peuvent être reconnues chimiquement. Si on met la bonne substance “adhésive” à la surface des nanoparticules, celles-ci sont capables de pénétrer sélectivement dans les cellules cancereuses [3]. Un coup d’infrarouge, et la cellule entre en surchauffe et est détruite !
(Merci à ma Blonde préférée pour m’avoir initié au sujet)
Références :
[1] Nanoshell-mediated near-infrared thermal therapy of tumors under magnetic resonance guidance, Hirsch et al., PNAS (2003), source de la photo.
[2] Photo-thermal tumor ablation in mice using near infrared-absorbing nanoparticles, O’Neal et al., Cancer Letters (2004)
[3] Selective Entrance of Gold Nanoparticles into Cancer Cells, Krpetic et al, Gold Bulletin (2006)
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