A quoi bonisme
Cela m’arrive assez souvent ces derniers temps. Une bonne crise d’Ã quoi bonisme.
Le doute, normalement salvateur en science, m’étouffe. Mes premières candidatures pour des tenure track n’ont pas marché : je donne des interviews, tout le monde reconnaît que je fais des trucs intéressants, mais … trop théoriques, trop biologiques, trop physiques, trop …, ce qu’il faudrait, c’est que je fasse de vraies expériences… Voilà . Je me rends compte d’un truc : le scientifique est un globe-trotter car il lui faut trouver l’endroit qui lui convient. A un profil donné correspond un lieu donné, qu’il faut dénicher.
Ou alors je suis juste mauvais.
Dans tous les cas, je crois qu’il va falloir que je commence à réfléchir à ce que je ferais si je voulais me reconvertir.
En attendant, j’essaie de travailler dur, et je n’ai ni le temps, ni le désir d’écrire des billets.
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April 15th, 2008 at 9:14 am
“Ou alors je suis juste mauvais”
Ce que je me suis dit en me faisant jeter pour mon papier…
Mais même si on fait des choses un peu strange (et qu’on se demande dans quel domaine on travaille vraiment), ça ne vaut pas le coup de lâcher… Les USA c’est vaste, tu va finir par trouver ton trou…
April 15th, 2008 at 9:41 am
On fait un club ?
April 15th, 2008 at 11:36 am
Mon chef de thèse disait que le boulot de chercheur, c’est aussi d’apprendre à gérer les moments où cela marche moins bien ou on se sent moins bien. C’est le métier qui rentre j’imagine, mais c’est quelque chose qui est toujours difficile pour moi.
J’ai une certaine admiration devant les gens qui n’ont l’air de jamais douter d’eux et qui sont convaincus qu’ils ont la théorie ou le système ultime. J’ai parfois l’impression que c’est ainsi qu’on réussit dans les sciences : en avançant sans se poser de questions.
April 15th, 2008 at 4:25 pm
“Le doute m’étouffe” et le lapsus m’habite
comme disaient les Nuls
Bon, Tom, il est grand temps que tu prennes un billet de bus pour Boston et qu’on boive quelques coups en refaisant le monde (académique) ensemble. Greyhound fait des aller-retour a 38$, les chinois a 30$.
Proposition très sérieuse.
April 16th, 2008 at 4:51 am
Je pense qu’il y a deux stratégies de carrière possibles (ça fait sérieux, hein?).
- on peut essayer de faire des choses qui se vendent bien, des choses à la mode, si possible la même chose (mais en un peu moins bien) que ce que fait le patron du labo que tu vises (ça marche notoirement très bien en France). Pas besoin de donner d’exemples, je pense qu’on a tous en tête plein de cas comme ça. Dans un contexte Français, ça permet de se faire recruter tranquillement dans son labo de thèse (où celui dà coté). Evidemment, après on risque de se retrouver à ronronner pendant les 15 ans qui suivent en attendant le départ à la retraite du patron, puis on prendra sa place et on continuera à ronronner pendant 25 ans. Mais on aura un Poste, et on pourraacheter sa maison. Tant pis si on s’emm… nuie au boulot.
- Ou alors on peut tracer son propre sillon et faire des choses qu’on aime et auxquelles on croit. Après, si les gens en veulent ils achètent, sinon tant pis, au revoir et à la prochaine. Se débrouiller pour manger pendant ce temps-là (après tout, des post-docs ça se trouve, si on est prêt à déménager). Au bout du compte, il finit par venir un moment où on trouve l’endroit qu’il faut, où on convainc la personne appropriée qu’elle a besoin de nous, ou tout simplement où à force de tracer son petit bonhomme de chemin on s’paerçoit qu’on a fini par créer sa propre niche, à la rendre incontournable… et à être le seul à faire ça, qui plus est! C’est plus long, plus difficile, ça paye moins mais c’est sans doute plus gratifiant à terme…
En même temps, je dis ça comme si c’était un choix délibéré : ça l’est rarement, c’est plus souvent par défaut qu’on se retrouve dans la deuxième option…
April 16th, 2008 at 8:49 am
@ JF : le problème de la deuxième stratégie, c’est que la mobilité a un prix pour la vie familiale que je paie quotidiennement. Nous sommes deux scientifiques et on n’a pas pu trouver deux postes au même endroit (sans compromettre la suite). Ce qui est embêtant en France pour des postes de MdC ou CNRS devient cauchemardesque quand c’est sur les Etats-Unis ou entre plusieurs pays.
D’ailleurs, ce que je constate quotidiennement dans les couples de scientifiques autour de moi, c’est que la femme suit l’homme. On peut gloser longtemps sur le pourquoi du comment il n’y a pas plus de femmes au-dessus d’un certain niveau (quelle que soit la profession), mais c’est un fait que dans toute profession où la mobilité est recommandée voire indispensable, le sacrifice d’une carrière est nécessaire pour les couples. L’autre effet relié, c’est que j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de célibataires autour de moi …
April 16th, 2008 at 9:34 am
” le problème de la deuxième stratégie, c’est que la mobilité a un prix pour la vie familiale”
Je ne dis pas le contraire… Et jene faisais même pas spécialement l’apologie de l’une ou l’autre approche, me bornant à décrire. Je suis dans une situation finalement assez analogue — avec les mêmes effets sur les carrières respectives de ma femme et moi. Heureusement qu’elle n’est pas chercheuse.