Colère

France Inter, à l’occasion de l’université d’automne de sauvons la recherche, interviewait Bertrand Monthubert et Albert Fert. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les positions des uns et des autres, mais je voulais réagir à une information donnée dans “la tête au carré”. Où il semble que l’enseignement de la physique, de la biologie et de la chimie va devenir optionnel à partir de la seconde.

Je vous invite à consulter le site de l’union des professeurs de physique et chimie :

Les informations reçues sur la réforme du lycée et particulièrement sur la classe de seconde ont suscité la vive réaction du Conseil de l’UdPPC qui vient de se tenir samedi 27 septembre 2008.

En effet c’est à la disparition de la physique chimie en seconde que nous nous trouvons confrontés !

En seconde 18 modules semestriels de 3 heures seraient répartis en 3 blocs : 11 modules pour les enseignements “fondamentaux”, lettres, maths, langue vivante 1, langue vivante 2, éducation physique et sportive, histoire-géographie.
4 modules pour les enseignements “d’exploration” sciences économiques et sociales, initiation aux sciences de l’ingénieur, sciences médico-sociales, informatique de gestion et de communication, langue vivante 3, arts, histoire des arts, sciences…
3 modules pour les enseignements et activités d’accompagnement qui relèveront de l’autonomie pédagogique de l’établissement.

Les sciences ne seraient donc pas fondamentales !

Le texte joint présente la position de l’UdPPC et vous pouvez signer la pétition en ligne qui le reprend en suivant le lien ci-dessous.

Lien(s) :

- http://udppc.asso.fr/paris2007/petition/

Sur le fond que dire ? Incontestablement, la culture moyenne scientifique des français est d’un niveau bien moindre que la culture classique. Notre ministre de l’éducation ne sait pas faire de règles de trois (niveau CM1); une majorité d’ élèves dans certaines écoles d’ingénieur ne savent pas calculer l’équation d’une droite (niveau 3ième en étant gentil). La France est par ailleurs particulièrement mal classée au classement PISA en matière de culture scientifique (19ième sur 30 parmi les pays de l’OCDE).

Je suis persuadé que nos élites dirigeantes seraient bien incapables de décrire avec des mots simples ce qu’est un atome. Qui n’a jamais entendu quelqu’un se plaindre que les maths, c’était trop dur, que la physique, on n’y comprenait rien, y compris venant d’animateurs télé, de journalistes, ou d’hommes politiques ? Pourtant, nul doute qu’il y aurait beaucoup de réactions outragées des défenseurs de la culture française si un ministre déclarait qu’il n’a jamais lu Victor Hugo ou que l’orthographe, c’est vraiment trop compliqué !

Le mépris pour la science (et il faut être honnête, de plus en plus pour la culture en général, voir la karcherisation de la princesse de Clèves) est généralisé en France.

Le problème, c’est que les conséquences de ce mépris seront de plus en plus graves. L’actualité récente montre que nos dirigeants gagneraient à avoir une formation en économie, ce qui implique de savoir un peu de maths (et a fortiori une petit règle de trois). L’impact social des recherches scientifiques est de plus en plus grand, depuis le nucléaire jusqu’aux OGM en passant par les nanotechnologies : il faut que le citoyen soit capable d’appréhender les enjeux et les questions scientifiques.

Nous militons bien sûr dans le cadre du c@fé des sciences ou de l’association c@fetiers des sciences pour une diffusion maximale de l’information et de la culture scientifique. Mais les interactions entre sciences et éducation doivent avant tout passer par l’école. Apprendre la science est un moyen extraordinaire d’apprendre à penser, à se questionner, à se remettre en cause face à la réalité complexe du monde; former à la science, c’est aussi former des citoyens. C’est d’ailleurs l’objectif affiché d’opérations telles la main à la pâte (qu’adviendra-t-il d’elle ?).

Je vais avoir trente ans cette année. J’ai fait de la physique, de la chimie, de la biologie de la sixième jusqu’à la terminale, ainsi (je crois) que tous les gens de ma génération étant allé jusqu’au bac, soit 7 années d’études. Au début des années 90, la physique-chimie a été supprimée en sixième et cinquième. Si je comprends bien, il est fort possible que demain, un élève français n’étudie les sciences que deux petites années, en quatrième et troisième, soit moins du tiers du temps d’un élève de ma génération ! C’est bien peu pour susciter les vocations des futurs ingénieurs, des futurs chercheurs, des futurs scientifiques. Si l’on n’y prend pas garde, la France risque de ressembler demain aux Etats-Unis, pays incapable de former par lui-même ses propres scientifiques et où les étudiants brillants s’orientent vers le droit ou le commerce.

Les Américains sont conscients du problème : en ce moment aux US, on parle beaucoup d’éducation. Dans les débats télévisés,  des dirigeants politiques affirment haut et fort leur volonté d’investir dans l’éducation en particulier, ce  que même la gauche n’ose plus défendre en France aujourd’hui (et vaut à Obama d’être qualifié d’extrêmiste de gauche pas McCain)… Nos dirigeants feraient bien d’en prendre de la graine, plutôt que de réduire les heures de cours pour faire des économies.

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16 commentaires à “Colère”

  1. jonathan a dit:

    Merci pour ce coup de gueule salutaire.
    Ce texte pourrait presque être le manifeste du C@fé des sciences… Si tu le proposes, je signe!

    [Reply]

  2. Roberta a dit:

    Tom, la fin de ton post est à relativiser:
    “J’ai fait de la physique, de la chimie, de la biologie de la sixième jusqu’à la terminale, ainsi (je crois) que tous les gens de ma génération étant allé jusqu’au bac, soit 7 années d’études. Au début des années 90, la physique-chimie a été supprimée en sixième et cinquième. Si je comprends bien, il est fort possible que demain, un élève français n’étudie les sciences que deux petites années, en quatrième et troisième, soit moins du tiers du temps d’un élève de ma génération !”

    Je suis plus agée que toi, et la physique et la chimie ne commençaient qu’en seconde (et encore que pour ceux qui suivaient une seconde C – ancêtre de S). De la 6eme à la 3eme, notre enseignement scientifique était concentré sur les “sciences naturelles”. Je ne crois pas que l’absence de physique-chimie au collège se soit traduit par un manque de vocation pour les métiers scientifiques.

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  3. @gor a dit:

    Petite coquille?: “l’enseignement de la physique, de la biologie et de la biologie va” (2 fois biologie) :)

    Je suis d’accord; plus ça va, moins il y a de sciences dans notre éducation. Je suis en première S actuellement (je la redouble pour avoir un meilleur dossier) et je suis étonné de voir que certains élève ne soient pas un minimum intéressé par les cours qu’ils suivent. Pourtant les profs font ce qu’ils peuvent pour nous faire des cours intéressant et plutôt ludiques. L’année dernière on a d’ailleurs fini par un débat sur les ondes de portables alors qu’on voyait les longueurs d’onde ^^

    Je pense que les politiques veulent justement que les gens soient de plus en plus dupes. Après, ce n’est que mon avis…
    Si des initiatives tels que café des sciences se forment de plus en plus sur le web, je crois qu’il est possible que les élèves ayant un minimum de curiosité scientifique aillent d’eux-mêmes chercher l’information sur internet. Et ça, les politiques ne pourront rien y faire, et même s’ils mettraient en place une censure.
    Une copine qui fait un BEP (gestion) a lu 2 de tes articles sur la mécanique quantique (les matous dans les boîtes ^^) et a trouvé ça très intéressant (même un peu troublant lol), comme quoi les limites sont fines et que si les gens veulent avoir l’information, ils l’auront!

    Courage!

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  4. Tom Roud a dit:

    @gor,
    merci pour la coquille !

    Je ne crois pas que le choix des politiques soit délibéré. Je pense qu’ils croient vraiment que les sciences ne sont pas importantes, en partie parce qu’eux-mêmes ont des niveaux scientifiques très bas. C’est d’une certaine façon le même problème que soulevait Monthubert pour la R&D en entreprise française où il n’y a que 13% de docteurs, parce que les dirigeants ne sont pas eux-mêmes docteurs et préfèrent recruter des ingénieurs.

    Sinon, pour aller chercher la science sur le web, je pense que nous avons un rôle à jouer via des organisations type c@fé des sciences, mais l’exercice est difficile car :
    - il est important de bien hiérarchiser l’information et la vulgarisation; les crackpots pulullent sur le web et il est important qu’il y ait des “références”. Je pense que le c@fé des sciences ne s’en sort pas trop mal pour l’instant de ce point de vue-là, mais que se passera-t-il quand il rentrera dans sa future phase d’inflation ? Sans compter qu’on peut tous faire des erreurs….
    - il faudrait en faire pour tous les “niveaux”. Wikipedia est très bien, mais arrive très vite à un niveau universitaire (par exemple il y a certains articles, même en physique, que j’ai du mal à lire !). La quantité de travail à fournir est colossale…

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  5. Tom Roud a dit:

    @ Roberta : merci pour l’info, mais en quoi consistaient les “sciences naturelles” exactement ?

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  6. Roberta a dit:

    Les sciences naturelles étaient (si mes souvenirs sont bons…) en 6eme les grandes fonctions (respiration, reproduction, etc… et un peu d’anatomie), un peu de bio végétale, en 5eme géologie, invertébrés (je me souviens d’une dissection de la moule), paléontologie (nous sommes allées sur le terrain chercher des fossiles), en 4eme ? et en 3eme on reprenait respiration, photosynthèse, biologie animale etc. Bref, que des sciences de la vie (du vivant comme on dit maintenant …).
    Les secondes étaient différenciées, et en seconde C (scientifique) nous n’avions pas de biologie, que physique et chimie (et math bien sur!). La bio recommençait en 1ere pour ceux qui étaient en D, et en terminale pour ceux qui avaient fait C tout du long.
    Mais je parle d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre ;-)

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  7. AubeMort a dit:

    Roberta, est ce que les filières littéraires et sciences éco faisaient de la physique ? J’aurais dit que non.

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  8. Tom Roud a dit:

    De toutes façons, il est à peu près sûr qu’à une certaine époque plus ou moins lointaine, les sciences étaient beaucoup moins enseignées (ce qui explique d’ailleurs le biais vers les humanités du côté de l’élite). Mais il faut peut-être souligner à ce stade que les sciences (et en particulier la biologie) sont probablement les seules matières aujourd’hui dont le corpus de connaissance de base continue de grandir, au point qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour régulière des connaissances enseignées à l’école. Un exemple simple : je suis à peu près sûr que mes parents ont suivi le même genre de cours de maths que moi, en revanche je suis à peu près sûr aussi qu’ils n’ont jamais étudié les propriétés de l’ADN ou du code génétique en classe. Un élève de Terminale scientifique d’aujourd’hui doit en savoir beaucoup plus dans cette matière qu’un élève en Terminale scientifique d’ il y a 30 ans. Et c’est aussi normal et souhaitable dans la mesure où je pense que l’impact des découvertes scientifiques sur la vie des citoyens (particulièrement en biologie) est plus grand maintenant qu’il y a 30 ans (quand je pense qu’il y a 10 ans je ne m’étais jamais connecté sur internet …)

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  9. AubeMort a dit:

    A l’époque on entendait tout de même parler de l’ADN et de la génétique…
    Il faut aussi tenir compte du fait que le volume horaire en lycée est très lourd par rapport à d’autres pays européens et qu’on ne peut indéfiniment continuer à empiler les matières.
    je ne sais pas trop ce que l’élève moyen peut finalement retenir des cours actuels de physique-chimie en seconde (ça me fait parfois penser aux émissions – excellentes au demeurant -de “C’est pas sorcier” …)
    Et on faisait beaucoup plus de maths que tu n’en as fait – 9h par semaine en terminale C -
    Je suis toujours étonnée de voir les étudiants actuels caler sur des calculs qui me paraissent très faciles. je suis bien consciente qu’ils savent des tas d’autres choses, mais le relatif “retard” en maths est vite handicapant. Les TDs conçus il y a 10-15 ans sont difficilement exploitables aujourd’hui. Certaines personnes pensent d’ailleurs que c’est une des raisons de la désaffection actuelle pour les études scientifiques.
    De Gennes avait remarqué dans un de ses bouquins qu’on apprenait très difficilement certains formalismes et méthodes de calcul passé un certain âge.

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  10. Roberta a dit:

    Aubemorte: Après enquète sur le canapé en face du mien, mon Jules (millésime bac 75) qui a fait une filière littéraire a eu de la physique-chimie de la seconde à la terminale. Mais c’était en option au bac. J’étais persuadée, comme toi, que les littéraires ne suivaient pas d’enseignement scientifique.
    Tom: pour ce qui est de la biologie, je ne partage pas ton enthousiasme. Certes, les connaissances ont explosé, mais à tout vouloir enseigner au secondaire, on se retrouve après avec des étudiants ayant des lacunes monumentales. Peut être vais-je faire une analogie foireuse (et peut être fausse) mais ce n’est pas parce que le Théorème de Fermat a été démontré que sa démonstration est passée au programme de math du bac. Mieux vaudrait se concentrer sur les fondamentaux de la biologie que de vouloir enseigner les derniers résultats nobélisés. Je trouve stupide de vouloir enseigner en terminale la recombinaison des Ig, sujet compliqué s’il en est, sans que les élèves aient une base un peu stable en immunologie.
    Quand je croise des élèves de 1ere ou term scientifique au moment de la fête de la science, je constate que ce qu’on tente de leur entrer dans le crane s’apparente plus à un bloubiboulga qu’à des bases sérieuses.
    Le saut qualitatif devrait se faire à l’entrée à l’université. M’enfin, pour ce que j’en dit …

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  11. Tom Roud a dit:

    Si je me souviens bien, en terminale S option maths on faisait dans les 8h de maths par semaine. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir eu des lacunes en maths par rapport à mes aînés; mon père était prof de maths dans le temps, je lui piquais régulièrement ses annales et je faisais sans problèmes les épreuves du BAC C du début des années 80 (dans la limite de ce qui était commun au programme). C’était un tout petit peu plus dur que ce qu’on faisait en classe, mais pas tellement différent qualitativement.

    Pour les programmes de lycée de biologie, j’ai le souvenir de mon directeur de thèse (qui n’est pas spécialement vieux) découvrant le livre de biologie de sa fille, où on parlait beaucoup plus et en détail de biologie que ce que lui-même avait appris, notamment sur des détails de régulation génétique. Je pense que des découvertes récentes comme les micro ARN, les divers épissages alternatifs,… ont vocation à terme à être intégrés dans les programmes.

    Quant à la physique, de mon temps, on commençait en sixième, et on faisait des trucs simples mais qui permettaient de s’initier un peu aux concepts (genre dessiner des circuits électriques, jouer avec des piles). Je crois qu’on écrivait des réactions chimiques assez tôt, genre en cinquième (apprendre la stoechimétrie, c’est important !). Mais bon, je ne suis pas sûr, c’est un peu loin….

    Pour le formalisme en maths, je ne vois pas très bien de quoi De Gennes parle, parce que bon, pour être honnête, avant la prépa, on apprend surtout des recettes de calculs, pas tellement de formalisme ou de trucs vraiment abstraits (genre les groupes et cie). Le calcul, c’est juste une question de connaissances et d’entraînement, je suis à peu près sûr que cela peut s’apprendre à tout âge.[encore qu'il me semble que les terminales S font de la vraie arithmétique maintenant, genre Bezout qu'on ne faisait qu'en prépa à mon époque]

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  12. Roberta a dit:

    Tom, tu donnes un autre exemple qui apporte de l’eau à mon moulin… Je préférerai mille fois qu’au niveau bac les grands principes réplication/transcription/traduction soient connus et compris. Les snRNA, et le splicing alternatif ne me semblent pas essentiels au niveau bac.
    En revanche quand en L3 on doit revenir sur la transcription et la traduction (non, le ribosome n’entre pas sur le promoteur, et j’en passe et des meilleures), j’ai des doutes sur l’utilité d’avoir voulu être exhaustif en terminale…

    [Reply]

  13. Tom Roud a dit:

    Roberta, tu as bien sûr raison, mais ce que je voulais surtout dire c’est que certaines découvertes récentes s’intègrent bien avec ce qui est déjà connu/enseigné en biologie, ce qui n’est pas le cas de la physique par exemple. Et on peut estimer aussi que cela mériterait d’être enseigné, même au niveau secondaire. Dans tous les cas, ce n’est pas en mettant moins d’heures que le “niveau” va s’améliorer.

    [Reply]

  14. david a dit:

    Le probleme de reduction d’heures est-il vraiment un simple probleme d’economie ? N’y a-t-il pas aussi un probleme du nombre d’heures au lycee qui est deja assez eleve ?

    Quelque chose qui m’a beaucoup marque dans l’enseignement scientifique dans le secondaire, c’est la maniere dont les theories sont enseignees en dehors de tout contexte historique. En particulier, les mathematiques et la physique. Je me demande s’il y aurait pas matiere a vouloir aller un peu plus dans ce sens, ne serait-ce que quelques heures dans l’annee (ou en rapport avec d’autres matieres).

    Pour la mise a jour, je pense que c’est quand meme tres difficile. En biologie, il y a un siecle, on etait quand meme assez “primitifs”, et les evolutions recentes en biologie ont ete plus fondamentales qu’en physique ou en maths, non ? Les regles fondamentales de bio ont un siecle, avec l’evolution qui est apparue un peu avant. En maths, meme si les concepts ont ete assis au XIX siecle, tout ce qui est integration/derivation date de plusieurs siecles; pareil pour Newton.

    Un autre point qui me choque dans le systeme francais, et qui peut peut etre jouer, c’est la prevalance de la section S. Les sciences sont devenues un simple moyen de selection; leur contenu n’a peut etre plus beaucoup d’importance (c’est deja le cas en prepa et en ecole d’ingenieur, je trouve).

    [Reply]

  15. Tom Roud a dit:

    @ david : je ne sais pas, moi j’avais quelque chose comme 38 h de cours par semaine au lycée. C’était surement trop, mais si on commence à sabrer dedans, j’ai peur qu’on en revienne à un lycée des “humanités” où la science n’est qu’une option (ce serait vraiment une régression terrible). Et puis, si on pense qu’on enseigne trop au lycée, il y a vraiment urgence à discuter tout cela dans le cadre universitaire aussi; on ne peut certainement pas se permettre de sélectionner encore plus, car il me paraît indispensable aujourd’hui que la plupart des gens aient un minimum de culture scientifique .
    Sinon, pour le contenu, il y a sûrement beaucoup à faire. Personnellement, je pense que l’enseignement des sciences est beaucoup trop “scolaire”, alors qu’il y aurait moyen de faire des choses vraiment plus vivantes, notamment en TP (franchement, gardez-vous un bon souvenir de vos séances de TP de lycée ? pas moi). Il y a aussi de nombreux outils informatiques qu’on pourrait utiliser pour faire de la science…

    Quant aux biais vers les sciences comme moyen de sélection, c’est certain, mais je ne sais pas trop ce qu’on peut y faire pour l’instant…

    [Reply]

  16. hpa a dit:

    Bonjour,
    J’ai 65 ans, je suis entré en 6ème en oct 1954, à l’âge de 10 ans 1/2 après un examen d’entrée avec un problème d’empilage de cubes.
    La physique et la chimie ne commençaient qu’en seconde. J’ai vu des bouquins de physique et chimie pour les petits. On leur fait perdre beaucoup de temps (en classe, s’entend) car ils n’ont pas les acquis mathématiques pour aborder cela comme une science. Cela reste de l’information ménagère.
    Autre chose :
    Je n’ai eu à connaitre des nombres complexes qu’en maths. sup.
    Je savais extraire une racine carrée “à la main”, en faisant une espèce de division.

    [Reply]

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