“Je ne vois pas pourquoi il faut faire S pour faire médecine “

Huh ? (Via Rue89)

D’abord, il est contestable que les maths (ou au moins une certaine agilité avec les chiffres) soient si inutiles. Cette phrase est prononcée à côté d’un ministre qui, rappelons-le, ne sait pas faire une règle de trois, malgré une agrégation en lettre classique. Une règle de trois peut-être bien utile pour doser correctement les médicaments, comme nous l’ont rappelé quelques accidents tragiques l’hiver dernier. Quelques notions de statistiques ne sont pas malvenues non plus, pour interpréter par exemple les résultats d’études de nouveaux traitements …

Ensuite Sarkozy se garde bien d’inclure la biologie dans les disciplines étudiées en S, au contraire des maths ou de la géologie. Mais l’économie (ES), la littérature (L) sont elles plus utiles que les maths pour faire de la médecine ? Tout le monde sait que le problème majeur des maths est qu’elles sont un instrument de sélection. Le problème que je vois dans les positions de Sarkozy est qu’il est totalement contradictoire : d’un côté on tape sur les maths et la Princesse de Clèves, et de l’autre, il y a promotion publique de la prépa et des Grandes Ecoles au détriment de l’université (n’est-ce pas la logique même de quelqu’un comme Richard Descoings ?). Or, la prépa applique la logique de sélection sur quelques matières, poussée à l’extrême. N’oublions pas que les Corpsards des Mines ne sont pas non plus sélectionnés sur leur qualité manageriale, mais sur leur compréhension des Groupes de Galois ou de la relativité générale.

Pour revenir sur la médecine, connaître la biologie est quand même très utile. J’ai oui dire d’ailleurs qu’il y avait des problèmes dans la formation en médecine en France, du fait d’une séparation trop grande entre enseignement et recherche, ce qui peut potentiellement poser problèmes lors de l’application de nouvelles techniques médicales inspirées par les progrès fondamentaux en biologie (par exemple en matière de cellule souche). Il est vrai qu’aux US, les parcours MD-phD (doctorat en médecine, doctorat en science) sont légions, qu’en est-il en France ? Quelqu’un a-t-il un avis là-dessus ?

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Categorie(s): Badinguerie, Biologie, Recherche, Sciences 33 commentaires »

33 Responses to ““Je ne vois pas pourquoi il faut faire S pour faire médecine “”

  1. PetitPiteux

    D’un autre coté, on peut partir du point de vue que une certaines médecine est d’abord du contact humain… Les généralistes ont, la plupart du temps, des rhumes, des rhumatismes et des mots de têtes, dès que c’est plus compliqué, c’est hôpital ou spécialistes. Les bons généralistes sont, au dela d’une compétence technique, ceux qui inspire confiance et rassure.

    Donc dire qu’il serait bon qu’il y ai une certaine diversité dans les recrutements en medecine pourrait être recevable…

    (ou pour les psy par exemple: il me parait évident que gérer “la folie” ne passe pas que par des molécules. Une idée que des études uniquement centré sur le scientifique ne va pas promouvoir…)

    [Reply]

  2. Tom Roud

    Plus j’y pense, plus cela me paraît absurde. Rappelons en parallèle que les mêmes veulent rendre physique-chimie optionnels au lycée. Un médecin qui a un niveau de 3ième en chimie, est-ce normal ?
    De plus, à ma connaissance, la filière S est la seule où on a des TP avancés, qui sont une bonne façon de se confronter à la réalité naturelle non livresque.
    Après, bien sûr que le contact humain est important. Mais ce n’est pas parce qu’on est scientifique qu’on est un robot (encore que…). Et puis la démarche du médecin est par essence une démarche scientifique : observations, hypothèses, traitement, conclusions …

    [Reply]

  3. Ch'Tom

    J’ai récemment croisé un ORL à qui j’ai expliqué les ondes sonores… je ne suis pas retourné chez lui. Je me demandais aussi si des notions de chimie ne serais pas utiles à un médecin…

    Encore une occasion perdue de se taire en somme.

    [Reply]

  4. Aisling

    @Tom: “la démarche du médecin est par essence une démarche scientifique : observations, hypothèses, traitement, conclusions …”
    Oui, mais – l’aspect humain est *vraiment* important comme le signale PetitPiteux et il ne faut pas l’oublier. Pour etre allee chez le medecin plusieurs fois aux Etats-Unis, j’ai ete franchement deboussolee par la pauvrete de l’aspect humain justement. Je pense que c’est principalement du a la peur rampante du procces qui planne sur les cabinets medicaux, mais entendre “ne vous inquietez pas, tout va bien” plutot que “je ne peux rien vous dire” et deux jours plus tard, “a priori aucune annomalie dans les resulats de votre analyse de sang” ca fait une difference non negligeable pour le patient.
    Au dela de ca, je pense que la question n’est pas n’est pas vraiment de savoir s’il faut faire S pour aller en fac de medecine – le fond du probleme, c’est que pour aller en medecine il faut un bagage minimum en calcul, bio et humanites. Or a l’heure actuelle au lycee, la plupart des meilleurs eleves vont en S soit d’eux-meme, soit pousses par les parents ou profs. Resultats, les eleves de S ont statistiquement plus de chance de reunir le bagage minimum requis – pas a cause des programmes, parce que franchement les cours de bio de S sont quand meme tres simples, mais a cause de cette pre-selection aujourd’hui en S, autrefois en “philo”…
    Pour ce qui est des Etats-Unis, justement, il me semble qu’il devrait y avoir une plus grande diversite de formation des medecins dans la mesure ou l’entree en medecine se fait apres le BA – certes, tous ont surement “Bio” en majeure, mais les mineures peuvent etre diversifiees…

    [Reply]

  5. PetitPiteux

    je m’excuse de demander pardon, et ce n’est pas que je me sente une obligation morale à défendre notre président bien aimé (que la princesse de Clève le bénisse jusqu’à la fin de ses jour), mais je vais devoir insister…

    Oui, je pense qu’une diversité d’origine pour la formation médicale est bénéfique pour tout le monde. D’une part, de toute manière, les études de médecine elle-même reste essentiellement scientifique (ce qui est une autre chose que l’on peut remettre en cause, mais c’est un autre débat) et, forcement, vont inclure de la (bio)chimie, et d’autre part, parmi tout les médecins, il y en auras toujours qui seront de vrais scientifique, et qui ne verront jamais de patient que contraint et forcé.

    Précisément, j’ai dans mes connaissances plusieurs cas de médecin qui n’ont pas fait de bac S, ou pour lesquels la médecine n’est pas d’abord scientifique: psys (chiatre, souvent aussi chanalyste) qui ont fait bac philo, ou médecin dans des services de soin palliatif pour lesquels il s’agit d’abord d’histoires humaines, de vrais gens dont les histoires leur tire des larmes aux yeux.

    (et l’absence de formation scientifique en générale, ou une éventuelle disparition de la physique-chimie du lycée sont dramatique et stupide, mais je ne suis pas sur qu’il s’agisse du même problème… )

    [Reply]

  6. Tom Roud

    Oui oui, bien sûr je suis d’accord qu’il y a un aspect humain important pour faire de la médecine.

    Mais ce qui est énervant dans cette histoire (et symptomatique de la personnalité de Sarkozy même), c’est qu’il y a quand même un minimum de bagage à avoir pour être médecin, scientifique notamment, qu’être sympa et compréhensif ça ne suffit pas. PetitPiteux parle des rhumes plus haut : moi je n’attends pas de mon médecin qu’il soigne mes rhumes qui se soigneront tous seuls, j’attends de mon médecin qu’il soit compétent en cas de gros pépin.

    Certes c’est le diplôme de médecine qui va donner le droit de pratiquer ou non. Mais je pense qu’objectivement, on a plus de chances de le réussir avec une formation scientifique. Maintenant, je croyais que l’inscription en Fac était libre, faut-il avoir un Bac S pour s’inscrire en première année de médecine ?

    [Reply]

  7. anne

    Il vaut mieux avoir un bagage scientifique minimum pour faire médecine, vu que l’on étudie la biochimie, chimie organique, biologie, médecine nucléaire ( radioactivité, émission de rayons, radiothérapie ) les statistiques , dynamique des fluides, thermodynamique, physiologie, pharmacologie, pharmacodynamie, virologie, immunologie, bactériologie, les ondes ( sonores ou pas… ) etc..( on étudie un peu de tout.. certes à un niveau probablement “bas “)
    Il est vrai que par la suite, on oublie un peu toutes des matiéres,
    et qu’au bout de 20 ans, ces matiéres ont évolués… mais il est indispensable d’avoir une formation scientifique “minimale” pour être médecin.
    Le coté humain et l’empathie est trés important bien évidemmment, mais cela ne suffit pas; et quand on a ” presque ” tout oublié de ces matiéres , il reste tout de meme quelque chose en arriére fond .. Un mode de raisonnement ?
    On ne peut soigner quelqu’un avec son unique sympathie.

    [Reply]

  8. vf

    Il a raison Sarkozy : faut faire surtout du Latin, pour être médecin, et après les médecins pratiqueront à l’instinct des saignées, avec des lancettes et des sangsues, après avoir miré le méphitisme des urines et la turbidité des humeurs

    [Reply]

  9. Duncan

    D’accord avec ce que dit Tom Roud.
    En fait dans ce genre de débat il y a une confusion. Il y a bien deux questions distinctes.
    Premièrement quelles sont les qualités pour faire un bon médecin. Et là ce n’est pas fromage ou dessert c’est bien des qualités humaines et des connaissances en mathématiques, chimie, biologie, physique. Je passe sur l’aspect indispensable de savoir articuler une raisonnement rigoureux.

    La deuxième question c’est comment on sélectionne les personnes qui ont toute ces qualités. Et là on je suis encore une fois d’accord avec Tom sur la prééminence des mathématiques comme moyen de sélection qui ne sont pas remis en cause pour former des managers. Je pense qu’il y a l’idée que les mathématiques représentent la discipline la plus “pure” pour former au raisonnement.

    Mais je viens de jeter un coup d’oeil au programme de formation des 2 premières années de médecines, je ne vois pas de cours mathématiques proprement dit :
    http://www.univ-lyon1.fr/1195805616215/0/fiche___document/&RH=LS_PCEM1

    Et bien sûr que l’inscription en faculté est tout à fait possible avec n’importe quel bac de n’importe quelle filière. Je crois que Sarkozy confond causalité et corrélation. En constatant que les élèves de S réussisse mieux en médecine, il estime sûrement que c’est parce qu’ils sont passés par S en faisant de l’algèbre et de la géométrie qu’ils réussisse alors que c’est très probablement parce qu’ils avaient le potentiel de réussir qu’ils se sont orientés en S, la « meilleure » filière en terme de signal.

    [Reply]

  10. anne

    VF : et vous oubliez : gouter les urines.. :-)

    [Reply]

  11. Guillaume

    @ VF : Ne méprisons tout de même pas les sangsues en médecine !

    Cela me rappelle, au passage, qu’en 2005, on lisait dans les tribunes libres de journaux de vulgarisation scientifique les mêmes propos que ceux tenus par Sarkozy dans cette vidéo.

    Je constate aussi que les programmes de mathématiques ont été modifiés au cours de la réforme de l’ancien système PCEM 1&2 vers une licence “santé” (LMD), et que dans ce cadre les maths sont plus basiques.

    De même les bases physico/chimiques reprises dans le niveau L1 “santé” permettent à des étudiants venant d’autres bac que le “S” de rattraper le niveau, s’ils sont vraiment motivés.

    Pour le reste, +1 avec PetitPiteux.

    [Reply]

  12. Benjamin

    Petite précision : de mon temps, il existait un bac technologique SMS (sciences médico-sociales, ou pas loin), qui permettait de faire de la biologie et très peu de maths ; à moins que Sarko pense encore au bac D! L’absence de contexte dans cette vidéo me frustre un peu…

    Je pense que l’objectif de cette phrase, ce n’est pas taper sur les maths, c’est rassurer les lycéens sur un point crucial : il n’y aura pas de sélection pour entrer à la fac. La première sélection à laquelle on pourrait penser, c’est d’empêcher les titulaires d’un bac L d’aller en médecine, Sarkosy choisit donc son camp. Là encore, savoir quelle question a amené cette réponse rendrait service.

    Sinon, il faut reconnaître que l’enseignement de maths en médecine est embryonnaire, et qu’il ne servirait à rien d’en faire plus. On a pas besoin de faire de l’algèbre linéaire pour apprendre à conduire un raisonnement ou pour faire une règle de trois. Au passage, l’incapacité à faire une règle de trois n’est pas l’apanage de Darcos, je l’ai vue chez des étudiants de M2de bactério par ailleurs internes en médecine.

    @ Tom, “Un médecin qui a un niveau de 3ième en chimie, est-ce normal ?”
    S’il est médecin, c’est qu’il a réussi ses exams de médecine, donc qu’il un niveau “médecine” en chimie, et qu’il a rattrapé son retard

    [Reply]

  13. Tom Roud

    C’est vrai qu’il manque le contexte

    “il n’y aura pas de sélection pour entrer à la fac”

    Oui, on peut le prendre comme ça, mais cela rentre alors encore une fois dans la logique complètement schizophrénique du discours sur l’université et les Grandes Ecoles . D’un côté, pas de sélection à l’entrée de l’université, de l’autre, promotion des filières hyper sélectives comme ascenseur social.

    “Au passage, l’incapacité à faire une règle de trois n’est pas l’apanage de Darcos, je l’ai vue chez des étudiants de M2de bactério par ailleurs internes en médecine.”

    C’est un vrai problème sachant qu’ils sont internes en médecine comme je le dis plus haut…

    Tu as raison sur le niveau en chimie.

    [Reply]

  14. AsTeR

    Article intelligent ! La vidéo sur Darcos et la division est hallucinante.

    [Reply]

  15. Anya

    Bonjour,

    Concernant les maths, à mon avis, il serait bien qu’on arrête d’en parler comme de la science des chiffres! Tout le propos qu’on entend dans l’audio ci-dessus est totalement faussé par cette image qu’on continue à imposer aux maths. “Faut il être bon en calcul ( alias maths) pour être médecin? “. Et le coup de la règle de trois? C’est ahurissant! Cela montre que le ministre ni la journaliste n’ont pas compris grand chose sur ce que c’est, les maths, et à quoi elles sont utiles. Surtout pas à acheter ses tomates au marche, en tout cas. Les mathématiques c’est le raisonnement d’abord! Elle sont au coeur de l’approche scientifique car elles nous apprennent la rigueur de la rationalité. Un médecin, selon son parcours, ne fera pas peut être beaucoup de calculs, mais il lui est indispensable de maîtriser parfaitement les règles du raisonnement pour conduire son analyse.

    Seulement voilà, les maths sont réduites à l’école aux règles de calcul! “Regardez les enfants, pour faire la règle de trois c’est simple: il faut placer les nombres comme ceci, tracer les lignes comme cela ( très important, le signe de la règle de trois!) et là on multiplie et ici on divise! Et surtout, ne cherchez pas à savoir pourquoi!”. C’est pour cela qu’ils sont incapables tous de la refaire, cette règle! Parce qu’ils n’ont jamais compris pourquoi!

    Concernant la médecine, je pense que oui, les mathématiques, comme d’ailleurs la physique et la chimie, sont utiles pour un médecin. Non seulement pour la raison que je viens d’évoquer mais aussi parce qu’elles offrent un certain nombre d’outils ( statistiques, par exemple) qui peuvent servir dans son travail.
    Seulement, faut-il absolument tout apprendre au lycée? Certains domaines scientifiques, utiles pour l’exercice d’un métier en particulier, peuvent aussi faire partie des enseignements reçus après le bac. Je veux surtout pas dire qu’il faut enlever la physique, la chimie, les maths des programmes du lycée. Mais ne peut on pas admettre que l’objectif au lycée n’est pas d’avoir tout vu (sans rien comprendre véritablement) mais d’avoir compris ce que c’est, les sciences?

    [Reply]

  16. anne

    Je suis globalement d’accord avec vous, anya..
    Cela dépend de ce que l’on appelle mathématiques.. faire des maths pures et dures ( sans finalité, sans application ) en médecine ne sert à  rien, sinon à  perdre du temps.
    Par contre apprendre quelques équations qui serviront plus tard ( ou qui aident à comprendre un raisonnement ) , oui..
    apprendre la physique et ses ” dérivés” : oui.
    Les statistiques ( que je n’ai jamais compris personnellement, peut être parce que c’était du bourrage de crane : apprentissage bête de formules comme cité dans votre ex de règle de trois ) ne servent strictement à rien dans l’exercice courant de médecine générale ( à  part comprendre certains éléments d’articles médicaux ).
    Elles sont utiles aux épidémiologistes dont c’est le travail de faire des statistiques ( ils font de superbes articles avec plein d’équations que le medecin lambda ne comprend pas :) ) et qui ont le temps de colliger des données.
    Il s’agit donc d’une infime partie des médecins.

    [Reply]

  17. anne

    tiens, c’est bizarre, mon texte est plein de sigles inconnus … désolée.

    [Reply]

  18. Tom Roud

    @ Anya :
    J’ai bien conscience que maths et calcul ne sont pas exactement la même chose (c’est pour ça que je parle “d’agilité avec les chiffres”) mais on ne peut pas être bon en maths sans comprendre ce qu’est une règle de trois. Justement parce que comme vous le précisez Anya, pour se souvenir de la façon de faire une règle de trois 40 ans après être sorti de l’école primaire, il faut comprendre ce qu’est une proportionnalité, etc… Et c’est effectivement un raisonnement en soi, élémentaire mais important. Ce qui est pathétique dans la vidéo de Darcos c’est qu’il n’ait aucune idée de la façon dont on fait cela, qu’il ne soit pas capable de retrouver le raisonnement.
    @ Anne : hum, je pense quant à moi qu’il est dommage qu’on n’ait pas une formation plus sérieuses aux stats et aux probas au lycée. On entend régulièrement des choses basées sur des arguments “statistiques” qui sont complètement absurdes. Si les gens connaissaient un peu mieux tout cela, on ne serait pas par exemple inondé de sondages débiles, non significatifs et truqués. Mais bon, c’est sûr qu’on ne peut pas tout faire au lycée.
    Pour les signes cabalistiques, c’est en fait de ma faute, mon wordpress hébergé en Californie n’est pas français friendly et bugge lorsque la captcha est incorrecte.

    [Reply]

  19. david

    La remarque d’Anne concernant les stats est significative. C’est souvent vu comme une matiere rebarbative à grand renfort de tableau, calcul de moyenne et variance – l’enseignement y est evidemment pour beaucoup. Faire comprendre la difference entre corrélation et causation, ce qu’est une probabilité conditionelle, c’est quasiment aussi fondamental qu’une règle de 3 pour moi. Le nombre de gens, y compris avec des diplomes assez avances, qui ne connaissent pas les bases à ce sujet est beaucoup trop important.

    [Reply]

  20. anne

    David, croyez bien que je suis même embétée de ne pas avoir eu une formation de stat un peu plus poussée. Cela m’interresserait d’avoir des notions ou quelques concepts solides. On ne nous expliquait pas les concepts de base, à quoi cela servait … ( pas vraiment.. mais les souvenirs sont loin, c’était en tout cas rébarbatif, et cela ne voulait pas rentrer dans mon cerveau. )
    J’ai appris la corrélation et causalité ( causation est différent ? ) avec jay gould.. :) et sans équation ( et j’ai compris ce qui se passait :) )

    Il parait aussi que la plupart des articles médicaux ( évaluant l’efficacité d’un médicament par ex ) sont faux , à cause de méconnaissance des statistiques.
    A qui peut on se fier ?

    [Reply]

  21. Nicole The Blond One

    Sarkozy utilise un procédé très intéressant et très efficace de rhétorique que l’on pourrait appeler le “Syllogisme Sarkozien” ou Syllosarkozysme”. Ca marche d’ailleurs tellement bien que l’on est presque tous tombés dedans.
    Alors kézako ? Sarkozy a fait un truc très simple mettre sur le même plan des trucs qui n’ont rien à voir. Mieux que cela, il utilise des concepts relevants d’”ordres” différents (au sens philosophique du terme, c’est à dire de sphères qui n’ont rien à voir).
    Donc selon Sarkozy nous aurions le choix pour fabriquer nos futurs médecins entre un paquets de matheux (les bac S) ou bien un groupe de gens avec “des qualités humaines”.

    1. Alors d’abord on a un problème: on compare ici clairement des choses qui n’ont rien à voir. D’un coté une compétence technique et une connaissance, de l’autre un concept moral. Évidemment là réside la force rhétorique. On est toujours enclin à pencher vers la morale, en ce disant: oui, oui c’est vrai que c’est bien d’avoir un médecin “avec des qualités humaines”. [Ca sert à rien de vous cacher derrière votre webcam, on vous a vus tous, même Tom Roud, tomber dans le panneau]. Au passage un autre Syllosarkozisme récent concerne aussi la morale, puisque qu’il faut, vous serez tous d’accord “moraliser le capitalisme”. Pour plus de détail, lire: http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/04/04/01006-20090404ARTFIG00125–peut-on-moraliser-le-capitalisme-.php

    Mais, malgré l’idiotie de la proposition, on peut essayer de le prendre au mot et de vraiment voir ce que ça ferait.

    2. Alors d’accord, on va choisir les gens pour leur “qualités humaines”. Mais vous faites comment les gars, il faudrait m’expliquer, parce que la compétence en maths, physique chimie, bio… on sait faire à peu près. Mais les qualités humaines ????? Essayer d’inventer comment on évaluerait cela au lycée ??? Accessoirement est-ce qu’à 18 ans, on a déjà développé toutes ses “qualités humaines” en devenir. Est-ce que tout le monde l’aura fait de la même façon ? Et puis je suis désolée, c’est un concept moral, donc intrinsèquement immesurable (Comte Sponville a entre autre, ailleurs écrit dessus)

    3. Ensuite la proposition implique un truc assez choquant. Or donc, un matheux serait en soit plus “humainement inadéquat” qu’un littéraire ou bien un économiste. Alors là, je demande à voir. Pas d’accusation gratuite je veux des preuves ! Et savoir à terme si c’est les maths qui rendent asocial, ou les asociaux qui préfèrent les maths à la littérature. Je crois pour ma part, qu’il est très probable que si tant est que l’on puisse vraiment mesurer ses choses, je suis prête à parier que les filières S, ES ou L charrient la même propositions de psychologues nés. Je veux bien qu’on me prouve le contraire, mais il va falloir plus que: “le frère du mari de ma cousine est un super médecin et il a un BTS pâtisserie puis une thèse sur la princesse de Clèves”

    => en somme, il ne nous reste plus qu’à choisir (ou pas) entre les bacheliers S, ES ou L, puisqu’ils sont vraisemblablement équivalents au niveau “qualités humaines”. Et bien à qualités humaines équivalentes, je veux que nos futurs médecins aient à 18 ans le niveau bac S. Sinon quoi: niveau troisième en Bio??? niveau troisième en chimie??? Les maths les moins appliquées possibles, pas de TPs. Mais vous êtes fous. Je soutiens Tom Roud à 100% dans ses arguments. Je lis ici et là dans vos commentaires que le niveau de bio au lycée est nul, ou qu’il n’y a pas assez de stats: oui c’est vrai et j’ajoute que le niveau de chimie est pitoyable, mais il faut PLUS DE SCIENCE, en particulier pour les médecins, certainement pas moins.

    Enfin, c’est débile de toutes façons parce que la réalité, comme c’est dit plus haut, c’est que en médecine, il y a tellement de matière scientifiques indispensables, que les bac S sont terriblement avantagés. Si un L ou un ES arrive à réussir et refaire son retard, super, ça ne me choque pas, mais il devra comme tous avoir le minimum requis pour être médecin et donc apprendre, plus ou moins rapidement, le programme du bac S de toutes façons.

    A moi maintenant de jouer au Syllosarkozisme : pourquoi on n’oblige pas les président de la République à avoir un minimum de bagage en philo ?

    C’est super triste que ce soit un syllogisme, parce que cela nous ferait de sacrées vacances.

    [Reply]

  22. mixlamalice

    Il me semble que tout aurait pu commencer (et s’arrêter) la, parce qu’en fait je comprends même pas pourquoi il y a eu 21 – maintenant 22- commentaires sur le sujet:
    “Enfin, c’est débile de toutes façons parce que la réalité, c’est que en médecine, il y a tellement de matière scientifiques indispensables, que les bac S sont terriblement avantagés. Si un L ou un ES arrive à réussir et refaire son retard, super, ça ne me choque pas. “

    [Reply]

  23. Tom Roud

    Oui, c’est vrai, d’ailleurs l’auteur du billet est vraiment un gros boulet :P

    [Reply]

  24. mixlamalice

    Non, en fait c’est moi qui suis jaloux parce que sur mon blog, ça dépasse jamais les 5 commentaires, à seulement 2 posteurs différents (un autre + moi). Même quand je parle de Sarkozy, c’est dire.

    [Reply]

  25. John78

    Salut a tous

    Revenu moyen d’un médécin de ville = 80 000E brut.

    Source : http://www.csmf.org/index.php?Itemid=86&id=301&option=com_content&task=view

    Vous voyez bien qu’il faut quand même avoir des bases en math quand on est médecin pour gérer sa fortune ;-) Au moins dans la recherche publique on a pas ce soucis vu nos salaires, ca tombe bien j’ai jamais été tres interressé par les math…

    A+
    J

    [Reply]

  26. anne

    Il doit encore s’agir de statistiques à mon avis.. :)
    relisez l’article, informez vous et demandez vous pourquoi seuls 10 % des jeunes qui sortent, veulent s’installer en libéral.

    [Reply]

  27. John78

    C’était juste de l’ironie Anne :-)

    A+
    J

    [Reply]

  28. DM

    Les seuls parcours MD/PhD que je connais en France étaient extrêmement atypiques (normaliens recrutés parmi les étudiants en médecine, d’ailleurs dotés de capacités de travail hors du commun), mais je ne connais pas le sujet plus que cela.

    Plutôt que de s’interroger sur les bacs nécessaires à l’entrée en médecine, on pourrait se demander si la forme actuelle de la première année de médecine (bourrage de crâne sur sujets divers avec concours en fin d’année) est une bonne méthode de sélection.

    [Reply]

  29. NaCl2

    Certaines facs de médecine (Angers par exemple) encouragent leurs étudiants de DCEM à mener en parallèle un Master de sciences (M1 puis M2) avec une vraie composante de recherche. Si je me souviens bien des derniers chiffres (sans garantie), sur des promos d’environ 130 à 150 étudiants, une trentaine maximum saisissent cette opportunité.
    L’INSERM a également une initialtive intéressante, selectionnant sur la France entière une 30ne d’étudiants en médecine, pour leur faire suivre “l’école de l’inserm”, http://www.inserm.fr/fr/rh/ecole_inserm/recherche/index.html.
    Mais que ce soit 30 sur 150 ou pire encore 30 sur l’ensemble des promos de médecins de France, ce n’est guère significatif.

    En m’interrogeant sur la sélection abrutissante après la P1 qui sévit en France au détriment des cursus scientifiques, j’ai un jour posé la question de pourquoi cette solution reste privilégiée par rapport à ce qui se passe dans plein de pays d’une sélection sur dossier après un cycle scientifique classique de 3-4 ans (en gros un L3 validé) : la réponse est semble-t-il que le système actuel est le pus économique et permet de “fabriquer” des médecins à moindre coût “universitaire”, en 8/9 ans, contre 11 ans dans tous les pays qui laissent du temps pour décanter les vocations.
    On ne parle bien sûr pas du coût de tous ceux qui “en échec” après la P1, ne se tourneront pas forcément vers des études scientifiques.
    Et les projets de réforme actuels, quoique prévoyant des passerelles au bout du 1er semestre ou 2e semestre ne changent rien à l’affaire. Quand les passerelles ne vont qu’en un seul sens, de la médecine vers autre chose et non d’autre chose vers la médecine, il y aura des choses à redire.

    [Reply]

  30. Tom Roud

    “Plutôt que de s’interroger sur les bacs nécessaires à l’entrée en médecine, on pourrait se demander si la forme actuelle de la première année de médecine (bourrage de crâne sur sujets divers avec concours en fin d’année) est une bonne méthode de sélection.”

    “la réponse est semble-t-il que le système actuel est le pus économique et permet de “fabriquer” des médecins à moindre coût “universitaire”, en 8/9 ans, contre 11 ans dans tous les pays qui laissent du temps pour décanter les vocations.
    On ne parle bien sûr pas du coût de tous ceux qui “en échec” après la P1, ne se tourneront pas forcément vers des études scientifiques.”

    Je crois que c’est la logique de tout le système français en fait : on sélectionne à toutes les étapes, que cela soit en prépa, en Grandes Ecoles… ou même à la Fac où les taux de passage sont je crois de l’ordre de 60% maximum chaque année, ce qui fait qu’il ne reste plus grand monde en master…. Et dans tous les cas, c’est très bien pour les survivants, mais pour les autres…

    Quant au bourrage de crâne… je me souviens qu’au lycée j’avais dans les 38 h de cours par semaine, sans compter le travail personnel : cela reste une grande caractéristique du système scolaire français de vouloir en faire trop en trop peu de temps.

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  31. Une petite phrase pour Sarkozy, un grand vide pour la science « Procrastinons un peu…

    [...] Ces propos ont été enregistrés puis diffusés sur la toile, c’est via le blog de tom roud que j’ai pu les voir de ma cellule [...]

  32. Pataurul

    Bonjour.

    Le Président dit vrai : pas besoin de faire S pour faire médecine.

    pour beaucoup de facultés de médecine, les maths se résument à quleques heures sur l’ensemble du cursus. Et point de géologie par exemple…

    En médecine, il y a surtout : de la biochimie, de la physiologie, de la biologie cellulaire et de la microbiologie.

    Le SEUL BAC qui propose ça c’est le bac STL Biochimie-Génie Biologique.
    J’y suis prof de BGB.
    Je connais parfaitement le programme de mes élèves et aussi celui des facultés de médecine.
    Ce que nous faisons en 1ere et Terminale est aussi fait en fac de médecine (niveau différent d’apprentissage évidemment).

    Donc pour bien préparer médecine : avoir un bon bac STL BGB est très avantageux (meme si n’importe quel bac suffit). Les élèves que j’ai eus et qui ont fait medecine (et réussi ou pas) me l’ont évidemment confirmé. il suffit de regarder les programmmes…

    La STL BGB est peu connue malgrè un contenu très intéressant pour tous les futurs personnels de santé.

    Cordialement

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  33. Une petite phrase pour Sarkozy, un grand vide pour la science | Procrastinons un peu...

    [...] Ces propos ont été enregistrés puis diffusés sur la toile, c’est via le blog de tom roud que j’ai pu les voir de ma cellule [...]


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