Bingo des sceptiques du climat, version française
Il y a quelques semaines, j’ai eu le sentiment de subir une espèce de déferlante anti réchauffement climatique.
Outre les sorties habituelles d’Allègre, nous avons eu le “plaisir” d’assister à plusieurs interventions d’un nouveau venu sur la scène médiatique, Vincent Courtillot, depuis une conférence à l’université de Nantes jusqu’au 7-9 du week-end de France Inter . De ce côté de l’Atlantique, comme beaucoup, j’ai été stupéfait de constater que les auteurs de l’excellent Freakonomics mangeaient aussi de ce pain-là dans leur volume 2, Superfreakonomics [1] . Un discours que l’on retrouve également sur plusieurs blogs français plutôt sérieux par ailleurs, comme si la climatologie perdait son statut de science pour devenir un sujet politique, contestable par essence.
J’ai tenté d’”évangéliser” [2] là où je pouvais online, mais ai essentiellement perdu mon temps. De dépit, j’ai pris le parti d’en rire et vous propose aujourd’hui en conséquence un
*****BINGO DES ANTI-RECHAUFFISTES ******

(Clic droit pour télécharger/agrandir)
Le principe est simple : à chaque fois que vous participez à un débat sur le réchauffement climatique avec des “sceptiques”, répertoriez les arguments utilisés. Si vous parvenez à remplir une ligne, une colonne ou une diagonale, BINGO !
Bon, on me reprochera sûrement de ne pas être très constructif sur le coup, et quelques cases de la deuxième colonne reflètent mon agacement face aux attaques sur les personnes. Sur le fond et pour être plus sérieux, j’ai du mal à garder mon calme face à l’espèce de monde parallèle dans lequel vivent certains “sceptiques”. Il suffit par exemple d’une photo pour démonter l’argument du Groenland vert. Quand on voit des scientifiques utiliser malgré tout des arguments de ce genre auprès du grand public, il y a de quoi s’interroger. Pour d’autres explications, je vous renvoie à une version anglo-saxonne de ce bingo ou à cette série de billets.
A titre personnel, je suis un type assez simple : je demande toujours aux sceptiques de démonter ce genre de calcul simple montrant que la Terre sans effet de serre ne serait qu’un caillou froid à -20 C. Pour l’instant, je reste sur ma faim, c’est dommage…
[1]Honnêtement, voir des économistes critiquer des prédictions de modèles de méca flu de physiciens a un côté assez surréaliste, surtout en ce moment…
[2] Le terme est adapté, il paraît en effet que croire en ses collègues scientifiques climatologues relève de la religion .
Billets similaires:
- De la stratégie de communication pro et anti sceptiques C’est entendu : les diverses “polémiques” scientifiques récentes dans les media montrent le besoin d’une meilleure information scientifique, et d’aucuns comme Chris Mooney affirment que dorénavant les scientifiques eux-mêmes doivent descendre dans l’agora pour expliquer et défendre la science. Cependant, un problème se pose d’entrée : pour convaincre media et grand public, mieux vaut être [...]...

November 3rd, 2009 at 09:52
Si je puis me permettre, il y a quand même dans la conception “Hulotesque” du réchaufement climatique un certain nombre d’éléments emboités, qui ont tous des degrés de certitude variables. En shorter :
“(1) La Terre se réchauffe depuis une cinquantaine d’années; (2) ce réchauffement global est d’origine anthropique et (3) va dérégler le climat de façon catastrophique; (4) avec des conséquences dramatiques sur la biosphère et (5) sur l’humanité”
Or, d’un point de vue un petit peu externe (je suis géologue, mais pas climatologue, je parle donc d’un domaine qui est voisin du mien mais n’est pas mo coeur de métier), je dirais que globalement, ces 5 éléments ont une probabilité décroissante.
(1) Le réchauffement global depuis 50 ans. Si il y a 15 ou même 10 ans on pouvait encore le nier, en invoquant les biais de mesures, les ilots chauds urbains, etc., il faut maintenant une sacré dose de mauvaise foi pour l’ignorer. En revanche, tout les arguments du genre “les glaciers reculent” ou “il y a une canicule cet été, ça montre que la Terre se réchauffe” sont nuls et non avenus (aussi nuls en fait que “on a eu un hiver froid, ça prouve que la Terre ne se réchauffe pas). En deux mots, c’est la différence entre une moyenne pluri-annuelle globale et une mesure ponctuelle et locale.
==> On balance, je dirais “quasi-certitude”
(2) L’origine anthropique. La dernière fois que j’ai regardé des modèles, le meilleur fit était obtenu par une combinaison de réchauffement anthropique, et de variation à 10-100 ans de l’activité solaire. Donc, composante anthropique très certainement, ce qui ne veut pas dire que la totalité du réchauffement récent est anthropique. D’autre part, il y a quand même un élément troublant, c’est que le CO2 atmosphèrique se corrèle fortement aux paléo-températures du quaternaire (cf. données des carottes de glace), à une époque où l’homme ne transmettait pas de CO2 dans l’atmosphère, ce qui amène à se poser des questions sur le sens de la causalité. Mais les bilans de masse bouclent pas mal entre CO2 atmosphérique et consommation de fuels fossiles, ce qui rend très probable le lien fuels fossiles -> CO2 atmo -> composante du réchauffement.
==> Forte probabilité
(3) Les conséquences sur le climat. Il est probable qu’il y en aura, mais à a connaisance c’est l’élément le moins bien contraint, personne ne sachant vraiment comment un réchauffement global va se traduire en terme de météo locale. Les derniers modèles que j’ai vu sont encore très insuffisants et ne donnent pas de résultats très robustes, même au premier ordre.
D’autre part, si il y aura certainement des conséquences à l’échelle humaine, voire historique, à l’échelle géologique c’est moins sûr. Oui, il y a de fortes chances que nos enfants ou petits-enfants ne connaissent plus jamais le climat que nous avons (par contre je ne sais pas quel climat ils connaîtront). Mais les petits-enfants de Cro-Magnon lors de la dernière déglaciation ont été dans la même situation, des changements importants de climats sont relativement normaux à l’échelle géologique.
==> Assez forte probabilité, donc, de changement “irréversible” à l’échelle humaine. Mais ça ne veut pas dire pour autant que c’est “mal” ou même anormal à l’échelle géologique. Ni irréversible d’ailleurs.
(4) Conséquences sur la biosphère. Je pense que c’est en fait encore moins connu que le point 3 — oui, on peut gloser sur la so-called “6e extinction”, mais la dernière fois que j’en causais avec des paléontologues ce genre de discours avait tendance à les énerver.
D’abord parce qu’il n’y a pas eu 5 extinctions, mais un flux continu d’extinctions avec des pics de quelques millions d’années de large (quand même ! Pour une crise massive et instantanée, ça se pose là).
Ensuite parce que il est en fait quasi impossible d’extrapoler des taux d’extinctions à court terme (10 ans) en taux à long terme (10^5 – 10^6 ans) : en fait on ne sait pas si les, mettons, 10 000 espèces qui se sont éteintes à la fin du Permien ont disparu toutes en une seconde, ou une par an pendant 10 000 ans, ou une tout les 100 ans pendant 1 Ma.
Enfin parce que la causalité anthropique des extinctions est éminement discutable — à l’échelle de 10 000 ans : Ok, le dodo est mort d’avoir été trop chassé. Mais avant l’arrivée de l’homme à Maurice, le dodo était une espèce très fragile, endémique, vulnérable, etc., qui selon toute probabilité n’aurait pas pas survécu plus de 1000 ans. Idem pour les pachydermes je crois (l’exemple m’avait été donné par un certain Gilles Escarguel, MC à Lyon, j’ai un peu oublié les détails) au Tertiaire il y avait une vingtaine d’espèces, il en reste 2 ou 3 : le groupe est manifestement un groupe en voie de disparition depuis 3-4 Ma, les éléphants actuels sont les derniers survivants qui n’avaient pas leur chance à long terme.
==> Donc là aussi, effets à l’échelle humaine quasi-certains; effets à long terme beaucoupl plus discutables.
(5) Conséquences humaines. Le raisonnement hulotesque classique est que tout changement climatique est forcément nuisible pour l’humanité (inondations, etc.). Mais ce n’est pas nécessairement vrai : faire pousser des bananes à New-York et du blé au Yukon, ce n’est pas forcément un mal ! Modifier le régime des pluies, si c’est pour rendre le sahel plus sec ce sera catastrophique; si ça rend la Namibie cultivable en revanche, c’est pas mal. Le problème est que (voir point 2) on ne sait pas tellement dans quel sens les paramètres météo vont varier, c’est donc très dur de faire des prédictions sur ce point. Quoi qu’il en soit, des changements de climat induiront sans doute des changements sociaux, ça c’est assez certain; là encore changement social ne veut pas forcément dire “mauvais” (développer une nouvelle société de pionniers en Antarctique et y créer une nouvele nation ?).
==> Très dur de dire quelque chose de sensé ici; l’un dans l’autre, je dirais, du bon, du mauvais, reste à voir de quel coté la balance penchera.
Le dernier point, un peu à l’extérieur de tout ça, c’est que le discours en 5 points que je présente est vendu comme un tout, comme un bloc; voir l’analyse en terme religieux qu’en font les éconoclastes (http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2007/02/01/741-l-apocalypse-selon-saint-nicolas) — je sais que tu avais répondu à cet article pour exprimer ton désaccord, mais le point est que le discours “réchauffement” est tout aussi anti-scientifique que le discours climato-sceptique, du moins dans sa version Hulot; il ne s’agit pas de réfléchir, mais de croire; d’agir, mais de montrer (cf. les manifestations “350 ppm” dernièrement, avec leurs tracts en quadrichromie sur papier recyclé et leur embouteillage de voitures des particiapnts au voisinage de la manif…. si si, c’était comme ça ici !).
Alors, bingo ?
JF
PS- A part ça, oui, Al Gore est un idiot et Nicolas Hulot un imbécile (un hypocrite plutôt en fait), mais ça n’a guère de rapport…
[Reply]
Tom Roud Reply:
November 3rd, 2009 at 14:36
“Alors, bingo ?”
Bah non, tu n’as que la case “Al Gore est un idiot” !
Sinon, merci d’être constructif, ça fait plaisir en début de fil et risque de tenir les trolls éloignés !
Sur la corrélation avec le CO2, je suis toujours frappé que les gens ne parlent jamais de “rétroaction” dans cette histoire, comme si le système avait une réponse linéaire simple. En fait, Il est vrai qu’une augmentation de température augmente la concentration de CO2, tu as raison, c’est même inclus dans les modèles semble-t-il :
http://tomroud.com/2007/11/01/marge-derreur-et-rechauffement-climatique/
Mais le contraire est certainement vrai aussi, et le forçage anthropique actuel ils est dans le sens CO2=>T. Du coup, très probablement, par un effet boule de neige la concentration de CO2 va augmenter d’autant plus, et certaines incertitudes viennent du fait qu’on ne sait pas exactement quelle va être la magnitude de cette effet boule de neige. D’où l’importance de limiter nos rejets en CO2 malgré tout plutôt que de se laver les mains.
Pour les conséquences humaines, à une époque où l’on renvoie les migrants par charter parce qu’ils ne sont pas nés au bon endroit, où on aime bombarder les pays pauvres, où la bourse spécule sur la bouffe, où on fait pousser du mais pour fabriquer du carburant, etc… je pense que les conséquences vont être plus dévastatrices qu’au Paléolithique, d’autant que Cro-Magnon, lui, avait eu à la fois le temps et la place de bouger. Cela dit, je spécule, je spécule, mais qui te dit qu’il n’a pas massacré Néandertal lors du réchauffement qui lui a permis de coloniser l’Europe ?
Sur la conséquence sur la biosphère, la 6ième extinction n’est pas que d’origine climatique, mais il y a quand même des travaux existants sur l’impact du climat sur l’évolution :
http://darwin2009.blog.lemonde.fr/2009/02/23/changement-climatique-et-evolution/
Après, sur le côté religieux, évidemment qu’il y a des imbéciles de tous les côtés, mais je préfère des imbéciles qui ont un peu raison à des imbéciles qui ont tort. Quant aux éconoclastes, comme certains, j’avais trouvé paradoxal qu’ils s’intéressent aux discours publics sur l’écologie d’un point de vue scientifique dans notre monde actuel où le libre marché comme algorithme d’optimisation appliqué partout est considéré dans le discours public comme l’équivalent scientifique de la théorie de la gravitation de Newton ou de la théorie de l’évolution.
[Reply]
November 3rd, 2009 at 10:21
Hilarant,
tu pourrais rajouter :
et c’est le trou d’ozone qui provoque le réchauffement, et il est en train de se refermer
[Reply]
November 3rd, 2009 at 10:38
Le climato-scepticisme de Vincent Courtillot n’est pas nouveau. Il a même été accusé de pire (http://www.realclimate.org/index.php/archives/2007/11/les-chevaliers-de-lordre-de-la-terre-plate-part-i-allgre-and-courtillot/ ).
Pour une intéressante analyse sur les fondements du climato-scepticisme, je suggère de lire http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=24397 (c’est gratuit mais il faut s’inscrire).
Sur le point 5 de JF. Il n’a pas tort sur le fond : à l’échelle des temps géologiques, les changements qui nous attendent ne sont pas forcément si importants, on en a vu d’autres… Mais c’est un point de vue “de riche”. Depuis le dernier grand changement climatique, la population mondiale a considérablement augmenté, et les dégâts humains et sociaux augmenteront d’autant. Il n’y a que certains écologistes fondamentalistes pour s’en réjouir.
Par ailleurs, les pays industrialisés (nous) ont accéléré (au minimum) le réchauffement ; globalement, ils pourront s’adapter (ce sont les plus riches). Les régions les plus pauvres et les plus peuplées de la planète, qui n’auront quasiment pas contribué à ce réchauffement, sont aussi les plus sensibles climatiquement. Qui paiera pour y éviter des catastrophes? Il y a
[Reply]
November 3rd, 2009 at 11:48
Plutôt qu’un point de vue de riche, c’est un point de vue de pays tempéré, il est vrai que tout laisse penser que les pays tropicaux seront atteints de façon plus négative que les pays tempérés. Evidemment le hasard fait que c’est à peu près corrélé…
(Ah oui, sinon Courtillot c’est le bras droit d’Allègre, donc pas de surprise ici !)
(la captcha, toujours pleine d’à propos, me propose “survived”…)
[Reply]
November 3rd, 2009 at 12:29
@ Luc Allemand
Je n’ai pas trouvé de date pour situer l’interview de Naomi Oreskes. De quand date-t-il ? Quand a-t-il été publié dans La Recherche ?
[Reply]
Luc Allemand, La Recherche Reply:
November 3rd, 2009 at 13:51
Décembre 2008.
[Reply]
November 3rd, 2009 at 12:38
Spéciale dédicace à la riche l’intervention de J.F qui a le mérite de recadrer le problème au niveau scientifique, au delà du bien et du mal, et de la moralisation suitante de politique qui en découle.
MAIS le réchauffement global est un sujet qui concerne l’espèce humaine dans sa totalité, et notre devoir est de protéger les plus faibles de ses conséquences néfastes – les écolos fundi sont, eux, plus darwiniens dans leurs concepts.
Le réchauffement climatique est donc un problème moral et politique autant que scientifique.
J’aime bien la contradiction.
[Reply]
November 3rd, 2009 at 14:29
my two cents, pour répondre aux points de JF
2) personne ne dit que le que le CO2 est le “seul” acteur du réchauffement – mais le facteur majoritaire, surtout sur la seconde moitié du XXè siècle, l’ensemble des forcages jouant (voir le graph du GIEC que je mettais ici par exemple http://iceblog.over-blog.com/article-16827312.html). On peut ajouter qu’il y a aussi dans le “pattern” du réchauffement récent des indices qui vont dans le sens de l’attribution au CO2.
Pour les ères glaciaires/interglaciaire du dernier million d’années, le fait que CO2/CH4 soit un facteur de rétroaction dans un processus piloté essentiellement par les variations d’insolation d’origine orbitales (Milankovitch) n’invalide en rien le fait qu’à notre époque ca puisse être un forcage direct si nous l’injectons directement dans l’atmosphère.
3) les conséquences climatiques d’un réchauffement global sont de moins en moins bien cernées et robustes au fur et à mesure qu’on réduit l’échelle spatiale, c’est vrai – il y a quand même des régions où le signal inter-modèle est un minimum robuste il me semble: par exemple, assèchement en Méditerranée, Australie, Afrique Australe, augmentation des précipitations aux hautes latitudes, etc…
4) et 5) pour les impacts sur les écosytèmes et sur nos sociétés, c’est le grand flou c’est vrai – et vu la complexité des processus à modéliser (le vivant et le social, ca se met moins bien en équation que la dynamique des fluides…), et les incertitudes sur le climat en amont, ca sera longtemps comme ca. Ne pas sous estimer quand même l’importance d’un climat a peu près stable à laquelle les sociétés sont “adaptées” – autant s’éviter un grand saut dans l’inconnu…
La position du GIEC la-dessus il me semble reste qualitative, en-dessous de 2°C l’impact du réchauffement sur l’agriculture par exemple sera neutre ou positif, au-dessus, négatif.
ps: rien à voir non plus, je n’ai rien à dire sur l’imbécilité éventuelle d’Hulot, mais par contre l’homme me semble sincère dans ses inquiétudes.
[Reply]
November 3rd, 2009 at 16:46
Courtillot avait fait une conférence à l’espace PG-DeGennes à l’ESPCI il y a un ou deux ans, ça avait fait jaser. Je n’étais pas là, mais apparemment c’est un bon orateur qui met le doute dans le cerveau de pas mal de gens, même avec un bagage scientifique.
Après, je suis assez réservé sur l’idée du bingo (il y en a pour les sexistes chez FSP, son cheval de bataille). Il y a dans les cases des arguments qui peuvent être recevables ou au moins discutés (pour prendre un des exemples les moins techniques, que Al Gore se pose en héros à peu de frais alors qu’il n’est pas forcément vraiment eco-friendly dans son comportement: http://www.snopes.com/politics/business/gorehome.asp). Sûr, si on part avec la conclusion que celui qui l’émet est un anti-réchauffement climatique, ça risque de bloquer…
Cela dit, j’avais suivi ton “dialogue” sur je sais plus quel blog et je peux comprendre: quand un mec te cite comme parole d’évangile un papier de “New Journal of Physica Acta B: Symposium Series”, ça devient pas facile.
En fait, les “sceptiques” fonctionnent tous pareil, quel que soit le sujet (on peut lire les Assassins de la mémoire de Vidal-Naquet pour s’en rendre compte): les milliers de documents scientifiques qui prouvent une théorie sont tous incorrects ou falsifiés, les trois contre-exemples ou exceptions et les deux papiers “scientifiques” pondus le plus souvent par des obscurs étrangers au domaine sont une preuve incontestable.
[Reply]
November 3rd, 2009 at 17:01
ice: Merci des précisions, il est vrai que j’ai pas (re)fait de biblio tout récemment sur la question donc je n’étais pas à la page sur tout les points. Les rétroactions en particulier…
A une époque on parlait pas mal des CFC comme gaz à effet de serre potentiellement importants (dans le bouquin de André Berger, donc début des années 90), où-en est-on sur ce point maintenant ?
[Reply]
November 3rd, 2009 at 18:26
Je crois tout à fait nécessaire de lire ce petit dossier, d’y réfléchir et de recouper les sources et informations qu’il contient AVANT de poursuivre sur le sujet :
http://www.pensee-unique.fr/theses.html
… mais je me trompe peut être et, dans ce cas, les mises au point sont naturellement bienvenues !
[Reply]
ice Reply:
November 3rd, 2009 at 19:42
si j’étais toi, zulunation, je lirais visiblement avec beaucoup de prudence ce concentré de pot-pourri de condensé d’essence de blogosphère climato-sceptique, qui mélange allègrement tout et n’importe et quoi dans le plus grand désordre, pourvu que ca aille de près ou de (très) loin dans le sens des “convictions” de l’auteur… heureusement que le charabia pseudo-scientifique et sa mauvaise foi rigolote n’incite pas à y accorder trop de crédit – car autrement on perdrait un temps fou à vouloir debunker méticuleusement l’ensemble du site…
[Reply]
November 3rd, 2009 at 18:28
@jf:
ben d’après l’IPCC, les CFC, et plus largement les “Halocarbons”, ca reste important, genre le 3ème GES derrière CO2 et CH4 (devant N2O) mais les bénéfices du protocole de Montréal se font sentir: les émissions ont bien diminué (mais les concentrations ne diminuent que lentement, en fonction des durées de vie des différents gaz).
” The effect of the Montreal Protocol on these gases has been substantial. IPCC/TEAP (2005) concluded that the combined CO2-equivalent emissions of CFCs, HCFCs and HFCs decreased from a peak of about 7.5 GtCO2-eq yr–1 in the late 1980s to about 2.5 GtCO2-eq yr–1 by the year 2000, corresponding to about 10% of that year’s CO2 emissions due to global fossil fuel burning.”
et:
” The other major CFC (CFC-12), which is the third most important LLGHG, is finally reaching a plateau in its atmospheric levels (emissions equal loss) and may have peaked in 2003. Its 100- year lifetime means that it can decrease by only about 1% yr–1 even when emissions are zero. The levelling off for CFC-12 and approximately linear downward trends for CFC-11 and CFC- 113 continue.”
http://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar4/wg1/ar4-wg1-chapter2.pdf
pp141-145
[Reply]
November 5th, 2009 at 18:24
Il ne faut pas caricaturer !
Petite remarque, on parle à propos du climat de la température, du Co2, du méthane et bien entendu des glaciers.
Je m’occupe d’agriculture et de suivre les marchés agricoles mondiaux. Je suis donc forcément dans le bain tous les jours. Anticiper et prévoir les récoltes est donc important. Celles-ci sont influencées par le climat. Pour 2003 Ã 2007 l’évolution du climat donnait raison à Al Gore. Depuis c’est beaucoup moins évident. Les cultures sont en retard en Amérique du Nord, on ne parvient pas à les récolter suite au froid de l’été et de l’automne. Elles ont été affectées par le neige et il a neigé très tôt. En Amérique du Sud les semis sont en retard suite à un temps plus froid. On donne à cela deux explications l’activité solaire et l’Oscillation de l’Atlantique Nord.
Les observations agricoles on n’en parle jamais, mais on aime le spectaculaire.
Comme la fonte des glaces en été.
Essayons de parler du Climat avec des faits, sans caricature. Celui-ci est devenu un enjeu économique majeure. Il faut rester vigilant par rapport aux discours simplistes.
[Reply]
Tom Roud Reply:
November 5th, 2009 at 18:59
Justement, votre commentaire illustre bien le problème dans ces débats. On ne peut pas débattre du climat en commentant une courbe d’évolution de température sur deux ans. Le climat, c’est les tendances lourdes, sur des décennies voire des siècles; le changement climatique, vous le verrez entre le début et la fin de votre carrière au mieux. Se tenir à ce qui se passe cette année pour réfuter le réchauffement climatique n’a pas de sens, c’est exactement comme se baser sur la météo.
[Reply]
mixlamalice Reply:
November 5th, 2009 at 19:05
Ca me fait penser à ces reportages d’investigation sur le changement climatique où le journaleux interviewe trois papies sur le thème “ah ben je me souviens pas qu’il ait fait aussi chaud (ou froid ou plu) depuis au moins 50 ans”.
Et ça, ça dit des choses.
[Reply]
JF Reply:
November 6th, 2009 at 09:11
J’aurais du mettre un point (0) à mon baratin plus haut :
(0) Les glaciers du Groenland fondent et on a eu une canicule en 2003, ce qui montre que (1) la Terre se réchauffe, etc.
Mais du coup le point (0) était le moins probable, ça casse toute la logique de mon plan ! (qui a dit “déformation d’agrégé” ?)
[Reply]
November 7th, 2009 at 04:01
A lire les commentaires j’ai l’impression qu’on ne connaît pas précisément les conséquences d’un réchauffement climatique ou plutôt qu’on ne puisse pas les prédire avec certitude
d’où ma question : quel est l’intérêt des discours “apocalyptiques” ?
[Reply]
Tom Roud Reply:
November 7th, 2009 at 14:05
Bravo Samy, case du milieu !
Vous me rapelez ces industriels qui affirment qu’il n’y a pas de danger prouvé pour tel ou tel produit (comme disaient les fabricants de cigarette il y a 40 ans), sous entendant qu’il est prouvé qu’il n’y a pas de danger. La logique est effectivement fallacieuse et l’argument n’est que rhétorique.
De la même façon, ne pas savoir exactement ce qui va se passer de grave ne signifie pas qu’il ne va rien se passer de grave. On parle de changer le *climat*, ce truc fondamental pour des détails comme notre agriculture ou notre approvisionnement en eau. Et en l’occurence, on a déjà des petites indications des futurs problèmes : aller donc voir ce qui arrive aux îles Tuvalu
http://www.cyberpresse.ca/environnement/climat/200910/19/01-912589-les-refugies-climatiques-du-pacifique-un-probleme-urgent.php
L’apocalypse pour ces gens, il est bien réel et c’est demain.
[Reply]
November 8th, 2009 at 23:22
Si le doute scientifique est un devoir, je remarque que les lobbyistes ne répondent pas aux arguments scientifiques mais aux clichés médiatiques… Jusqu’à amalgamer le Groenland et le pôle nord !
De leur point de vue, c’est logique ceci dit : une campagne médiatisée (même injuste) fait potentiellement plus de tort à Exxon et à GMC que des kilos de statistiques météorologiques ou des colloques.
Ce que le public devrait comprendre c’est que même s’ils étaient de bonne foi, on ne pourrait pas faire confiance à Philips Morris pour nous causer du tabac ni à General Motors pour nous expliquer que leur produit est naturel. Ils sont intéressés, donc soit ils sont de mauvaise foi soit ils s’abusent eux-mêmes, soit les deux.
Je pense que l’insistance sur le réchauffement se fait cependant au détriment d’autres problèmes écologiques tels que l’empoisonnement de l’air, de l’eau et de la terre par des métaux lourds et des molécules pénibles diverses et variées.
[Reply]
November 11th, 2009 at 16:48
On peut ajouter une case “C’est la faute aux chinois” ou son corolaire politiquement correct “le problème climatique est d’abord démographique”.
[Reply]
November 13th, 2009 at 16:07
Tiens, je pense que ça t’intéressera: un mail que j’ai reçu aujourd’hui, tu l’as peut-être eu aussi si tu es membre de l’APS.
Dear APS Member:
As you may have already heard, the Council of the American Physical
Society, at its meeting on November 8, overwhelmingly rejected a
proposal to replace the Society’s 2007 statement on Climate Change with
a version that raised doubts about global warming.
etc.
Plus d’infos ici apparemment (je lirai tout à l’heure): http://www.aps.org/publications/apsnews/200910/climate.cfm
[Reply]
November 19th, 2009 at 16:13
Il manque une petite case “complot” dans le bingo (le GIEC est un lobby politique est la case qui s’en rapproche le plus). J’ai entendu pas mal de fois (je fréquente pas mal de jeunes rebelles qui aiment Thierry Meyssan) que tout ça c’était un complot des gouvernements pour réduire nos libertés. Cet argument s’applique certes à tout ce qui est un peu difficile à comprendre, mais dans le cas précis, même en supposant que c’est vrai, je vois mal en quoi un “complot” dont le but serait la décroissance et un nouveau type de société serait un mal…
Sinon, très bon hors-série du Courrier International sur le sujet.
[Reply]
November 21st, 2009 at 22:04
salut Tom,
je suis vraiment pas un spécialiste mais cette lecture m’a troublé qu’en pense tu ?
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/11/20/AR2009112004093.html?hpid=sec-nation
[Reply]
November 29th, 2009 at 02:14
De la croissance verte au greenwashing et maintenant la taxe carbone, je pense les gens commencent à avoir marre de l’écologie et son de fait beaucoup plus receptifs qu’avant au discours des sceptiques. Sans oublier la crise …
Si on ajoute à ça les milliers de climatologues de jardin eu quête d’un peu de gloire qui innondent les discutions usenet de leurs théories, il devient effectivement impossible de se faire entendre dans un discours disons, plus raisonnable …
[Reply]
December 21st, 2009 at 16:03
@Tom Roud
Traiter par la dérision et le mépris le climato-scepticisme est à mon avis une grave erreur. L’esprit scientifique, c’est de toujours douter. Or, il y a de plus en plus de raisons de douter.
Ce que je comprends de vos différents Post, c’est que vous avez envie de croire au réchauffement enthropique, même s’il est non avéré par les faits. Ce serait d’après vous de toute façon la meilleure chose pour l’homme et la nature. Quand on considère que la fin justifie les moyens, que le mensonge est valide s’ilpermet d’aller dans la “bonne” direction, on entre dans le totalitarisme.
Je pense d’ailleurs que vous avez tord, car on parle ici de milliards de dollars qui pourraient être utilisés différemment de la manière dont les tenants du réchauffement le proposent.
Vous faites de la politique, de l’écologisme, peut-être êtes vous un partisan de la décroissance économique? C’est votre droit, mais on peut aussi considérer comme tout aussi délirant ce type de choix politique.
Lisez avec l’esprit ouvert le site donné par un posteur (www.pensee-unique.fr) et vous verrez qu’au-delà de l’aspect sans doute “ludique” de ce site, la personne qui le tient est un véritable scientifique, et présente des faits incontestables qui devraient au moins vous déranger.
Bonne lecture
[Reply]
Tom Roud Reply:
December 21st, 2009 at 19:05
Non. Je ne doute pas de tout un tas de choses, depuis la théorie de la gravité d’Einstein jusqu’à la mécanique quantique. Elles seront peut-être dépassées un jour, mais je suis sûr que les théories plus générales qui en émergeront les incluront. Le doute scientifique, ce n’est pas croire tout et son contraire par ouverture d’esprit. Cela dit, si vous tenez tant que ça à exercer votre doute, appliquez-le à ce site web pensee-unique, que j’ai parcouru, et qui est l’un des meilleurs concentrés de la bouillie sceptique habituelle argumentée de façon pseudo-scientifique. Moi, je préfère lire des vrais publis scientifiques.
Ce billet est évidemment destiné à tourner en dérision les arguments des sceptiques, oui. Mais comme je le dis, je suis fatigué que les gens qui n’y connaissent rien étalent avec une morgue desagréable leurs avis sur les scientifiques, la façon de faire de la science, et accusent les scientifiques de faire de “l’écologisme”, du “totalitarisme” ou je ne sais quoi encore comme stupidité crasse pour les décrédibiliser. Les scientifiques ne sont surement pas parfaits, mais je trouve insupportable cette façon de mépriser des communautés scientifiques entières, de gens compétents, qui doutent effectivement à chaque instant, qui contrôlent ce qu’ils font, et qui sont bien obligés de conclure à l’origine humaine du réchauffement devant l’accumulation des faits. Je suis scientifique, je connais la science : si les sceptiques de tout poil prenaient autant de soin dans leurs vérifications et étaient aussi nuancés dans leurs affirmations que ce qu’on doit faire en science au quotidien, ils seraient totalement minoritaires et inaudibles. C’est insupportable pour moi de voir des gens pareils avoir la prétention de venir donner des leçons de science sur internet. Entre parenthèse, je trouve aussi insupportable cet espèce de nouvel argument humanitaire apparu récemment, comme quoi on pourrait consacrer l’argent à autre chose, comme un cache-sexe à égoisme sociétal chronique et aux discours du genre “font chier les écolos”.
Je crois en la science, je crois qu’elle est source de progrès, je crois que si elle se trompe parfois elle est capable de s’auto-corriger, et, sur ce que je comprends et je sais, je trouve qu’aucun climato-sceptique, même se prétendant scientifique, n’a jamais avancé le moindre argument vraiment convaincant allant à l’encontre des théories actuelles, qui elles sont cohérentes et supportées par les données. A chaque fois que j’ai essayé de creuser sérieusement des arguments sceptiques, je n’ai trouvé que du vide, de l’incompétence en physique, de l’analphabétisme quantitatif ou de l’auto-contradiction, ce qui me renforce dans mon idée de faire confiance aux spécialistes.
Et oui je fais de la politique d’une certaine façon, mais pas comme vous le pensez, ici, il s’agit d’essayer de contrer tous ces gens qui croient que la science, c’est quelque chose de mou et relatif, qui sont prêts à croire n’importe quel charlatan qui les brosse dans le sens du poil, qui croient qu’une litanie d’arguments stupides sur internet est une preuve, qui croient qu’on peut modéliser sans faire de physique, etc …
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November 3rd, 2009 at 08:29
[c@fé] #science Bingo des sceptiques du climat, version française http://bit.ly/3nNQKK
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November 3rd, 2009 at 12:08
Bingo des sceptiques du changement climatique http://bit.ly/30162a (de @tomroud)
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November 3rd, 2009 at 17:37
Mauvais esprit : le bingo des sceptiques du climat http://bit.ly/3nNQKK
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November 3rd, 2009 at 22:07
Le bingo des sceptiques du réchauffement climatique http://bit.ly/30162a #science #humour
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November 8th, 2009 at 23:24
Le bingo des lobbyistes soi-disant sceptiques, chez Tom Roud : http://tinyurl.com/yfnefpn
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November 20th, 2009 at 22:00
J’adore : le bingo des sceptiques du climat http://tomroud.com/2009/11/03/bingo-des-sceptiques-du-climat-version-francaise/
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