Archives pour la catégorie ‘Lecture’

La fin de mon enfance

Tuesday, March 18th, 2008

Arthur C. Clarke est mort.

Reste-t-il encore des écrivains de la grande époque de la SF, celle des soucoupes volantes, de la guerre froide et d’avant les premiers vols spatiaux?

Qui sont les successeurs de ces géants ? Simmons ? Greg Bear ? Robert Charles Wilson ? (si vous avez des conseils de lecture, n’hésitez pas ;) )

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Lecture : The God Gene

Saturday, March 8th, 2008

Revue d’un livre sorti en 2004 tentant de répondre à la question suivante : y a-t-il une part de génétique dans le sentiment religieux ?
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Lecture : en quête d’éternité

Friday, February 22nd, 2008

Dans le style polar/SF en phase avec les découvertes scientifiques actuelles, Greg Bear est en train de devenir l’un de mes auteurs favoris …
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BD

Wednesday, February 20th, 2008

Physique et biologie a New York.

Génétique comportementale.

J’adore Boulet

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Lecture : Bernard Werber et l’intelligent design

Sunday, December 16th, 2007

Je n’avais pas lu du Bernard Werber depuis des années et l’ultime secret, roman ma foi fort distrayant. Je ne m’attendais pas à m’énerver autant en lisant les deux premiers tomes de la trilogie des Dieux …
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Lecture : L’oeuf transparent et Jacques Testart

Friday, August 24th, 2007

Comme vous avez pu le constater, je m’intéresse beaucoup ces derniers temps à l’éthique dans les sciences, suite notamment aux polémiques récentes sur les OGM. J’avoue être très candide dans la matière; pour parfaire mon éducation, j’ai récemment lu le livre de Jacques Testart, L’oeuf transparent, dont je vous propose aujourd’hui un petit résumé suivi de quelques réflexions.

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Geekeries du dimanche VI : Harry Skywalker

Sunday, July 29th, 2007

Avertissement : ce billet contient beaucoup de SPOILERS sur Harry Potter 1 à 7.

Maintenant que la série des Harry Potter est terminée, il nous est possible de faire une analyse un peu plus détaillée de la structure de l’histoire.
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Total HS : Azkaban au Canada

Thursday, July 19th, 2007

Voldemort

Attention, SPOILERS Harry Potter 1 à 6 !

The one with the power to vanquish the Dark Lord approaches…. Born to those who have thrice defied him, born as the seventh month dies… and the Dark Lord will mark him as his equal, but he will have power the Dark Lord knows not… and either must die at the hand of the other for neither can live while the other survives… The one with the power to vanquish the Dark Lord will be born as the seventh month dies….

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Détente : Evolution et Science fiction

Thursday, May 17th, 2007
L’actualité récente et mes voyages en avion aidant, je me propose de faire une petite liste (subjective et très incomplète) de mes romans préférés de sciences fiction ayant abordé l’évolution sous une forme ou une autre. N’hésitez pas à suggérer d’autres titres ou nouvelles : je suis toujours intéressé par ce genre de littérature !

  • Asimov dans son cycle Fondation aborde le sujet de manière détournée. L’apparition spontanée d’un humain évolué mutant, le Mulet, met complètement par terre le plan Seldon. C’est assez amusant comment l’évolution, aléatoire, imprévisible, s’oppose ici à la psychohistoire déterministe, sorte de super économie prédictive. Quant au Mulet, l’un des personnages les plus étonnants de l’univers d’Asimov, comme tout bon mutant, il ne peut avoir de descendance humaine, d’où son nom…
  • Dick a abordé le sujet dans une nouvelle, l’homme doré, ayant récemment inspiré un film (que je n’ai pas vu, mais qui n’a pas l’air très fidèle). L’homme doré dispose à la fois d’un instinct (qui lui permet d’anticiper le futur) et d’une puissance sexuelle surdéveloppée au détriment de son intelligence, ce qui lui assure une adaptation tout à fait remarquable. La nouvelle est très intéressante, et va complètement à l’encontre de la corrélation entre marche vers l’intelligence et évolution : Dick suggère explicitement que l’homme futur se débarassera ainsi de son intelligence, devenue totalement inutile.
  • Hyperion est l’un de mes cycles préférés. Simmons a manifestement été très inspiré par Teilhard de Chardin, inventeur notamment du concept de “Noosphère“. Teilhard décrit l’évolution comme une marche vers ce qu’il appelle le “Christ Cosmique”; Simmons nous raconte en fait cette marche dans la deuxième partie du Cycle à partir d’Endymion. J’avoue que la première fois que j’ai lu Hyperion, ces références scientifico-mystico-religieuses m’avaient un peu échappées, mais après relecture d’Hyperion et lecture de certains livres de Teilhard, je n’ai plus aucun doute : Simmons est très sérieux, et Hyperion est probablement le premier roman qu’on pourrait labelliser “Intelligent Design” : par exemple, les Tombeaux Du Temps, Moneta et le Gritche, remontant le temps pour, en quelque sorte, “porter la bonne parole”, ne sont pas sans rappeler certaines théories farfelues déjà évoquées dans ces pages.
  • Plus récemment, on peut citer L’Echelle de Darwin et les Enfants de Darwin de Greg Bear. Ces deux romans sont basés sur l’idée qu’ un virus aurait pu faire évoluer Neandertal vers Sapiens, et réactivé, faire atteindre à Sapiens un stade encore supérieur. Romans distrayants à défaut d’être exceptionnels.
D’autres suggestions ?

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Lecture : six impossible things before breakfast

Friday, April 27th, 2007

Lewis Wolpert s’interroge dans ce livre sur l’origine évolutive de la croyance. Qu’est-ce que “croire” ? Qu’est-ce qui dans l’évolution a pu sélectionner cette faculté de “croire” ?

Selon Wolpert, la croyance si spécifique à l’homme est intimement liée à une faculté spécifique qu’il appelle la “croyance causale” (”causal belief”). Piaget a autrefois montré que les jeunes enfants développent très rapidement cette faculté, qui consiste essentiellement en une compréhension intuitive de la physique : un jeune enfant comprend très vite que le monde est composé d’objet solides qui gardent leur cohésion, que si une balle est mise en mouvement, elle continuera a priori sur sa trajectoire sauf si on l’arrête, que deux objets peuvent interagir uniquement s’ils se touchent. Et oui, nous avons tous en fait une compréhension intuitive de la mécanique galiléenne !

Les animaux ne disposent en revanche pas de ce mécanisme de pensée, sauf rares exceptions. Par exemple Wolpert cite une expérience d’un certain Povinelli. Des chimpanzés devaient utiliser des bâtons pour faire sortir de la nourriture d’un tube. Les bâtons étaient de différentes formes, tailles, textures, et une compréhension basique de la “mécanique” permet de choisir le bon bâton. Les chimpanzés n’arrivent à trouver le bon outil qu’en les essayant tous un à un, au contraire d’enfants qui utilisent leur intuition du monde pour choisir directement le bon bâton. Wolpert cite ainsi plusieurs exemples qui montrent que si les animaux peuvent apprendre par essai/erreur, ils ne disposent pas d’une intuition physique du monde au contraire de jeunes enfants. Wolpert propose que cette intuition du monde est nécessaire et suffisante pour fabriquer des outils complexes : pour concevoir un outil, il faut en effet se projeter dans l’avenir, imaginer en amont comment les différentes pièces vont s’assembler pour former un outil efficace. Des singes peuvent apprendre assez facilement par observation et essais/erreurs à utiliser un caillou pour ouvrir des fruits, mais ils ne peuvent concevoir des outils complexes peu susceptibles d’être conçus “au hasard”, ou des outils “secondaires” pour concevoir d’autres outils.

Wolpert propose que tout ce qui fait la spécificité de l’homme repose sur cette matrice de pensée causale. Par exemple, il explique que la conception d’un outil nécessite la maîtrise d’une grammaire : il faut ordonner, agencer les choses pour concevoir des outils. Du coup, il est possible que le développement du langage soit cosubstantiel de cette faculté de concevoir des outils : le langage ne ferait que recycler les structures cérébrales associées. Ainsi les enfants montrent-ils les objets avant de parler, ce qui signifie que la compréhension physique du monde précède la maîtrise de l’oral. Au contraire, le langage en lui-même n’est pas nécessaire pour concevoir des outils : dans une expérience, des chercheurs ont enseigné à deux groupes d’ étudiants à fabriquer des outils préhistoriques. Dans un groupe, l’enseignant donnait des explications orales à ce qu’il faisait. Dans l’autre groupe, l’enseignant se taisait et les étudiants n’apprenaient la “grammaire” de la conception que par imitation. Aucun des deux groupes ne se distinguait particulièrement ensuite lorsqu’il s’agissait de reproduire l’outil.

Venons-en maintenant au sujet spécifique du livre : la croyance. Une fois que l’homme a intuité la causalité, il n’a pu s’empêcher de chercher des causes à tous les mécanismes (p83) :

Humans were now thinking about the causes involved in all sort of activities : hunting, food gathering, social relationships, illness, probably dreams, and even life and death itself. Thus (…) is the origin of what we now call beliefs.

Wolpert propose que l’homme ne peut s’empêcher d’utiliser sa compréhension de la causalité pour chercher des explications, et y croire, d’où la religion, la croyance au paranormal, mais aussi la science ! Les chapîtres qui suivent sont assez impressionnants et s’efforcent de démontrer comment notre fonctionnement cérébral est intimement lié à noscroyances. Quelques effets bien connus sont décrits : une fois que nous croyons quelque chose, nous avons tendance à éluder les éléments qui vont contre cette croyance et à exagérer les éléments qui vont dans ce sens. Plus impressionnant : nous avons une soif spontanée de croyance qui nous pousse à construire des nouvelles interprétations, de nouvelles causalités même si nous ne disposons que d’informations très partielles. Cet effet est si fort qu’il peut mener à la “confabulation” : l’existence d’une croyance irraisonnée (une “delusion”), fermement ancrée contre l’évidence amène à réécrire l’histoire et à créer spontanément de faux souvenirs, de fausses explications, des fables, pour coller aux croyances. Wolpert cite l’exemple d’un confabulateur convaincu d’être un maître des échecs russe. Aux docteurs qui lui faisaient remarquer qu’il ne savait ni jouer aux échecs, ni parler russe, le patient répondait qu’il avait été hypnotisé pour oublier sa langue maternelle ! Ce qui est effrayant est qu’il n’y a pas de ligne très claire séparant les croyances traditionnelles de ces “delusions”, même chez des individus parfaitement normaux. Ainsi, 10 à 15% de la population ont eu des hallucinations, et 20% des gens ont des symptômes de delusions … Un résumé de la puissance de notre faculté à croire se trouve en conclusion du livre (p220):

Our belief engine, programmed in our brains by our genes, (…) prefers quick decisions, (…) is bad with numbers, loves representativeness, and sees patterns where often there is only randomness. It is too often influenced by authority and it has a liking for mysticism.

Le développement spécifique de la croyance religieuse est selon Wolpert une conséquence de ce fonctionnement spontané du cerveau. Il propose une explication plus “évolutionniste” de l’existence d’une religion. Croire en un être suprême est gage de cohésion sociale, est bénéfique au groupe car il met en place des solidarités et donne un avantage évolutif à celui-ci. Même à l’échelle individuelle, il est avéré que les gens religieux sont plutôt plus heureux que la moyenne. Wolpert compare également les différentes religions, et soulève quelques lièvres intéressants. Ainsi, il observe l’existence de “convergences” religieuses, de la même façon qu’il existe des convergences évolutives. Il semble ainsi que les sociétés basées primitivement sur l’élevage (comme la société juive primitive) développent des théories religieuses similaires, s’intéressant plus au quotidien qu’à l’au-delà. Malheureusement, ce chapître potentiellement intéressant n’est à mon avis pas assez développé. (Sur un sujet un peu similaire, voire le billet récent de dvanw sur la coévolution gène-culture).

J’ai beaucoup aimé ce livre, très riche et bourré de références, même si je trouve que par moments il y a un effet “catalogue”. Les théories sont intéressantes et interpellent vraiment sur la notion de croyance et de libre-arbitre. Il est fascinant de voir à quel point l’homme est esclave de ses propres croyances, ce qui est assez effrayant en période de campagne électorale !

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