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	<title>tomroud.com &#187; Recherche</title>
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		<title>Pourquoi les climatologues ne collaborent pas (tous) avec des statisticiens</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jul 2010 01:23:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom Roud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences]]></category>

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		<description><![CDATA[Tout occupés à l&#8217;affaire Woerth, les media de la patrie des Lumières et de Claude Allègre ne relatent guère les développements récents de l&#8217;affaire des e-mails volés à l&#8217;unité de Recherche pour le Climat (affaire nommée &#8220;Climategate¨ par les &#8220;climato-sceptiques&#8221;). Souvenez-vous : il y a quelques mois, au moment même de la conférence de Copenhague [...]


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tout occupés à l&#8217;affaire Woerth, les media de la patrie des Lumières et de Claude Allègre ne relatent guère les développements récents de l&#8217;affaire des e-mails volés à l&#8217;unité de Recherche pour le Climat (affaire nommée &#8220;Climategate¨ par les &#8220;climato-sceptiques&#8221;).<br />
<span id="more-3793"></span><br />
Souvenez-vous :  il y a quelques mois, au moment même de la conférence de Copenhague sur le climat, une pile d&#8217;e-mails d&#8217;éminents chercheurs des sciences du climat se sont retrouvés &#8220;hackés&#8221; et publiés sur le web. De nombreuses fourmis climato-sceptiques se sont alors mises en quête de preuves d&#8217;erreurs, de manipulations ou de malversations de la part des chercheurs. On ne sait trop comment, le buzz ainsi créé a atteint les plus hautes sphères de certains états, notamment le Royaume-Uni, qui a alors diligenté plusieurs enquêtes indépendantes permettant d&#8217;évaluer les pratiques des scientifiques aux missives électroniques volées [1].</p>
<p>Le <em>Guardian</em> a tenu une chronique régulière de ces enquêtes, via <a href="http://www.guardian.co.uk/environment/blog/2010/jul/07/hacked-climate-science-emails-climate-change">ce blog</a> et plusieurs autres articles (comme <a href="http://www.guardian.co.uk/environment/2010/jul/07/climategate-review-clears-scientists-dishonesty">celui-ci</a>). Les conclusions sortent ces jours-ci. En bref, les climatologues en sortent complètement blanchis, toute hypothèse de malhonnêteté ayant été écartée :</p>
<blockquote><p><a href="http://www.uea.ac.uk/mac/comm/media/press/CRUstatements/SAP">&#8220;We saw no evidence of any deliberate scientific malpractice</a> in any of the work of the CRU and had it been there we believe that it is likely that we would have detected it,&#8221; the review concluded. &#8220;Rather we found a small group of dedicated if slightly disorganised researchers who were ill-prepared for being the focus of public attention. As with many small research groups, their internal procedures were rather informal.&#8221;
</p></blockquote>
<p><a href="http://www.guardian.co.uk/environment/2010/jul/06/hacked-climate-science-emails-climate-change"> Mais on peut lire également certaines critiques méthodologiques</a>. L&#8217;un des points me paraissant intéressant est le suivant :</p>
<blockquote><p>
The review did state, though, that there were &#8220;important and unresolved questions&#8221; related to the availability of environmental data sets, and that it was &#8220;very surprising&#8221; that CRU&#8217;s research &#8220;not been carried out in close collaboration with professional statisticians&#8221;.</p></blockquote>
<p>Pourquoi donc les scientifiques du climat ne collaborent pas avec des statisticiens professionnels ? Plusieurs raisons sont possibles, mais j&#8217;ai mon idée, nourrie de mon expérience personnelle.</p>
<p>On vante souvent les mérites de l&#8217;interdisciplinarité (entre la physique et la biologie, ou pourquoi pas entre les statistiques et le climat). Comme si, systématiquement, un problème interdisciplinaire pouvait représenter un challenge majeur et équivalent pour deux disciplines simultanément. Or, c&#8217;est en réalité rarement le cas. La plupart du temps, une question interdisciplinaire est une question cruciale pour une seule discipline, mais nécessitant des compétences essentiellement techniques dans l&#8217;autre discipline. Par exemple, en biologie, le développement des marqueurs fluorescents a suscité des questions techniques pour la physique, depuis la mise au point de microscopes jusqu&#8217;à celle des algorithmes de traitement d&#8217;images. Mais si les questions posées par la biologie sont cruciales, celles pour la physique peuvent se résumer parfois à une application relativement standard de techniques déjà développées par ailleurs. Dans le cas de l&#8217;analyse du climat, le &#8220;challenge&#8221; des climatologues est dans la collecte des données, la mise au point des proxys, la modélisation, etc&#8230; mais on peut penser ensuite que la mise au point de tests statistiques relève plus de la technique statistique usuelle.</p>
<p>Le problème, c&#8217;est que la structure et les incitations du monde de la recherche sont très peu adaptées à ce type de collaborations. Un physicien ou un mathématicien n&#8217;obtiendra probablement pas <a href="http://tomroud.com/2008/02/13/la-tenure-track/">sa tenure</a> en construisant des microscopes pour biologistes ou en appliquant des algorithmes d&#8217;analyse d&#8217;images pour la biologie. Un statisticien ne développera pas de méthodes innovantes s&#8217;il doit s&#8217;occuper à temps plein à appliquer pléthore de tests statistiques sophistiqués certes mais néanmoins classiques aux données climatiques. Du coup, il n&#8217;est guère surprenant de voir que les climatologues ne collaborent pas avec des statisticiens : ils n&#8217;ont probablement trouvé personne d&#8217;assez compétent pour traiter ces données sans mettre sa carrière dans les statistiques entre parenthèse.</p>
<p>Ce qui manque en somme dans le monde de la recherche aujourd&#8217;hui, de plus en plus orienté par des &#8220;projets&#8221;, c&#8217;est un sens de l&#8217;intérêt général qui accepterait et valoriserait le fait que des scientifiques appliquent leurs compétences purement techniques pour aider à la  résolution d&#8217;un problème hors de leur champ disciplinaire. Mais cela demanderait probablement d&#8217;accepter beaucoup plus de butinage dans les carrières, des financements plus importants pour &#8220;entretenir&#8221; une masse de scientifiques plus techniciens, etc&#8230; Toutes choses qui ne collent pas vraiment avec l&#8217;envahissant paradigme de <a href="http://tomroud.com/2008/12/03/la-science-doit-elle-etre-rentable/">la science rentable</a>. </p>
<p>[1] je ne peux m&#8217;empêcher de voir quelques similitudes avec l&#8217;affaire Woerth, lancée par des écoutes pirates de conversations privées.</p>
<img src="http://tomroud.com/?ak_action=api_record_view&id=3793&type=feed" alt="" />

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		<title>Revues scientifiques : à quand la fin du travail gratuit ?</title>
		<link>http://tomroud.com/2010/06/14/revues-scientifiques-a-quand-la-fin-du-travail-gratuit/</link>
		<comments>http://tomroud.com/2010/06/14/revues-scientifiques-a-quand-la-fin-du-travail-gratuit/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 Jun 2010 02:30:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom Roud</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Université]]></category>

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		<description><![CDATA[En ces temps de discussions sur les modèles économiques de la presse, un bras de fer intéressant a lieu entre l&#8217;Université de Californie et Nature Publishing Group. Le monde des revues scientifiques pourrait relever d&#8217;un fantasme pour patron de presse traditionnelle : Imaginez un monde où les producteurs de contenu (i.e. les auteurs d&#8217;articles) doivent [...]


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En ces temps de discussions sur les modèles économiques de la presse, un bras de fer intéressant a lieu entre l&#8217;Université de Californie et Nature Publishing Group.<br />
<span id="more-3668"></span><br />
Le monde des revues scientifiques pourrait relever d&#8217;un fantasme pour patron de presse traditionnelle :</p>
<ul>
<li>Imaginez un monde où les producteurs de contenu (i.e. les auteurs d&#8217;articles) doivent prendre en main quasiment de A à Z non seulement l&#8217;écriture de leurs articles, mais aussi leur mise en forme et mise en page fine (figures et équations incluses). Le tout gratuitement au mieux &#8211; le pire étant que les auteurs doivent parfois payer pour être publiés.</li>
<li> Imaginez maintenant que les auteurs abandonnent tout droit sur leur article au groupe de presse.</li>
<li> Imaginez un même monde où les relecteurs des articles ne sont pas des employés des journaux, mais des experts des sujets abordés débusquant sans pitié la moindre erreur pour améliorer au maximum la qualité des articles. Gratuitement là encore.</li>
<li>Imaginez que tout cet ensemble de travailleurs gratuits voient leur avancement de carrière, leur réputation, conditionnés à la publication de ces articles dans ces revues, <em>de facto</em> incoutournables.</li>
<li> Imaginez  que ces revues soient non seulement en état de quasi-monopole (pour les plus prestigieuses),  mais encore quasi-assurées de vendre leurs numéros à un lectorat qui ne peut se passer du contenu publié pour son travail.</li>
<li>Imaginez que la &#8220;révolution&#8221; Internet n&#8217;ait absolument pas entraîné quelque baisse de coût que ce soit pour les &#8220;consommateurs&#8221;, que les gains de productivité faits sur la production et la communication des articles n&#8217;aient entraîné aucune remise de prix, mais au contraire &#8230; une multiplication de ces revues, devenues bien moins cher à produire d&#8217;autant que la majorité des lecteurs se passe d&#8217;une version papier et se contente concrètement d&#8217;un abonnement online.</li>
<li> Imaginez enfin que le lectorat captif, les auteurs d&#8217;articles et les relecteurs soient en réalité les mêmes personnes, dont, cerise sur le gâteau la subsistance et le travail sont le plus souvent assurés directement ou indirectement par de l&#8217;argent public (i.e. vos impôts).</li>
</ul>
<p>Dans ce contexte, un conflit qui annonce peut-être le chant du cygne de ce &#8220;business model&#8221;  fait rage depuis une grosse semaine. A ma gauche, le systèmes des UC, universités de Californie, publiques et financées par les impôts des Californiens. A ma droite, l&#8217;un des plus gros et des plus prestigieux groupes de publication de revues scientifiques, le NPG, Nature Publishing Group, qui publie comme son nom l&#8217;indique la très connue revue Nature.</p>
<p>Tout commence le 4 Juin dernier. <a href="http://libraries.ucsd.edu/collections/Nature_Faculty_Letter-June_2010.pdf">Les bibliothécaires de l&#8217;université de Californie envoient une lettre à tous leurs chercheurs/professeurs</a> les informant du nouveau tarif imposé par le NPG pour la licence d&#8217;accès aux 67 revues de leur abonnement, concrètement une augmentation de 400 % .</p>
<p>L&#8217;UC est outrée, en particulier car elle n&#8217;est pas exactement n&#8217;importe qui pour le NPG : durant les 6 dernières années, ses chercheurs ont publié 5300 articles, dont 638 rien que dans la revue Nature. A cela s&#8217;ajoutent tout le travail éditorial et de relecture gratuit décrit plus haut; une analyse révèle que rien que pour la revue Nature, les gains réalisés par le NPG sur la travail (gratuit) des chercheurs de l&#8217;UC se montent à 3 millions de dollars par an. Bref, dans le genre &#8220;vache à lait&#8221; en terme de contenus, on peut difficilement faire mieux que l&#8217;UC.</p>
<p>Estimant cette augmentation de 400 %  injustifiée et inacceptable -d&#8217;autant plus qu&#8217;elle vient à un moment où les universités de Californie sont frappées très durement au porte-monnaie du fait de la faillite de l&#8217;état californien, l&#8217;UC en appelle en représailles à des mesures drastiques : le boycott. Boycott non seulement de la lecture des revues, mais encore de tout le travail gratuit décrit plus haut, depuis l&#8217;écriture d&#8217;article jusqu&#8217;à la relecture des articles des autres chercheurs.  Une petite révolution, et une première à ma connaissance.</p>
<p>Commence alors un échange de lettres (publiques). NPG, sentant le danger, publie d&#8217;abord une <a href="http://www.nature.com/press_releases/cdl.html">lettre de réponse sur son site web</a>. NPG révèle alors qu&#8217;il était en &#8220;négociation&#8221; sur les prix avec l&#8217;UC depuis la fin de l&#8217;année dernière, et accuse l&#8217;UC de présenter le problème de façon erronée, voire avec une certaine mauvaise foi. Le problème (de son point de vue) est que l&#8217;UC bénéficie d&#8217;une remise de près de &#8230; 88% sur le prix de l&#8217;abonnement. NPG estime désormais cette remise ingérable et inacceptable  (&#8220;unsustainable&#8221;) et veut la ramener à environ 50%. Et souligne que le prix moyen par article téléchargé payé par l&#8217;UC est &#8220;seulement&#8221; de 0.56 $.</p>
<p>L&#8217;UC riposte le 10 Juin, <a href="http://news.sciencemag.org/scienceinsider/University%20of%20California%20Response%20to%20Nature%20Publishing%20Group.pdf">dans une nouvelle lettre.</a> UC souligne alors qu&#8217;en période de vaches maigres, elle n&#8217;a aucune raison de se laisser faire en acceptant une augmentation soudaine de 400% de ses frais de licence. D&#8217;autant plus qu&#8217;on apprend que ces mêmes frais ont déjà augmenté de 137% entre 2005 et 2009 !</p>
<p>L&#8217;UC met ensuite les pieds dans le plat dans cette lettre, affirmant en somme que :</p>
<ul>
<li>une augmentation de 400% suivant une augmentation de 137% est injustifiable à l&#8217;ère du tout digital [1]</li>
<li>si les autres universités paient beaucoup plus que l&#8217;UC, c&#8217;est qu&#8217;elles paient tout simplement trop eu égard du &#8220;service&#8221; reçu</li>
<li>le travail &#8220;gratuit&#8221; effectué par ses chercheurs pour NPG devrait peut-être, un jour ou l&#8217;autre, être pris en compte dans ces fameuses licences d&#8217;accès.</li>
</ul>
<p>Bref, l&#8217;UC campe sur ses positions et ne va pas se laisser faire par le NPG. Fight !</p>
<p>Nous verrons comment cette affaire tournera, mais peut-être marquera-t-elle un tournant dans l&#8217;économie des revues scientifiques. On savait depuis quelques temps déjà que les revues scientifiques étaient sur la sellette, là, entre l&#8217;UC et NPG, c&#8217;est un choc de titan qui s&#8217;annonce.</p>
<p>Le problème fondamental, comme esquissé dans ce billet et <a href="http://blogs.berkeley.edu/2010/06/10/the-nature-kerfuffle-boycott-the-business-model-not-the-price/">expliqué par Michael Eisen sur le blog des professeurs de Berkeley</a>, est que le système actuel n&#8217;est tout simplement plus viable. Trop de travail gratuit côté chercheur, trop de coûts irréalistes côté éditeurs. Car on sait tous désormais qu&#8217;il y a des alternatives : Eisen est notamment l&#8217;un des fondateurs de  <a href="http://www.plos.org/">Public Library of Science </a>(Plos), ensemble de revues en accès libre et gratuit à but non lucratif qui marche assez bien. L&#8217;UC invite d&#8217;ailleurs ses chercheurs à se tourner vers ce genre de solutions.  Par ailleurs, les pouvoirs politiques qui financent la recherche se rendent compte des abus de gros éditeurs privés et commencent à bouger de leur côté : ainsi le congrès américain a-t-il voté une loi qui impose que les articles rendant compte de recherches financées par les organismes dépendant de l&#8217;état fédéral (concrètement, la plupart des recherches) soient disponibles en accès libre pour tous (après un délai). Loi qui a obligé les revues scientifiques à  plier devant les exigences politiques.</p>
<p>De belles batailles en perspective donc; en ce qui me concerne, je ne suis toutefois pas complètement convaincu par Plos <a href="http://tomroud.com/2009/08/06/les-scientifiques-sont-ils-plus-malins-que-les-blogueurs/">pour les raisons évoquées dans ce billet</a>. En bref, l&#8217;avantage des revues est qu&#8217;elles font &#8220;naturellement&#8221; un classement des papiers, une hiérarchie très utile lorsque se multiplient les publications, ce que n&#8217;est pas forcément capable de (bien) faire un modèle online basé sur des commentaires et des votes de popularité. La solution, à mon avis, passera plutôt par une évolution des associations de scientifiques éditrices de revues, comme l&#8217;AAAS qui édite la prestigieuse revue Science, ou encore l&#8217;APS qui édite Physical Review. N&#8217;étant pas à proprement parler à but lucratif, ayant aussi une forte base &#8220;démocratique&#8221; via leurs adhérents, elles me paraissent plus à même de trouver un modèle en accès libre plus juste et plus acceptable pour la communauté scientifique, tout en gardant les avantages (en terme de prestige et d&#8217;histoire) de revues comme Nature éditées par les gros groupes privés.</p>
<p><strong>Autre référence :</strong></p>
<p><a href="http://news.sciencemag.org/scienceinsider/2010/06/university-of-california-conside.html">Le compte-rendu de Science sur le sujet</a></p>
<p>[1] surtout quand on voit <a href="http://tomroud.com/2010/02/25/lavenir-de-la-publication-scientifique-la-diapo-powerpoint/">l&#8217;avenir de la publication scientifique préparé par le NPG</a></p>
<img src="http://tomroud.com/?ak_action=api_record_view&id=3668&type=feed" alt="" />

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</ol></p>]]></content:encoded>
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		<title>Nuages sur le recrutement des chercheurs</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Apr 2010 12:44:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom Roud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette semaine ont lieu pendant quelques jours les derniers oraux de recrutement CNRS, pour une commission interdisciplinaire. Comme chaque année, quelques dizaines de candidats devaient converger à Paris à leurs frais pour venir raconter pendant un petit quart d&#8217;heure leurs recherches passées et futures, dans l&#8217;espoir que ce petit quart d&#8217;heure leur permettra d&#8217;en finir [...]


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette semaine ont lieu pendant quelques jours les derniers oraux de recrutement CNRS, pour une commission interdisciplinaire.<br />
<span id="more-3462"></span><br />
Comme chaque année, quelques dizaines de candidats devaient converger à Paris à leurs frais pour venir raconter pendant un petit quart d&#8217;heure leurs recherches passées et futures, dans l&#8217;espoir que ce petit quart d&#8217;heure leur permettra d&#8217;en finir avec leur post-doc et leur assurera un sésame vers un poste de recherche à vie. Comme chaque année la compétition est féroce : le ratio candidats/poste dans ces commissions interdisciplinaires est beaucoup plus haut que dans les commissions &#8220;normales&#8221;, grosso modo 30 à 50 pour 1.</p>
<p>Cependant, contrairement aux années précédentes, un événement a empêché la venue de nombreux candidats : l&#8217;éruption volcanique en Islande a en effet coupé les lignes internationales. Les &#8220;locaux&#8221; n&#8217;auront aucun problème pour rejoindre Paris, mais les nombreux post-doc à l&#8217;étranger en sont réduits soit à faire une croix sur le concours, soit à s&#8217;engager dans un périple européen en passant par exemple par l&#8217;Espagne épargnée pour rejoindre Paris en voiture (si tant est qu&#8217;ils aient pu avoir des billets d&#8217;avion à temps). Bon courage à eux&#8230;.</p>
<p>Particulièrement cette année, ces événements mettent en lumière le caractère archaique de l&#8217;un des concours majeurs pour le recrutement des chercheurs en France.  Le concours du CNRS serait parfait s&#8217;il était à &#8220;vocation&#8221; régionale ou nationale, avec un nombre relativement faible de candidats, eux-mêmes relativement peu avancés dans leurs carrières. Or, aujourd&#8217;hui, c&#8217;est tout le contraire : le concours du CNRS est très international (par la nationalité de ses candidats ou leur provenance), est devenu massif en terme de nombres de candidats, et avec l&#8217;abandon de la limite d&#8217;âge il y a quelques années, les candidats recrutés deviennent mécaniquement de plus en plus seniors en moyenne. </p>
<p>On pourrait objecter que malgré ses défauts, ce concours reste &#8220;juste&#8221; (ou équitable)  et est capable de discerner les &#8220;meilleurs&#8221; candidats. Je ne rentrerai pas dans ce débat houleux, tout juste me contenterai-je de souligner que les considérations plus diverses ne sont certainement pas étrangères au recrutement quand la masse de candidats ayant le &#8220;niveau&#8221; est bien plus importante que le nombre de postes ouverts. On pourra aussi constater que la nature même du concours très ouvert thématiquement dans chaque section ne favorise pas nécessairement le développement de très nouvelles pistes de recherche mais plutôt une espèce de statu quo scientifique, on entend tous des histoires du genre &#8220;tu me donnes un candidat dans la sous-discipline X, je t&#8217;en donnerai un dans la sous-discipline Y&#8221;. Cela explique peut-être la force du CNRS dans des disciplines très traditionnelles (telles que la physique et les maths) et sa relative faiblesse ou son manque de réactivité dans d&#8217;autres domaines plus récents.</p>
<p>J&#8217;avais déjà témoigné de ce qui se passait en Amérique du Nord <a href="http://tomroud.com/2008/02/13/la-tenure-track/">(voir mon billet spécial sur le sujet</a>). Plus proche de nous en terme de &#8220;principe&#8221; et de taille, on pourrait s&#8217;inspirer aussi du fonctionnement de la Royal Society britannique dans sa sélection des &#8220;fellows&#8221;. Les candidats envoient un court dossier (projet limité à 2 pages, 2 lettres de recommandation, 1 budget, 1 résumé scientifique, 1 résumé vulgarisé, 1 lettre de soutien de l&#8217;université). Ce dossier est ensuite relu par les pairs au cours de deux cycles de revues, qui permettent de sélectionner les meilleurs candidats (et donc d&#8217;écrémer les 75% de candidat qui de toutes façons n&#8217;auraient eu aucune chance). Enfin, les candidats restant sont interviewés de façon totalement informelle (les membres du jury doivent avoir lu les projets), ironiquement, la videoconférence est même recommandée pour les candidats à distance.</p>
<p>Il ne serait pas tellement difficile de transposer le système à l&#8217;anglaise au système français. De fait, c&#8217;est un système assez proche de ce qui se passe pour les auditions de projets type CDD jeunes chercheurs qui se multiplient en ce moment en France. On pourrait aussi imposer des règles du type &#8220;un candidat auditionné au plus par labo&#8221; qui réduiraient considérablement la masse des candidats présentés. En fait, si on trouvait un moyen de faire une présélection (soit par le CNRS, soit par les labos eux-mêmes), on aurait tout le loisir de mieux évaluer les candidats et de dépoussiérer ainsi un concours dont les structures fleurent un peu trop la troisième République.</p>
<p>Notons pour finir que du fait des problèmes dans le transport, <a href="http://www.liberation.fr/monde/0101631011-les-compagnies-aeriennes-insatisfaites-reclament-l-ouverture-d-au-moins-quelque-couloirs-de-navigation">si j&#8217;en crois Libération à 12h45</a>, Chatel vient de reporter certains concours de l&#8217;Education Nationale. Peut-être serait-il judicieux d&#8217;en faire de même pour les concours de chercheurs naturellement plus internationaux.</p>
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		<title>Devoir de réserve et recherche : le paradoxe français</title>
		<link>http://tomroud.com/2010/04/12/devoir-de-reserve-et-recherche-le-paradoxe-francais/</link>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2010 23:32:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom Roud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recherche]]></category>

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		<description><![CDATA[Je découvre en retard, via Ligne jaune, les détails de l&#8217;affaire Jean-Hugues Matelly, cet (ex ?) gendarme, chercheur associé au CNRS. Si je comprends bien les faits, le 20 Décembre 2008, Matelly cosigne une tribune parue dans Rue89, synthèse d&#8217;un article plus complet paru dans une revue universitaire. Sa hiérarchie en a pris ombrage, et [...]


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je découvre en retard,<a href="http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2883"> via Ligne jaune</a>, les détails de l&#8217;affaire Jean-Hugues Matelly, cet (ex ?) gendarme, <a href="http://www.cesdip.fr/spip.php?article329">chercheur associé au CNRS</a>.<br />
<span id="more-3457"></span><br />
Si je comprends bien les faits, le 20 Décembre 2008, Matelly cosigne une tribune parue dans Rue89, synthèse d&#8217;un article plus complet paru dans une revue universitaire. Sa hiérarchie en a pris ombrage, et les choses sont allées très loin puisque Matelly a fini par être radié de la gendarmerie (son gagne-pain) <a href="http://www.rue89.com/2010/03/25/radie-de-la-gendarmerie-pour-avoir-publie-une-tribune-sur-rue89-144519">pour manquement au devoir de réserve</a>.</p>
<p>Au-delà des aspects plus politiques et très français du bridage de la liberté d&#8217;expression [1], il me semble important de souligner un paradoxe, voire une hypocrisie certaine de ce Grand Corps d&#8217;Etat qu&#8217;est la gendarmerie. Le but, l&#8217;expression finale de toute recherche réside dans la publication de ses travaux. Une publication étymologiquement publique. Donc, à partir du moment où la Gendarmerie autorise, voire &#8220;encourage&#8221; selon Rue89 certains de ses membres à effectuer des travaux de recherche, il me semble tout à fait incompréhensible qu&#8217;elle invoque le devoir de réserve dans ce cas, puisque l&#8217;activité normale d&#8217;un chercheur est de publier ses résultats et ses réflexions (qu&#8217;ils plaisent ou non à sa hiérarchie).</p>
<p>On me rétorquera que<a href="http://www.rue89.com/2008/12/30/la-gendarmerie-enterree-a-tort-dans-lindifference-generale"> l&#8217;article en question</a> était plus une tribune qu&#8217;un travail universitaire.  C&#8217;est oublier qu&#8217;un travail universitaire peut tout à fait refléter une opinion forte, si elle est correctement argumentée, ce qui me semble être le cas de cette tribune.  En réalité, cet épisode révèle une vision assez technique (voire &#8220;technocratique&#8221;) de la recherche de la part de la Gendarmerie (et probablement d&#8217;autres corps de l&#8217;Etat) : comme si faire de la recherche revenait simplement à faire des mesures sans opinions ou sans modèles, comme si des statistiques brutes et desorganisées pouvait émerger &#8220;naturellement&#8221; une vérité brute et nécessairement dénuée de contenu plus &#8220;politique&#8221;. Alors que, comme le disait<a href="http://www.wired.com/magazine/2009/10/ff_waronscience/"> Paul Offit dans cet excellent article de wired</a> :</p>
<blockquote><p>
Scientists, bound only by reason, are society’s true anarchists
</p></blockquote>
<p>Et il me semble clair que la Gendarmerie, incapable d&#8217;assumer cette contradiction manifeste avec le devoir de réserve, a agi de façon irresponsable et injuste dans le cas Matelly.</p>
<p>[1] Je crois que mon séjour aux US m&#8217;a définitivement convaincu de l&#8217;utilité de Premier Amendement, surtout quand on voit en parallèle comment l&#8217;Etat français judiciarise son encadrement des critiques publiques.</p>
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		<item>
		<title>Le Ponzi de la recherche US</title>
		<link>http://tomroud.com/2010/03/02/le-ponzi-de-la-recherche-us/</link>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 18:48:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom Roud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Université]]></category>

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		<description><![CDATA[Via John Hawks, un article très intéressant sur la &#8220;crise&#8221; des vocations scientifiques aux Etats-Unis. L&#8217;article lui-même est volontairement un peu brouillon et assez long, mais est à mon avis très juste. Il est particulièrement intéressant de constater que les mêmes problèmes se posent en France par exemple. Selon l&#8217;article, le gros problème n&#8217;est pas [...]


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Via <a href="http://johnhawks.net/weblog/topics/meta/science-jobs-us-benderly-2010.html">John Hawks</a>,<a href="http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=does-the-us-produce-too-m"> un article très intéressant sur la &#8220;crise&#8221; des vocations scientifiques aux Etats-Unis.</a><br />
<span id="more-3358"></span><br />
L&#8217;article lui-même est volontairement un peu brouillon et assez long, mais est à mon avis très juste. Il est particulièrement intéressant de constater que les mêmes problèmes se posent en France par exemple.</p>
<p>Selon l&#8217;article, le gros problème n&#8217;est pas qu&#8217;il manque de scientifiques, mais qu&#8217;il manque de perspectives réelles de carrière pour les scientifiques :</p>
<blockquote><p>
 The great lack in the American scientific labor market, he and other observers argue, is not top-flight technical talent but attractive career opportunities for the approximately 30,000 scientists and engineers—about 18,000 of them American citizens—who earn PhDs in the U.S. each year.</p>
<p>“People should have a reasonable expectation of being able to practice their science if they’re encouraged to become scientists,” says labor economist Michael Teitelbaum of the Alfred P. Sloan Foundation “It shouldn’t be a guarantee, but they ought to have a reasonable prospect.”
</p></blockquote>
<p>Et force est de constater que les politiques ne réalisent absolument pas le problème, focalisés sur l&#8217;idée qu&#8217;il manque de gens en science en général :</p>
<blockquote><p>
Despite these realities, the existence of a technical talent dearth is nonetheless almost “universally accepted” in political circles, where it plays an important role in shaping national policy on science funding, education and immigration, says Ron Hira, assistant professor of public policy at Rochester Institute of Technology. “Almost no one in Washington” recognizes the “glut” of scientists, nor the damage that lack or opportunity is doing to the incentives that formerly attracted many of America’s most gifted young people to seek scientific and engineering careers, he says.
</p></blockquote>
<p>En attendant une réponse politique, comme les carrières ne sont plus attractives, on fait appel &#8230; à la main d&#8217;oeuvre étrangère (nous quoi).</p>
<blockquote><p>
 In addition, numerous professors anecdotally report that more and more of their best undergraduates shy away from science graduate programs in favor of fields with more certain returns. The foreign-born segment of the nation’s scientific labor force has meanwhile grown rapidly, especially among postdocs. The total number of postdocs in U.S. labs is unknown, but it may be as high as 90,000, according to Indicators. At least half of them, experts agree, are non-citizens. This tangle of trends, many observers argue, reflects a labor market gone seriously awry.
</p></blockquote>
<p>Quelles seraient les causes de ces problèmes ? Un mode de financement et de recherche pyramidal reposant sur la multiplication du staff non permanent (étudiants et post-doc) :</p>
<blockquote><p>
Through decisions made haphazardly 60 years ago, “we chose as a country to staff our labs primarily with graduate students and postdocs and a few non-tenured staff people, while other countries have permanent ways of staffing their labs,” often with PhD staff scientists in career positions, says Georgia State University economist Paula Stephan, an authority on the academic labor force. Under some of those other systems, research institutions employ many scientists as long-term, career staff members who have professional-level salaries and clear career paths potentially leading to greater responsibility and leadership.
</p></blockquote>
<p>Le système est certes quantitativement performant, mais au-delà de ses défauts, aboutit à des absurdités scientifiques détaillées dans l&#8217;article. J&#8217;aime bien celle-là :</p>
<blockquote><p>
As a result, the average age at which the minority of young scientists who do actually land faculty jobs get to launch independent research careers by winning their first competitive grant has risen to 42. At that age, scientists of previous generations, such as Albert Einstein, Marshall Nirenberg and Thomas Cech, were winning their Nobel Prizes for work done in their twenties.
</p></blockquote>
<p>Certaines solutions sont actuellement expérimentées : des structures avec plus de chercheurs permanents et moins d&#8217;étudiants.</p>
<blockquote><p>
Gerbi, Stephan and others believe that the U.S. needs to establish “non-replicating” research organizations with many fewer temporary student and trainee lab workers and many more permanent career staff scientists. Such prominent institutions as the Max Planck Institute in Germany, where Gerbi worked, and the Howard Hughes Medical Institution’s new Janelia Farms Research Campus in Ashburn, Virginia, follow versions of this model.
</p></blockquote>
<p>Bref, à l&#8217;heure où la France va vers un système de plus en plus américanisé, certains aux US se demandent s&#8217;ils ne devraient pas adopter le système français !  </p>
<p>Evidemment, on sait tous très bien que le problème reste entier en France, fondamentalement pour les mêmes raisons (le manque d&#8217;attractivité des carrières dans la science en général à niveau de formation égal) et qu&#8217;on observe en fait d&#8217;autres effets pervers (notamment au niveau du financement). Je ne sais pas quelle est la solution, mais deux choses sont sûrs :</p>
<ul>
<li>le système actuel de recherche pyramidale ne pourra effectivement  pas fonctionner si les carrières hors recherche ne sont pas plus attractives (rappelons qu&#8217;il s&#8217;agit ici d&#8217;un constat <em>américain</em>)</li>
<li>pour la trouver il faudra beaucoup de réflexions et de constats de ce genre. On peut toujours rêver d&#8217;un Ministre de la Recherche s&#8217;y livrant en France mais se prendre une déculottée aux élections régionales, c&#8217;est tellement plus important &#8230;</li>
</ul>
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		<title>L&#8217;avenir de la publication scientifique : la diapo Powerpoint</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Feb 2010 01:40:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom Roud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je me suis vendu à la revue scientifique Nature. En échange d&#8217;un abonnement de 6 mois gratuit à la revue, j&#8217;ai en effet accepté une tâche des plus ingrates : participer à un panel de lecteurs de la revue, qui consiste à répondre périodiquement à des enquêtes sur sa forme et son contenu [1]. Mais [...]


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je me suis vendu à la revue scientifique <em>Nature</em>. En échange d&#8217;un abonnement de 6 mois gratuit à la revue, j&#8217;ai en effet accepté une tâche des plus ingrates : participer à un panel de lecteurs de la revue, qui consiste à répondre périodiquement à des enquêtes sur sa forme et son contenu [1]. Mais on en apprend parfois de belles dans ces enquêtes : notamment les futurs projets éditoriaux de la revue.<br />
<span id="more-3337"></span></p>
<p>Manifestement, donc, <em>Nature</em> prépare une nouvelle formule et sondait dans sa dernière enquête ses lecteurs fidèles (moi inclus). <em>Nature</em> nous proposait de nous prononcer notamment sur les alternatives suivantes :</p>
<ul>
<li> une formule toute online </li>
<li> une formule online avec une formule papier contenant uniquement les abstracts d&#8217;articles scientifiques + les articles connexes (éditoriaux, news, journal clubs, etc&#8230;)</li>
<li> une formule mixte appelée &#8220;two-page added value&#8221;.</li>
</ul>
<p>Décrivons cette dernière formule qui semble être l&#8217;objectif réel de <em>Nature</em> qui proposait une maquette de la future revue (j&#8217;ai manqué d&#8217;à propos et n&#8217;ai pas eu le réflexe de faire une capture d&#8217;écran pour vous montrer). </p>
<p>On peut rapprocher cette formule de cette d&#8217;une autre revue du groupe : <a href="http://www.nature.com/msb/index.html">Molecular Systems Biology </a>(MSB), la revue de biologie intégrative de Nature ainsi que des innovations de Plos. Si vous souhaitez publier dans MSB ou dans Plos, vous devez fournir un résumé, un synopsis, retraçant les grandes lignes et les grands résultats de votre article notamment pour un public moins spécialiste.</p>
<p>La formule &#8220;two-page added value&#8221; pousse cette logique à l&#8217;extrême. La revue papier ne contiendrait en effet que deux pages standardisées par article, l&#8217;article complet étant disponible sur le site de la revue. Ces deux pages contiendraient les éléments les plus saillants de l&#8217;article : figures principales, listes à &#8220;puces&#8221; avec les résultats marquants, résumé pour les journalistes, principales références (!). Autrement dit, ce que<em> Nature</em> considère être la sève de la sève de l&#8217;article.</p>
<p>On sent bien là le prolongement d&#8217;une tendance de plus en plus fréquente dans les &#8220;grosses&#8221; revues scientifiques. Imprimer un gros article plein de texte compliqué et/ou de formules,  c&#8217;est chiant, et c&#8217;est cher, alors que la plupart des gens ne lisent de toutes façons que quelques articles scientifiques par revue. Condensons donc au maximum; le chercheur sera heureux de lire ces deux pages d&#8217;autant plus rapidement qu&#8217;il n&#8217;a pas de temps à perdre pour rédiger ses grants. Le principe roi devient la communication plus que la science : communication des scientifiques à leurs pairs (avec de bons gros mots flashy ) mais communication aussi vers la société plus généralement (d&#8217;où la synthèse des résultats comme dans une diapo Powerpoint).</p>
<p>On pourrait se réjouir d&#8217;un allègement des revues et d&#8217;une meilleure organisation. Sauf que :<br />
- le prix de la revue ne diminuera évidemment pas : pour compenser,  <em>Nature</em> proposera manifestement dans son futur abonnement des packages obligatoires (sur lesquels j&#8217;ai été interrogés dans l&#8217;enquête), comme un abonnement à une autre revue du <em>Nature Publishing Group</em> ou à <em>Scientific American</em>.<br />
- les scientifiques seront évidemment responsables du nouveau travail éditorial. A se demander d&#8217;ailleurs parfois pourquoi on paie des abonnements (voire la possibilité de publier) à prix d&#8217;or &#8230;<br />
- surtout, on continue sur une très mauvaise pente. On est déjà au stade où les articles sont des communications rapides relativement imprécises et où tout le contenu technique est passé en Supplément. <em>Nature</em> s&#8217;apprête donc à rajouter une autre couche : les deux pages de comm&#8217; en plus de l&#8217;article (j&#8217;imagine que le Supplément restera). On pourrait penser que cela ne constitue que des problèmes de forme, mais cela pose en réalité de vrais problèmes scientifiques : la qualité des articles baisse car les détails cruciaux sont enterrés en Supplément et les referees n&#8217;ont ni le temps, ni l&#8217;énergie, ni d&#8217;ailleurs parfois la possibilité réelle de creuser dans des Suppléments d&#8217;articles de 80 pages. Dans ma discipline, de ce fait, il y a un gros problème :  il est parfois impossible de reproduire le modèle mathématique détaillé uniquement en Supplément (les maths n&#8217;ont pas de place dans les vrais articles, pas assez porteurs au niveau comm&#8217;). </p>
<p>Le plus incroyable est que <em>Nature</em> a l&#8217;air d&#8217;assumer totalement cette nouvelle politique très tournée comm. <a href="http://www.nature.com/nature/journal/v463/n7283/full/463850a.html">Dans un edito récent </a>, <em>Nature</em> reconnaissait benoîtement qu&#8217;ils prenaient la liberté de s&#8217;asseoir allègrement sur l&#8217;avis des referees s&#8217;ils estimaient qu&#8217;une contribution scientifique était d&#8217;importance. Notion bien floue [2], d&#8217;autant  que l&#8217;estimation de l&#8217;importance de la contribution repose entièrement sur l&#8217;avis des éditeurs de <em>Nature</em>, qui, même si, je cite, &#8220;passent plusieurs semaines par an dans les conférences scientifiques et les labos et lisent constamment la littérature&#8221; (!), n&#8217;ont pas nécessairement l&#8217;envergure scientifique pour juger correctement de la qualité d&#8217;un papier (au contraire d&#8217;une revue comme PNAS par exemple où les éditeurs sont les académiciens reconnus).  C&#8217;est particulièrement problématique quand on lie interdisciplinaire et volonté de communication  : pour parler de ce que je connais, certains papiers de &#8220;systems biology&#8221; bien affirmatifs et bien ambitieux publiés par <em>Nature </em>dans le passé sont notoirement insuffisants voire carrément faux. Une tendance qui ne peut que se prolonger voire s&#8217;amplifier compte-tenu des projets de <em>Nature</em>, au risque de créer encore plus de confusion&#8230;</p>
<p>[1] Rassurez-vous, ma participation reste gracieuse : si <em>Nature</em> n&#8217;est pas satisfait, ils ne me renouvelleront pas mon abonnement gratuit &#8230;<br />
[2] en ces temps de buzz et de concurrence acharnée entre revues, l&#8217;importance pour <em>Nature</em> est-elle synonyme d&#8217;importance scientifique ?</p>
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</ol></p>]]></content:encoded>
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		<title>De la stratégie de communication pro et anti sceptiques</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Jan 2010 03:30:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom Roud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Physique]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est entendu : les diverses &#8220;polémiques&#8221; scientifiques récentes dans les media montrent le besoin d&#8217;une meilleure information scientifique, et d&#8217;aucuns comme Chris Mooney affirment que dorénavant les scientifiques eux-mêmes doivent descendre dans l&#8217;agora pour expliquer et défendre la science. Cependant, un problème se pose d&#8217;entrée : pour convaincre media et grand public, mieux vaut être [...]


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">C&#8217;est entendu : les diverses &#8220;polémiques&#8221; scientifiques récentes dans les media montrent le besoin d&#8217;une meilleure information scientifique, et d&#8217;aucuns comme <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/12/31/AR2009123101155_pf.html">Chris Mooney affirment que dorénavant les scientifiques eux-mêmes doivent descendre dans l&#8217;agora pour expliquer et défendre la science.</a><br />
<span id="more-3095"></span></p>
<p style="text-align: left;">Cependant, un problème se pose d&#8217;entrée :  pour convaincre media et grand public, mieux vaut être un &#8220;bon client&#8221;. Le débat récent sur le réchauffement climatique nous en a offert un bon exemple. Force est de constater que Vincent Courtillot a rencontré un énorme succès : de ma position d&#8217;internaute expat branché sur l&#8217;internet, je n&#8217;ai vu que lui, de Parlons Net à C dans l&#8217;air, en passant par le 7-9 de France Inter (en semaine et le week-end) voire le journal de France 2.</p>
<p style="text-align: left;">Quels ont donc été les points forts de Courtillot ? J&#8217;en vois au moins 3 :</p>
<ol style="text-align: left;">
<li>D&#8217;abord Courtillot a une légitimité scientifique incontestable : académicien des sciences, patron de l&#8217;IPGP. Même si le parcours scientifique est proche, il n&#8217;a pas le côté politique d&#8217;un Claude Allègre. Bref, Courtillot portait le poids de l&#8217;autorité scientifique pure, d&#8217;autant plus quand il s&#8217;agissait de contester d&#8217;autres autorités scientifiques, qui, au contraire, ont été indirectement &#8220;souillées&#8221; par le côté éminemment politique d&#8217;un Prix Nobel de la Paix.</li>
<li>Ensuite, Courtillot a eu un discours simple, clair, accessible, illustré d&#8217;exemples frappants. Combien de fois l&#8217;avons-nous entendu parler du Groenland vert, ou des vignes anglaises du Moyen Age ? Des contre-images d&#8217;Epinal frappantes, à même de marquer les esprits et de convaincre en quelques mots, ce qui est idéal pour l&#8217;échelle de temps médiatique.</li>
<li>Enfin qui dit science dit chiffres et statistiques, naturellement incontestables dans l&#8217;esprit du grand public. Là encore, Courtillot a excellé : loin de se contenter des outrances d&#8217;un Allègre affirmant que la courbe en crosse de Hockey, c&#8217;est n&#8217;importe quoi (suscitant haussements de sourcils interloqués), Courtillot a montré ses courbes et ses mesures.  Ajoutez à cela une poignée de discours sur la corrélation entre température et divers phénomènes magnétiques, toujours très convaincants.</li>
</ol>
<p style="text-align: left;">En somme trois points importants pour légitimer le discours  scientifique : légitimité institutionnelle, arguments qualitatifs frappants, données quantitatives vulgarisées pour soutenir les arguments qualitatifs, les deux derniers points pouvant être énoncés en quelques secondes sur un plateau télé. Une leçon à tirer à mon avis pour toute communication scientifique visant à convaincre le grand public.</p>
<p style="text-align: left;">On peut réexaminer sous cet angle le discours du &#8220;consensus climatique&#8221; sur le réchauffement d&#8217;origine anthropique. Sur la légitimité scientifique, lorsqu&#8217;un Jouzel était invité comme contradicteur, on peut dire qu&#8217;il y avait essentiellement match nul avec Courtillot. Mais pour les deux derniers points, j&#8217;ai le sentiment  que les climatologues ont perdu  le débat médiatique en ne se focalisant pas assez sur le point 2 et en dérivant trop vite vers le point 3, balançant chiffres et détails techniques incompréhensibles pour le commun des mortels. Il me semble qu&#8217;il a manqué une bonne image d&#8217;Epinal, un retour aux fondamentaux pour convaincre.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">Le problème essentiel dans ce débat sur le climat est qu&#8217;il me semble que les climatologues n&#8217;ont pas conscience que bien peu de gens maîtrisent vraiment les fondamentaux &#8211; ce qui  donne d&#8217;ailleurs un avantage d&#8217;image aux franc-tireurs moins spécialistes et donc moins &#8220;savants cosinus&#8221;. Un exemple très simple : comme on s&#8217;en rend vite compte dès qu&#8217;on discute sur Internet, si tout le monde a entendu dire que les scientifiques affirment que  CO2 est un gaz à effet de serre, les gens ne réalisent pas toujours ce que cela signifie vraiment. Par exemple, il aurait été selon moi bon de revenir longuement sur le points suivants :</p>
<ul style="text-align: left;">
<li>qu&#8217;est-ce que l&#8217;effet de serre ? Réexpliquer que certains gaz sont opaques au rayonnement thermique réémis depuis la Terre. Image d&#8217;Epinal : la serre justement, qui permet d&#8217;expliquer aussi que la source d&#8217;énergie initiale est le soleil dont les rayons sont diffusés dans l&#8217;infrarouge par la Terre.</li>
<li>le CO2 est un gaz opaque au rayonnement thermique, comme d&#8217;autres gaz tels que la vapeur d&#8217;eau ou le méthane. C&#8217;est un fait expérimental de laboratoire, connu et vérifié depuis 150 ans, quantifiable et quantifié. Donc le CO2 est un gaz à effet de serre, d&#8217;où l&#8217;inquiétude face aux rejets du CO2. Image d&#8217;Epinal : plus de CO2 -&gt; serre plus épaisse et plus isolante, on retient mieux la chaleur.</li>
</ul>
<p style="text-align: left;">L&#8217;avantage de ces considérations est qu&#8217;elles permettent d&#8217;orienter les discussions vers un point capital absent des discours mettant en doute le réchauffement climatique d&#8217;origine anthropique : la discussion des mécanismes physiques.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">Même pour les modèles du climat proprement dits, des intuitions simples, proches des gens, auraient peut-être eu plus d&#8217;impact dans le débat.  A la base les modèles de climat sont des études des flux de chaleur au niveau global, le flux majeur entrant est le flux solaire, qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;estimer le flux sortant et les stocks. C&#8217;est ça le fameux &#8220;bilan radiatif&#8221;.  Et on peut donner des explications climatiques simples même à ce niveau sans modèle compliqué : par exemple, la différence de température entre l&#8217;été et l&#8217;hiver est essentiellement due au fait que <a href="http://acces.inrp.fr/clea/lunap/Saisons">le flux de chaleur d&#8217;origine solaire entrant est plus important en été du fait de l&#8217;inclinaison de l&#8217;axe terrestre</a>. Et du même coup,  tout le monde peut en déduire ce qui peut se passer en première approximation si on diminue le flux sortant en injectant du gaz à effet de serre dans l&#8217;atmosphère . Bien sûr, les modèles sont beaucoup plus complexes que ça, mais l&#8217;exemple été/hiver est aussi une illustration idéale et compréhensible par tous de ce à quoi peut ressembler un modèle climatique sur la base physique, qu&#8217;un modèle très simple n&#8217;est pas tout faux et que l&#8217;échelle du temps de la météo n&#8217;est pas celle de la climatologie !</p>
<p style="text-align: left;">Bien sûr, il faut ensuite montrer les variation de températures, de concentration de CO2 assez rapidement, mais faire plus que ça, c&#8217;est trop technique, trop compliqué, c&#8217;est risquer de perdre le public. Je pense sincèrement qu&#8217;on ne peut pas vraiment aller plus loin sur un plateau de TV, et trop souvent, il me semble que les climatologues ont commencé par la fin alors qu&#8217;un simple discours martelant les idées de base serait plus efficace selon moi.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">Cela étant dit, l&#8217;autre point qui a gravement péché dans ces débats sur le climat me paraît être le troisième homme, l&#8217;organisateur du débat, à savoir les émissions  de débat ou d&#8217;information elles-mêmes. Les journalistes m&#8217;ont paru bien trop souvent s&#8217;abriter un peu facilement soit derrière une incompétence scientifique presque revendiquée, soit derrière la complexité invulgarisable du discours technique. Pourtant, particulièrement lorsque les discours sont simples, n&#8217;y aurait-il pas un moyen aussi de faire des vérifications simples ?<a href="http://tomroud.com/wp-content/uploads/2010/01/lindzen_sunspots.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3128" title="lindzen_sunspots" src="http://tomroud.com/wp-content/uploads/2010/01/lindzen_sunspots-300x221.jpg" alt="" width="300" height="221" align="left" /></a> Quand V. Courtillot parle sur toutes les ondes du Groenland vert, est-ce si difficile de faire comme <a href="http://iceblog.over-blog.com/article--et-le-retour-du-groenland-vert--37534488.html">mon collègue ICE</a> et<a href="http://iceblog.over-blog.com/article--et-le-retour-du-groenland-vert--37534488-comments.html#comment53330714"> son commentateur Holly Days </a>pour  questionner les affirmations  du style &#8220;la banquise en fondant révèle les Eglises vikings&#8221; ? Et il y a besoin d&#8217;avoir un doctorat quelconque pour savoir et expliquer que corrélation, même spectaculaire, n&#8217;est pas causalité, et que c&#8217;est même la plupart du temps très trompeur ? N&#8217;oubliez jamais par exemple que si les tâches solaires sont corrélées à une fluctuation de température, elles sont aussi corrélées à la proportion de Républicains dans le Sénat américain comme le prouve la figure ci-contre (<a href="http://www.realclimate.org/index.php/archives/2007/05/fun-with-correlations/">source : RealClimate</a>) qui valent bien des tendances bruitées redressées à la main par certains climato-sceptiques &#8230;</p>
<p style="text-align: left;">On est en droit à mon avis de demander aux journalistes de jouer la mouche du coche et de faire la distinction pour le grand public entre vessies et lanternes scientifiques justement parce que les arguments, de plus en plus naturellement, resteront simples dans ces débats qui relèvent plus de la communication au grand public<em></em> [1].</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">[1] Pas directement relié, mais l&#8217;épisode relaté un peu partout des sites en lignes subventionnés parce que les journalistes feraient, eux, du &#8220;fact checking&#8221; sérieux m&#8217;a d&#8217;autant plus mis en colère dans le contexte de ce débat scientifique, particulièrement quand on a vu le massacre du sujet fait par rue 89 ainsi que<a href="http://novovision.fr/?En-ligne-les-journalistes-n-ont#forum3974"> je l&#8217;exprimais un peu en colère chez narvic</a>.</p>
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</ol></p>]]></content:encoded>
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		<pubDate>Wed, 09 Dec 2009 10:37:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom Roud</dc:creator>
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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un aspect peut-être positif du &#8220;climategate&#8221; dont je parlais dans le billet précédent, c&#8217;est qu&#8217;il permet au moins de discuter les aspects plus terre à terre du travail de chercheur, et notamment tous ces petits trucs nécessaires pour que la communauté scientifique avance mais pour lesquels il n&#8217;y a aucune vraie incitation à l&#8217;excellence.<br />
<span id="more-3002"></span><br />
La tâche typique à laquelle je pense c&#8217;est le processus de revue par les pairs, vu du côté des &#8220;reviewers&#8221;, ou &#8220;referees&#8221;, ou &#8220;arbitres&#8221;, i.e. les chercheurs chargés d&#8217;évaluer les papiers de leurs pairs dans les revues scientifiques.</p>
<p>J&#8217;ai moi-même maintenant &#8220;référé&#8221; une grosse dizaine de papiers dans ma jeune carrière, et force est de constater que je n&#8217;arrive toujours pas à définir précisément les contours de cette tâche, depuis le temps que je dois y passer jusqu&#8217;à la teneur exacte de mes remarques.</p>
<p>D&#8217;abord, soyons clair : les problèmes me semblent être pour les papiers moyens on mauvais. Lorsqu&#8217;un papier est bien écrit, bien expliqué, que les simulations ont l&#8217;air convaincantes, les choses sont très faciles, on écrit un mot pour dire qu&#8217;on a bien compris, qu&#8217;on est content, que le papier semble correct, on fait une petite suggestion pour la forme, et roulez jeunesse, tout va très vite.</p>
<p>Mais lorsque ce n&#8217;est pas comme ça, que faire ? J&#8217;aurais d&#8217;abord un premier critère assez simple : est-ce que je me sens plus intelligent après avoir lu le papier qu&#8217;avant ? Est-ce que le papier m&#8217;a aidé à comprendre quelque chose, ou m&#8217;a-t-il au contraire paru comme une tentative de m&#8217;embobiner un peu ? C&#8217;est peut-être mon domaine, mais je trouve souvent qu&#8217;il y a beaucoup de bruit pour rien.</p>
<p>Le deuxième critère, c&#8217;est bien sûr la réalisation technique, la qualité des modèles, du raisonnement, etc&#8230; Là encore, c&#8217;est peut-être mon domaine, mais très souvent, ce côté n&#8217;est pas à la hauteur. Je suis assez indulgent quand l&#8217;idée semble bonne et que le résultat semble vrai (je pointe alors les aspects techniques à améliorer), mais que faire dans le cas contraire ?</p>
<p>J&#8217;ai tendance à rédiger des revues assez détaillées des points qui me semblent peu clairs ou pas bien faits. En réalité, je passe donc d&#8217;autant plus de temps à référer un papier qu&#8217;il est mauvais. Plus un papier est de basse qualité, plus je prends soin dans mes remarques pour ne pas froisser les gens, pour leur expliquer simplement que tel ou tel point ne me paraît pas correct, etc&#8230; mais donc plus mon &#8220;vrai&#8221; travail en souffre, sans véritable contrepartie puisque je ne tire pas forcément grand chose de ce travail de correction (et mon employeur encore moins).</p>
<p>La question qui se pose en fait, c&#8217;est aussi quelles revues on aimerait soi-même recevoir. Et moi j&#8217;aimerais bien recevoir des revues qui m&#8217;aident à améliorer mon travail, c&#8217;est pour ça que même pour les papiers relativement mauvais, je passe beaucoup de temps. Mais, bien souvent, lorsque mon travail est évalué, je ne reçois que des revues qui me disent que c&#8217;est bien ou qui me disent que c&#8217;est nul, mais sans plus de détails. Certes, les referees gagnent du temps à faire les choses ainsi, mais est-ce vraiment dans notre intérêt collectif ?</p>
<p>Voilà, tout ça pour dire que je serais curieux d&#8217;avoir votre avis et vos réponses à la question qui sert de titre à ce billet, car au final, c&#8217;est un aspect du travail scientifique auquel on n&#8217;est pas vraiment formé, qu&#8217;on apprend sur le tas, qui embête pas mal de gens, mais qui est pourtant très important &#8230;<br />
<strong><br />
Ajout 12:42 :</strong> sur un peu le même sujet, Benjamin a écrit <a href="http://bacterioblog.over-blog.com/article-peer-review-40410501.html">un billet récent.</a></p>
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		<title>Un regard d&#8217;économiste sur le &#8220;climategate&#8221; ? Nope</title>
		<link>http://tomroud.com/2009/11/28/un-regard-deconomiste-sur-le-climategate-nope/</link>
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		<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 03:11:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom Roud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Université]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec l&#8217;affaire des &#8220;leaked e-mails&#8221; (ou du &#8220;climategate&#8221; selon votre point de vue), c&#8217;est un peu du monde réel de la recherche qui se retrouve exposé en pleine lumière. Le grand public qui croyait à un monde de la science idéal, découvre que les choses sont un peu différentes, un peu plus terre à terre. [...]


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			<content:encoded><![CDATA[<p>Avec l&#8217;affaire des <a href="http://iceblog.over-blog.com/article-hacked--39732071.html">&#8220;leaked e-mails&#8221; </a>(ou du <a href="http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2009/11/23/les-courriels-de-climatologues-divulgues-pour-les-discrediter_1270700_3244.html">&#8220;climategate&#8221;</a> selon votre point de vue), c&#8217;est un peu du monde réel de la recherche qui se retrouve exposé en pleine lumière. Le grand public qui croyait à un monde de la science idéal, découvre que les choses sont un peu différentes, un peu plus terre à terre.<br />
<span id="more-2921"></span></p>
<p>Même Stephen Dubner, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Freakonomics">auteur de Freakonomics,</a>  <a href="http://freakonomics.blogs.nytimes.com/2009/11/23/climategate-the-very-ugly-side-of-climate-science/">semble tomber des nues</a>. Pourtant, il aurait pu utiliser son regard d&#8217;économiste, et nous en dire beaucoup sur les incitations dans le monde de la recherche . Aujourd&#8217;hui, les incitations se résument au &#8220;publish or perish&#8221; : il faut publier le plus et le plus vite possible, et lorsqu&#8217;un jeune professeur commence sa carrière, &#8220;on&#8221; lui conseille officieusement et entre deux portes d&#8217;apprendre à faire vite et mal, voire à ne pas faire du tout, tous ces petits trucs qui bénéficient plus à la communauté qu&#8217;à lui-même. Il n&#8217;y a donc en réalité aucune incitation  récompensant les chercheurs qui consacrent du temps à la communauté en général,  qui partagent correctement leurs données, mais aussi qui font de bonnes revues d&#8217;articles bénévolement ou encore s&#8217;investissent dans l&#8217;administration de la science et de l&#8217;université; pire, le &#8220;publish or perish&#8221; vous enjoint <em>de facto </em>à faire le contraire, puisque moins de temps de recherche, c&#8217;est moins de publis et donc un risque plus grand de perdre son job. Lorsqu&#8217;en plus, le fait de partager les données vous expose à devoir perdre du temps à vous défendre face à des critiques méthodologiques qui viendront nécessairement de la part de &#8220;sceptiques&#8221;  à la mauvaise foi perpétuelle, peut-on blâmer le chercheur exprimant son ras-le-bol et sa mauvaise volonté dans un e-mail privé ? </p>
<p>Donc Stephen Dubner, plutôt que de déplorer la &#8220;ugly side&#8221; de ces salauds de climatologues, aurait pu nous dire, en bon disciple d&#8217;Adam Smith, que la morale  n&#8217;a pas grand chose à voir avec tout ça et préconiser les incitations et les régulations qui d&#8217;elles-mêmes empêcheraient toute ambiguité et mouvement de mauvaise humeur (dans ce cas précis) et  bénéficieraient à tous (en général): revues gratuites, imposant le partage de données avant publication, édictant des règles claires pour la fabrication de figures, reconnaissance professionnelle du travail de peer-review, garantie d&#8217;indépendance et du financement des recherches sensibles, reconnaissance de l&#8217;enseignement et des charges administratives pour le salaire et l&#8217;avancement, garanties plus fortes de l&#8217;emploi scientifique &#8230;. </p>
<p>L&#8217;ironie est qu&#8217;il est fort possible que Stephen Dubner ait précisément des incitations contradictoires à l&#8217;utilisation de son regard de scientifique dans ce cas précis: il assure la promotion d&#8217; <a href="http://www.harpercollins.ca/books/9781554686087/SuperFreakonomics/index.aspx">un nouveau livre</a>  dont le sous-titre est &#8220;Global Cooling&#8221; (<a href="http://freakonomics.blogs.nytimes.com/2009/11/24/need-to-know-how-charitable-you-are-theres-an-app-for-that/">et d&#8217;une Apple app. gratuite)</a>. Est-il alors si différent de la plupart des media en ligne français (<a href="http://www.slate.fr/story/13619/faut-il-bruler-les-climatosceptiques">slate</a>, <a href="http://www.rue89.com/2009/11/23/le-climategate-de-la-recherche-sur-le-rechauffement-127022">rue89</a>, &#8230;),  qui préfèrent manifestement un Courtillot ou un Galam à un Jouzel pour parler de science du climat , s&#8217;assurant ainsi débat,  audience et buzz ?</p>
<p>(lire aussi chez <a HREF ="http://guerby.org/blog/index.php/2009/11/27/209-climat-science-et-transparence ">Laurent Guerby</a>)</p>
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		<item>
		<title>Charité, dons et recherche fondamentale (pot-pourri)</title>
		<link>http://tomroud.com/2009/11/23/charite-dons-et-recherche-fondamentale-pot-pourri/</link>
		<comments>http://tomroud.com/2009/11/23/charite-dons-et-recherche-fondamentale-pot-pourri/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 22:31:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tom Roud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Biologie]]></category>
		<category><![CDATA[Cafe des Sciences]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences]]></category>

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		<description><![CDATA[Plutôt que de réagir sur la sortie récente de Pierre Bergé, je me permets de vous proposer la lecture de quelques billets passés sur le financement par don de la recherche. Le blog est certes un outil d&#8217;actualité, mais force est de constater que celle-ci repasse souvent les mêmes plats dès qu&#8217;il s&#8217;agit du téléthon [...]


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Plutôt que de réagir sur <a href="http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/11/22/01016-20091122ARTFIG00129-tolle-apres-les-propos-de-berge-sur-le-telethon-.php">la sortie récente de Pierre Bergé</a>, je me permets de vous proposer la lecture de quelques billets passés sur le financement par don de la recherche. Le blog est certes un outil d&#8217;actualité, mais force est de constater que celle-ci repasse souvent les mêmes plats dès qu&#8217;il s&#8217;agit du téléthon et des dons dans la recherche biomédicale !<br />
<span id="more-2902"></span></p>
<ul>
<li>En 2006, nous débattions avec Enro sur le financement de la recherche par le tiers secteur. <a href="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2006/10/06/59-un-nobel-pour-la-recherche-financee-par-le-tiers-secteur#c2255">Enro ouvrait le bal le 6 Octobr</a>e en constatant que le prix Nobel de médecine avait été financé par de multiples organismes privés, je lui répondais en alertant sur les dangers pervers que je voyais<a href="http://tomroud.com/2006/10/08/charite-et-recherche-fondamentale/"> au mode de financement par dons</a>, qui rejoignent un peu les critiques de Bergé (concentration sur le plus médiatique, manque de moyen ailleurs &#8230;).</li>
<li>Enro rebondissait sur mes critiques le 12 Octobre,<a href="http://www.enroweb.com/blogsciences/index.php?2006/10/12/60-de-la-charite-a-la-co-production-des-savoirs"> sur les rapports entre charité et co-production des savoirs</a>. La même année, souvenez-vous, l&#8217;Eglise catholique s&#8217;était fendue d&#8217;un communiqué pour &#8220;orienter&#8221; les recherches du Téléthon, confirmant ainsi mes craintes (<a href="http://tomroud.com/2006/11/29/telethon-eglise-catholique-et-financement-de-la-recherche/">et hop, j&#8217;en avais fait un petit billet</a>).</li>
<li>L&#8217;année suivante m&#8217;a offert une belle illustration des dangers des dons &#8220;orientés&#8221; avec la construction de la tour  du Sloane-Kettering dans laquelle <a href="http://tomroud.com/2007/06/21/lab-chronicles-ii/">il est interdit de faire de la recherche sur les cellules souches par contrat avec l&#8217;Eglise qui avait donné le terrain.</a></li>
<li>2007 toujours, souvenez-vous de<a href="http://tomroud.com/2007/10/01/lenvol-des-cerveaux/"> l&#8217;appel sur la fuite des cerveaux </a>lancé par la fondation pour la recherche médicale. Le débat le plus intéressant est en commentaires : <a href="http://tomroud.com/2007/10/01/lenvol-des-cerveaux/#comment-954">Erathrya </a>soulignait les problèmes de statut social des chercheurs travaillant pour ces fondations privées. Les fondations de recherche versent en effet la plupart du temps des libéralités aux chercheurs qu&#8217;elles emploient, et souhaitaient s&#8217;abstenir de verser les charges sociales. Le  chercheur pouvait  donc ainsi lui-même faire don de sa protection sociale pour la bonne cause (la fondation pour la recherche médicale essayait de faire pression sur l&#8217;Etat pour passer à la caisse&#8230;)</li>
<li>Un an plus tard, en 2008,<a href="http://tomroud.com/2008/09/18/pourquoi-je-ne-sais-pas-sur-quel-pied-danser-avec-le-pasteurdon/"> je ne savais pas sur quel pied danser avec le Pasteurdon</a>, les termes du débat restant les mêmes. J&#8217;étais par ailleurs gêné par la communication des gens de Pasteur, tournée vers la mise en valeur des brevets &#8230;</li>
<li>Cela m&#8217;a peut-être motivé pour écrire<a href="http://tomroud.com/2008/12/03/la-science-doit-elle-etre-rentable/"> ce billet de synthèse sur le financement de la recherche et son historique aux USA</a>, montrant que nous n&#8217;allons probablement pas dans la bonne direction&#8230;</li>
</ul>
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</ol></p>]]></content:encoded>
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